Viande britannique contaminée par la tuberculose : quel risque ?

Viande britannique contaminée par la tuberculose : quel risque ?

Au Royaume-Uni, 28 000 bovins sont abattus chaque année après un contrôle positif à la tuberculose bovine. Leurs carcasses sont vendues voire exportées. La tuberculose bovine ne se transmet pas aux consommateurs ingérant cette viande. Les explications rassurantes des autorités britanniques sont confirmées par Roland Brosch, chercheur-biologiste de l'Institut Pasteur de Paris.

La maladie est endémique au Royaume-Uni, car souvent associée avec un réservoir naturel de cette bactérie : les blaireaux qui sont des animaux protégés. Ils semblent jouer un rôle important dans la transmission de cette tuberculose, résume Roland Brosch, chercheur-biologiste à l'Intitut Pasteur, Paris.

Il s'ensuit actuellement une polémique dans la société en Grande-Bretagne sur la protection des blaireaux.

Heureusement le risque que l'agent de la tuberculose bovine se transmet à l'homme qui mange cette viande est minime voire nul, grâce aux inspections vétérinaires.

Les explications rassurantes des autorités britanniques sont confirmées par les données épidémiologiques qui montrent que les cas de tuberculose sont à 99 % causés par Mycobactérium tuberculosis, l'agent de la tuberculose humaine et non pas par Mycobactérium bovis, le bacille tuberculeux bovin.

La tuberculose bovine se transmet aux animaux

La tuberculose bovine - Mycobactérium bovis - se transmet dans les troupeaux par inhalation de gouttelettes infectées par le bacille et consommation d'herbages souillés par la bactérie. Cette forme de tuberculose peut affecter les bovins mais aussi nombre d'autres animaux sauvages ou domestiques : les porcs, les cerfs.

La situation avec la bactérie Mycobactérium bovis qui cause la la tuberculose bovine et la bactérie Mycobactérium tuberculosis qui cause la tuberculose humaine est clairement différente, ajoute Roland Brosch.

Cette bactérie ne se transmet pas à l'homme

Historiquement, avant la pasteurisation du lait et les inspections vétérinaires, les infections chez l'homme avec le bacille tuberculeux bovin étaient fréquentes. Les cas signalés concernaient les personnes buvant du lait cru non bouilli. Ces personnes risquaient une contamination des ganglions du cou appelée "scrofulum", indique Roland Brosch. Ce n'est plus le cas, à présent, au Royaume-Unis.

La tuberculose humaine continue à exister dans les pays en voie de développement dans lesquels la situation sanitaire et le contrôle alimentaire sont insuffisants". La situation résultant de la tuberculose humaine est ainsi trés inquiétante au niveau mondial, selon l'OMS (organisation mondiale de la santé). On y dénombre plus de 8 millions de cas et plus d'un million de morts chaque année.

"Rien à voir avec le bacille tuberculeux bovin, moins apte à contaminer l'homme que le bacille tuberculeux humain transmis d'homme à homme par des goutelettes contenant le bacille, à partir d'individus contaminés qui toussent, crachent ou éternuent",  explique Roland Brosch.

Le Département britannique de l'environnement, de l'alimentation et des affaires rurales dément, à juste titre, tout cas de contamination par consommation de viande.

Existe-t-il en France un risque pour la tuberculose bovine ?

Les élevages français sont considérés exempts de tuberculose bovine. On peut être tenté de privilégier les viandes d'origine française, mais pas pour des raisons médicales.