Baisse de l'audition : les solutions adaptées

Baisse de l'audition : les solutions adaptées

Banale après 60 ans, la baisse de l’audition, si pénalisante pour la vie sociale, peut être partiellement corrigée. Prothèses auditives, implants, chirurgie…, il existe des solutions adaptées au problème et aux attentes de chacun.

La baisse d'audition

Plusieurs millions de seniors en France sont concernés par la presbyacousie, une baisse d’audition que beaucoup ont du mal à reconnaître. Au début, on rejette la faute sur les autres : "Les jeunes parlent trop vite, mon mari pas assez fort, les présentateurs à la télé n’articulent pas…", avant de reconnaître que les situations inconfortables se multiplient - déjeuners de famille, restaurant, réunions professionnelles - et que malgré les efforts on entend moins bien ou on comprend de travers.

Il faut dire que si le port de lunettes efface tous les désagréments d’une baisse de la vision de près, aucun appareil auditif, aussi performant soit-il, ne supprimera complètement les problèmes d’audition. Enfin, si les lunettes sont entrées dans les mœurs, les prothèses auditives gardent une mauvaise image (réservées aux vieux, trop chères, inefficaces…).

Quand la gêne est identifiée, il faut consulter un médecin généraliste, qui vérifiera que ce n’est pas un simple bouchon de cérumen qui provoque la perte d’audition. Si c’est le cas, vous entendrez comme avant, une fois le conduit débouché.

Pour éviter ce trouble, mieux vaut nettoyer l’intérieur de ses oreilles avec un gant de toilette humide (ou un spray spécifique) qu’avec des cotons-tiges. Une otite séreuse (déclenchée par exemple lorsqu’on prend l’avion en étant enrhumé), généralement indolore, peut rendre l’audition "cotonneuse" et les sons lointains.

Audiogrammes tonal et vocal : deux examens clés

Pratiqués par un médecin ORL, deux examens clés, l’audiogramme tonal et l’audiogramme vocal, permettent de déterminer d’une part le seuil auditif, c’est-à-dire le plus petit bruit que l’on peut entendre dans les fréquences les plus utilisées, et d’autre part le pourcentage de mots que l’on ne comprend pas (avec et sans bruit de fond), et donc la gêne sociale. Et de vérifier que les deux correspondent, autrement dit que le problème ne relève pas d’altérations intellectuelles.

L’audition est normale lorsque la perte est inférieure à 20 dB (décibels). Or seules 10 % des personnes qui souffrent d’une surdité moyenne de 35 dB et 55 % de celles qui ont une surdité moyenne de 44 dB sont appareillées… Les gens sont appareillés en moyenne dix ans après le début de la presbyacousie et c’est dommage, car les capacités d’adaptation de l’oreille, mais surtout du cerveau, sont moins bonnes à 80 ans qu’à 70 !

La prothèse auditive pour amplifier les sons

La presbyacousie (baisse de l'audition) est provoquée par une baisse de sensibilité de la cochlée, un petit organe en forme d’escargot situé dans l’oreille interne, dont les cellules cillées (cellules sensorielles) s’altèrent avec l’âge. La cochlée est l’équivalent, pour l’audition, d’une plaque photographique : lorsque la plaque n’est pas assez sensible, il faut éclairer plus fort le sujet à photographier.

Il faut donc amplifier les sons grâce à une prothèse auditive. Le plus souvent, la baisse est bi-latérale. Parfois, elle se complique de distorsions, par exemple lorsque l’on entend mal les sons faibles et que les sons forts vous agressent (hyperacousie), l’appareillage est alors plus délicat. La perte auditive peut aussi être associée à des acouphènes, des sifflements ou des bourdonnements dans les oreilles.

La prothèse a pour objectif de rendre la compréhension automatique et confortable, même dans des environnements sonores difficiles, comme une annonce effectuée dans un hall de gare, une réunion qui met en jeu plusieurs personnes…

Elle doit à la fois amplifier la parole et corriger les distorsions de sons. Des systèmes numériques perfectionnés permettent aujourd’hui de faire varier l’amplification en fonction de l’intensité du son, de supprimer les bruits parasites…

Des appareils auditifs pour mieux entendre

L’appareillage se fait de plus en plus discret. Les contours d’oreille, qui représentent près de neuf appareils vendus sur dix, se miniaturisent. Certains comportent un simple tuyau qui conduit les sons de l’écouteur vers le tympan, d’autres un embout qui obstrue le conduit auditif. Les "intra" se placent entièrement dans l’oreille. Encore moins visibles, ils sont en revanche souvent moins bien supportés. Choisir une prothèse, c’est faire un compromis entre efficacité, confort et discrétion.

Si la presbyacousie est une surdité de perception, on parle de surdité de transmission lorsque les tympans ou les osselets sont atteints. Quand la prothèse classique ne joue pas suffisamment son rôle, l’implant d’oreille moyenne (IOM) est une solution. On en pose 200 par an, et leur durée de vie est de dix ans.

