Comment éviter l'attaque cérébrale

Comment éviter l'attaque cérébrale

Passé 60 ans, l'accident vasculaire cérébral devient plus fréquent que l'infarctus du myocarde. Sa prise en charge a fait de gros progrès et, surtout, on peut le prévenir efficacement.

Moins connu que l'infarctus, l'accident vasculaire cérébral (ou AVC) fait pourtant encore plus de victimes : chaque année, il frappe brutalement environ 130 000 Français. C'est la troisième cause de mortalité (après le cancer et les maladies cardiaques) et, dans le dernier tiers de la vie, sa fréquence double à chaque décennie. Mais un quart des attaques cérébrales se produisent aussi avant 65 ans et une sur dix avant 45 ans.

Les troubles vasculaires du cerveau peuvent avoir deux origines, diamétralement opposées : hémorragie ou vaisseau bouché. Les médecins doivent lever le doute de toute urgence (en pratiquant un scanner) car les traitements, évidemment, ne sont pas les mêmes.

Violent mal de tête ? Sans doute une hémorragie

Les hémorragies sont moins fréquentes (environ 20 % des cas).

Rupture d'anévrisme

Lorsqu'elles touchent des sujets jeunes (30-40 ans), il s'agit généralement d'une rupture d'anévrisme. Une artère fragile se dilate au fil des ans, au point de former un petit sac, qui continue de se distendre et finit par rompre. Si on est admis rapidement dans un service de chirurgie neurovasculaire, les médecins peuvent réussir à stopper l'hémorragie en bouchant, collant ou agrafant le petit sac rompu. Encore faut-il savoir reconnaître les signes de cette hémorragie superficielle : un terrible mal de tête, des vomissements, une nuque raide.

Hémorragies profondes

Beaucoup plus fréquentes, les autres hémorragies du cerveau, dites profondes, surviennent en cas d'hypertension mal soignée : une artériole cède et se déchire, entraînant la paralysie de certaines parties du corps, des troubles de l'équilibre, de la vision ou du langage, selon la région atteinte. Dans la grande majorité des cas cependant, les mêmes symptômes relèvent d'un autre accident : un caillot est venu obstruer une artère.

Trois heures pour dissoudre le caillot

Dans la grande majorité des cas d'accidents cérébraux, les mêmes symptômes que l'hémorragie sont dus à un caillot qui est venu obstruer une artère.

Appeler le Samu

Il faut appeler aussitôt les pompiers ou le Samu afin que la victime soit amenée au plus vite dans un hôpital disposant d'un centre spécialisé. On injecte un médicament appelé thrombolytique parce qu'il dissout le thrombus (nom savant du caillot). Mais c'est une course contre la montre : le médecin dispose de trois heures seulement pour agir. Sans compter que plus l'artère est débouchée tôt, moins la zone de tissu cérébral lésée sera étendue…

Agir sur les facteurs de risque

Les facteurs de risque sont notamment : trouble cardiaque à l'origine de la formation de caillots dans le cœur, qui peuvent migrer au cerveau, diabète, cholestérol et, par-dessus tout, hypertension artérielle (70 % des victimes d'accidents vasculaires cérébraux sont hypertendues). Traiter correctement l'hypertension, grâce aux médicaments bêtabloquants ou à une molécule telle que losartan, suffirait à faire reculer le danger.

Reconnaître les signes avant-coureurs

Environ un tiers des malades connaissent une alerte avant un infarctus cérébral, un accident transitoire qui apparaît brutalement et dure de trente secondes à dix minutes :

paralysie passagère frappant le même côté du corps (un bras, une jambe ou le visage), troubles du langage ou de la compréhension, baisse brutale de la vision d'un œil ou vision double…

Ces signes prémonitoires sont, hélas, souvent négligés. On se cogne, on tombe, et l'on ne comprend pas pourquoi. On n'a pas conscience qu'un œil ne voyait pas ou qu'une jambe a eu une faiblesse. Le généraliste lui-même met souvent ces mini-attaques sur le compte d'un malaise.

Aller aux urgences

Il ne faut pas hésiter à consulter en urgence dans un service de neurologie qui prescrira un certain nombre d'examens : prise de sang, échographie-doppler, électrocardiogramme. Un traitement peut être instauré pour éviter l'accident grave.

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