Savoir identifier sa pilule contraceptive

Savoir identifier sa pilule contraceptive

Les pilules de 3e et 4e génération comportent une part de risque. Les accidents, portés devant les tribunaux, soulèvent l’inquiétude des utilisatrices. Identifier son traitement pour en rediscuter avec son médecin est le meilleur moyen de retrouver confiance dans son contraceptif.

Depuis la légalisation des premières pilules contraceptives en France en 1967, la composition de celles-ci et leur dosage ont régulièrement évolué pour répondre à de nouveaux besoins. D’ou un éventail large de pilules à disposition des prescripteurs et une méconnaissance par leur utilisatrices.

Pourquoi la pilule est-elle contraceptive ?

Pour bloquer l’ovulation, chaque pilule se compose de deux molécules actives, c’est pourquoi on parle de COC « contraceptifs oraux combinés » :

  • Une dose d’estrogène. Les estroprogestatifs classiques dérivent de l’Éthynil Estradiol (EE2). Les dosages ont progressivement été allégés : 50 microgrammes/comprimé, puis 40, 35, …et jusqu’à 15 microgrammes par comprimé.
  • Une dose de progestatif.

Pourquoi un classement par "génération" ?

En un peu plus de 40 ans, les laboratoires pharmaceutiques ont œuvré pour proposer de nouvelles pilules mieux adaptées aux besoins exprimés par les utilisatrices : éviter la prise de poids, traiter l’acné ou l’hyperpilosité, supprimer les règles…

Les molécules progestatives ont été peu à peu changées, créant les « générations » de pilules. Ainsi se sont succédés :

  • le noréthistérone pour la première génération ;
  • le lévonorgestrel ou le norgestrel pour la seconde génération ;
  • enfin le désogestrel, le gestodène ou le norgestimate pour la troisième génération ;
  • plus récemment, certaines pilules utilisent le drospirénone ou le chlomadinone, et constituent la quatrième génération.

Parallèlement, les contraceptifs estroprogestatifs initialement constitués d’éthynil estradiol (EE2) ont été remplacés par la valerate d’estradiol (Qlaira) ou l’estradiol seul (Zoely).

La pilule "Diane 35", médicament anti-acnéique, souvent prescrite aux adolescentes a rapidement été détournée de son rôle initial : faire disparaître les boutons disgracieux du visage. Les prescripteurs, débordant son indication première, en ont fait un contraceptif comme un autre, faisant d'une pierre deux coups pour les utilisatrices. Pourtant, cette pilule et ses génériques multiplieraient le risque de trombose veineuse par 6,68 au cours de sa première année d'utilisation.

Comment s’y retrouver ?

Devant l’éventail des contraceptifs oraux combiné, difficile de s’y retrouver. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a dressé un tableau des contraceptifs commercialisés au 1er septembre 2012. Tableau PDF à télécharger.

La composition des plaquettes ajoute à la confusion, car pour chacune de ces générations, peuvent être prescrites :

  • des plaquettes monophasiques parce que tous leurs comprimés sont composés d’un même dosage (Yaz, Jasminelle, Minidril, Minulet) ;
  • biphasiques parce qu’une même plaquette contient deux dosages de comprimés sur 7 et 14 jours (Adépal) ;
  • ou triphasiques parce que sur une même plaquette se succèdent trois dosages sur 7 jours à raison de 7 + 7 + 7 consécutifs (Triella).

Un médicament au risque acceptable

Comme tout médicament, le bénéfice-risque des contraceptifs oraux est régulièrement évalué. Il reste globalement positif quelle que soit leur composition, à condition de respecter les contre-indications et les précautions d’emploi.

Les pilules sont commercialisées depuis dix, vingt ou trente ans. Les médecins ont donc le recul nécessaire pour prescrire la pilule la plus adaptée à son utilisatrice.

Deux types de risques coexistent :

  • Le risque de thrombose veineuse. Il est deux fois plus élevé avec les pilules contraceptives de 3e et 4e génération que sous pilules de 2e génération. Ce risque reste néanmoins faible : 3 à 4 utilisatrices sur 10 000 sont exposées, parce qu’elles présentent des fragilités particulières. Les conséquences sont néanmoins graves (phlébites) voire très graves (embolie pulmonaire).
     
  • Le risque de thrombose artérielle également rare mais gravissime (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde) est strictement le même quelle que soit la génération de pilule utilisée.

Comme pour n’importe quel médicament, le « service médical rendu » des pilules de 3e génération a été réévalué en septembre 2012, par la commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS).  La commission a relevé les effets indésirables, déjà pointés du doigt par les études internationales, et proposé leur déremboursement.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, avait laissé aux utilisatrices un délai d’un an pour se retourner soit un déremboursement pour le 30 septembre 2013. Sous la pression des accidents portés devant les tribunaux en ce début d’année 2013, elle anticipe leur déremboursement au 31 mars 2013.

> À lire : Le déremboursement de la pilule de 3e génération anticipé au 31 mars 2013

Par ailleurs, elle recommande la prescription de pilules de 2e génération « en première, intention », c’est à dire pour une première prescription. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament s’était prononcée en ce sens en octobre 2012.

Du sur mesure avant tout

Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens conseille de ne pas d’interrompre le traitement en cours quel qu’il soit, mais de profiter du prochain rendez-vous pour rediscuter son projet contraceptif à la lumière des connaissances actuelles.