"L’opération consiste à mettre en place dans l’oreille moyenne un tout petit dispositif qui fait vibrer la chaîne des osselets, relié à un processeur et une antenne disposés de part et d’autre de la peau", précise le Pr Bruno Frachet, chef de service ORL à l’hôpital Avicenne, à Bobigny (93).

La prothèse à ancrage osseux

Certains modèles totalement implantables peuvent être gardés même sous la douche. On installe aussi, à raison de 600 par an, une prothèse à ancrage osseux : une vis en titane à l’arrière du pavillon de l’oreille traverse la peau et s’ancre dans l’os. Un vibrateur amovible est clippé sur cette vis. Les sons sont conduits vers l’oreille interne. Cela nécessite une chirurgie légère sous anesthésie locale.

Contrairement à l’IOM, on peut l’essayer avant de se décider. Enfin, l’implant cochléaire, sorte d’oreille artificielle, est destiné aux personnes qui souffrent d’une perte de plus de 80 dB. La cochlée ne fonctionnant plus, l’implant stimule directement le nerf auditif qui conduit les signaux électriques vers le cerveau. Mille patients en bénéficient.

Il peut arriver que le tympan soit perforé, à la suite d’un traumatisme (crayon enfoncé dans l’oreille) ou d’un changement de pression (plongée sous-marine, choc sur l’oreille, pétards…). Il se répare assez facilement par une greffe.

Le coût d'une prothèse auditive

Plus de 450 000 prothèses auditives sont vendues chaque année en France. Leur prix varie de 1 800 € à 4 000 € environ pour les deux oreilles. La Sécurité sociale rembourse 65 % de la somme sur la base de 199,79 € par oreille, soit environ 260 € au total. Le montant remboursé par les complémentaires santé est variable.

Le coût d'un implant

Côté interventions, le coût d’un implant d’oreille moyenne est de 8 000 à 13 000 € pour une oreille, celui d’une prothèse à ancrage osseux de 3 300 € environ, et celui de l’implant cochléaire de 30 000 € environ. L’intervention est partiellement prise en charge par l’assurance-maladie.

L'avis de l’expert : Dominique Ménétrier, audioprothésiste

Quels conseils donnez-vous lors du premier appareillage ?

Je demande toujours quelles sont les trois ou quatre situations dans lesquelles la personne veut améliorer son audition en priorité (parler à deux, écouter la télé ou de la musique, converser au téléphone, etc.), sans aborder l’aspect technique. Je peux ainsi lui conseiller le modèle le mieux adapté à son besoin, qui n’est pas toujours le plus cher et le plus sophistiqué ! En général, il n’est pas nécessaire d’essayer plusieurs appareils, mais il ne faut pas hésiter à revenir pour affiner le réglage. Et si cela ne va toujours pas, on n’est pas obligé d’acheter.

Quelle est la durée de vie d'un appareil ?

La durée de garantie d’un appareil est de quatre ans, ce qui correspond à sa durée de vie moyenne. En général, il est porté dix à douze heures par jour… L’audition évolue, certaines pièces s’usent. Parfois, on a envie d’essayer un modèle différent, plus confortable ou plus performant.

Les prothèses vont-elles encore progresser ?

On aura bientôt atteint la limite de la miniaturisation, des appareils trop petits seraient difficiles à manipuler. Les prothèses actuelles comportent déjà des centaines de réglages effectués par l’audioprothésiste. Les futures prothèses auditives sauront distinguer non seulement la parole du bruit, mais aussi la voix de l’interlocuteur de votre choix.

Préserver son audition à tout âge

Bien que la réglementation limite le niveau sonore des baladeurs, concerts rock, discothèques…, les jeunes ne sont pas à l’abri d’une exposition trop forte ou prolongée au bruit. Ils s’abîment l’oreille prématurément (la nocivité commence dès 85 dB).

Un traumatisme sonore brutal peut entraîner des acouphènes, une hypersensibilité accompagnée de douleur, une baisse de l’audition ou une surdité, temporaire ou permanente. Il faut alors se reposer et, si les symptômes persistent plus de douze heures, consulter rapidement pour être traité par médicaments.

Il est bon de respecter quelques règles :

Baladeur : ne pas dépasser une heure d’écoute par jour à forte puissance.
Concerts ou discothèque : s’éloigner des baffles et faire une "pause sonore" au moins toutes les deux heures.
Chasseurs, bricoleurs et jardiniers de tous âges doivent se protéger du bruit.

Sur le lieu de travail, une surveillance médicale s’impose à partir d’une exposition sonore quotidienne de 85 db et certains postes nécessitent le port d’un casque ou de bouchons d’oreilles (parfois moulés sur mesure), qui atténuent le son de 20 db environ.

En savoir plus sur les problèmes d'audition

Sur le Web :

www.audition-infos.org.
http://francepresbyacousie.org.
www.audiobus.fr : campagnes de l’audiobus.

Par téléphone :

Testez votre audition au 0 892 790 791 (0,34 €/min).