Pratiquer un sport sur prescription du médecin

Pratiquer un sport sur prescription du médecin

Encouragée, voire prescrite, par les médecins, la pratique d’une activité sportive peut être une façon de mieux lutter contre la maladie. Pour ne pas compter sur les seuls médicaments.

Si la pratique d’un sport est recommandée pour conserver la santé, elle est également conseillée aux personnes atteintes de certaines pathologies pour en retarder les effets ou mieux supporter leur traitement.

Des activités physiques et sportives régulières, d’intensité modérée, peuvent être indiquées dans le cadre de prescriptions médicales, précise le professeur Jacques Bazex, porte-parole de l’Académie de médecine, coauteur d’un récent rapport sur le sujet. Prises en charge par la Sécurité sociale, elles constitueraient un complément thérapeutique efficace pour de nombreuses affections. »

Pour le Dr Laure Copel, spécialiste des soins de support à l'Institut Curie et initiatrice du Programme Activ, il faut proposer aux femmes traitées pour un cancer du sein de faire du sport.

Au final, il s’agit de les conduire progressivement à une pratique régulière plus intense : trois fois par semaine, au minimum 20 à 60 minutes. Ces femmes gèrent ensuite leur programme d’activité grâce à un carnet de suivi qui encadre et sécurise ce parcours de santé.

Le sport est bénéfique sur le sommeil et le stress

Outre le bien-être immédiat lié à la libération d’endorphines (hormones euphorisantes) par le cerveau, une dépense énergétique de 1 100 à 1 700 calories par semaine entraîne une réduction de la mortalité de l’ordre de 30 %. Elle s’obtient par une pratique d’activité physique modérée d’au moins 3 heures ou trois fois 20 minutes par semaine.

Chez les malades chroniques, l’activité choisie après discussion avec les médecins doit être régulière, raisonnée, raisonnable, ajoute le Pr Bazex. Il s’agit de mettre en place une activité d’entretien continue, sans dépasser les capacités maximales du cœur. »

Le sport permet de mieux supporter les traitements et de combattre l’inconfort psychique consécutif à la maladie.

La ville de Strasbourg teste depuis septembre 2012 la prescription d’heures de vélo pour certains patients. Sur présentation d’une ordonnance, les vélos municipaux sont mis gratuitement à leur disposition, avec un accompagnement de départ pour sécuriser la pratique.

Efficace contre l’hypertension artérielle, le diabète et les maladies cardiovasculaires, cette pratique pourrait, à terme, être remboursée par la Sécurité sociale qui aurait tout à y gagner.

La pratique progressive du vélo est bonne pour le cœur

Après un test d’effort, le malade cardiaque a tout intérêt à démarrer la pratique du vélo progressivement, sur une activité régulière de 30 à 45 minutes par jour, plutôt que deux heures d’effort intense une fois par semaine.

Bénéfices. Le muscle du cœur récupère mieux par des exercices répétés, la circulation sanguine se tonifie. Le débit sanguin tourne à plein régime pendant l’effort, le cœur est mieux irrigué, les parois des artères s’assouplissent tout en se débarrassant de l’adhésivité et de l’agrégation plaquettaire du cholestérol.

Et une diminution de la fréquence cardiaque réduit le risque de récidive. Le risque d’hypertension artérielle après exercices en aérobie (oxygénation régulière) chute. On constate aussi une augmentation du « bon cholestérol ».

Conseil. Attention ! Le sport ne remplace pas les médicaments, souvent prescrits à vie.

La marche rapide contre le diabète

Comme le rappelle l’Association française des diabétiques, « rester longtemps assis renforce le risque de diabète de l’âge mûr, dit de type 2 ».

En pratiquant la marche, le muscle consomme prioritairement du sucre pendant l’effort. Lorsque ce dernier est régulier, comme dans la marche nordique, il peut réduire la quantité de sucre dans le sang.

Le diabétique peut se borner à faire une simple marche de 30 minutes tous les jours, car c’est la régularité de l’effort qui compte, conseille le Dr Pozwolski, médecin du sport à Paris. Cet effort quotidien entraîne une baisse naturelle de la glycémie dans le sang.

Le malade peut préférer le vélo, la natation ou, pourquoi pas, le jogging sans forcer sur une distance raisonnable, de 3 à 6 kilomètres, entrecoupés de temps de récupération. »

Bénéfices. Pour des diabétiques de type 2, la période post-exercice est caractérisée par une augmentation de la sensibilité musculaire à l’insuline. Le sport facilite l’assimilation de l’insuline et régule le taux de sucre dans le sang. Lorsque la durée de l’activité excède 150 minutes par semaine, certains diabétiques peuvent se passer de médicaments.

Conseil. Le diabétique a intérêt à consommer des sucres lents (certains pains, pâtes, riz…) au repas qui précède l’effort et à attendre que la digestion soit entamée, une heure au moins, pour éviter l’hypoglycémie.

L'aquagym conseillée pour les articulations

Le fait de soufrir de douleurs articulaires liées à l’âge ne doit pas dissuader les malades de bouger. L’activité en milieu aquatique possède deux avantages. « Dans l’eau, les contraintes mécaniques pèsent moins sur les articulations usées, remarque le Dr Pozwolski, et la chaleur de l’eau a un effet relaxant. »

Le travail collectif de l’aquagym est entraînant, il améliore la souplesse tout en tonifiant le muscle presque sans douleur. « C’est une réelle opportunité de réduire les antalgiques ou les anti-inflammatoires », ajoute le médecin.

Bénéfices. L’entraînement physique augmente considérablement les défenses antioxydantes et la densité minérale osseuse, chez les sujets sensibles au risque d’ostéoporose.

Une activité d’intensité modérée s’accommode d’un âge avancé. Elle accroît la capacité fonctionnelle en évitant la fonte musculaire et maintient la souplesse et l’équilibre, ce qui permet d’éviter les chutes tant redoutées.

Conseil. Attention à ne pas forcer en commençant l’exercice. Le manque d’échauffement ou de progressivité dans l’effort peut se payer par une inflammation ou des contractures transitoires.

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