Hormones : à quoi servent-elles ?

Hormones : à quoi servent-elles ?

Produites par les glandes surrénales, le pancréas et l’hypophyse, les hormones jouent un rôle vital durant toute l’existence. Sans elles, aucun organe ne peut assurer correctement ses fonctions.

Aldostérone, cortisol, glucagon, hormone de croissance…, sont aussi peu connus que les organes qui les sécrètent. Que ces hormones défaillent, et tout l’organisme en souffre. Heureusement, quand elles "perdent la tête", des médicaments de synthèse peuvent les remplacer.

Insuline et glucagon, des carburants pour l’organisme

Ces deux hormones sont sécrétées par le pancréas, un organe situé en profondeur dans la partie supérieure de l’abdomen. Chaque fois que l’on mange, les aliments sont digérés et transitent dans l’intestin avant de passer dans le sang sous forme de sucres, d’acides aminés (constituant les protéines) et de graisses simples. Soit les sucres sont utilisés aussitôt, soit ils sont stockés.

En sécrétant l’insuline, le pancréas permet le passage du sucre (glucose) du sang vers les cellules et régule le stockage des différentes sources d’énergie au niveau du foie, des muscles et du tissu adipeux. Le taux de sucre dans le sang est donc ajusté par la sécrétion de l’insuline. Quand ce taux diminue (période de jeûne ou fin de nuit, par exemple), le pancréas produit davantage de glucagon et freine la sécrétion d’insuline. Cette seconde hormone pancréatique libère les sucres à partir des réserves stockées en particulier dans le foie et les fait remonter dans le sang. Ce mécanisme permet de maintenir la glycémie.

Les conséquences d’un dysfonctionnement

C’est le juste équilibre entre ces deux hormones qui permet de "patienter" entre les repas, sans malaise. Mais, sans que l’on sache trop l’expliquer, chez l’enfant ou l’adolescent, l’organisme produit par erreur des anticorps qui détruisent les cellules du pancréas à l’origine de l’insuline. Résultat : sans insuline, le glucose n’entre plus dans les cellules, il s’accumule dans le sang (hyperglycémie). Les cellules manquent de leur source d’énergie et ne fonctionnent plus correctement. C’est le diabète de type 1 (appelé autrefois insulinodépendant ou juvénile).

Plus fréquent, le diabète de type 2 (autrefois appelé diabète gras ou de la maturité) correspond à une sécrétion altérée, puis insuffisante, d’insuline chez des personnes habituellement en surpoids. Il touche en France plus de deux millions de malades.

"En cas d’obésité, le pancréas doit produire davantage d’insuline pour faire face aux besoins et maintenir une glycémie normale, car l’excès de poids entraîne une résistance à l’insuline, explique le Dr Dominique Simon, diabétologue. Au fil du temps, chez certains patients, le pancréas se fatigue et ne parvient plus à sécréter suffisamment d’insuline pour maintenir la glycémie à la normale." La maladie se développe sans provoquer de symptômes et seul un dosage du taux de sucre dans le sang permet de la découvrir.

Les traitements

Dans un diabète de type 1, l’apport d’insuline est vital. Des "stylos" faciles à utiliser permettent aux diabétiques de réaliser de multiples injections au cours de la journée, pour stimuler au mieux la sécrétion d’insuline et maintenir un taux de glycémie normal. Dans certains cas, l’insuline peut également être administrée en continu à l’aide d’une pompe externe, reliée à une minuscule canule, insérée sous la peau et maintenue par un pansement adhésif.

Le traitement d’un diabète de type 2 repose d’abord sur une alimentation modérée et équilibrée et sur une activité physique régulière. Objectif : tenter de réduire le surpoids et maintenir le taux de glucose sanguin aussi près de la normale que possible. Parfois cette maladie évolue et, au bout de quelques mois généralement, des hypoglycémiants oraux sont ajoutés.

Le régime, l’activité physique, la perte de poids, les médicaments oraux et finalement l’insuline sont nécessaires pour retarder la survenue des nombreuses complications de la maladie liées à l’élévation des taux de sucre (altération de la rétine, des reins et des nerfs, risque accru de maladies cardiovasculaires). "Sans oublier de traiter aussi l’hypertension artérielle, les anomalies du cholestérol souvent associées, et également de lutter contre le tabagisme", ajoute le Dr Simon.

L’action indispensable de l’hormone de croissance

Tandis que l’hormone de croissance permet au corps du petit enfant de se développer, les hormones produites par les glandes surrénales contribuent à le protéger contre les agressions. Sécrétée par l’hypophyse, l’hormone de croissance fait grandir. Elle stimule le développement de l’organisme en "nourrissant" les cellules musculaires et en libérant de l’énergie à partir de la dégradation des graisses. Chez l’adulte, elle favorise la réparation des tissus et des cellules usées, elle améliore l’état de la peau, des os, des muscles, et la tonicité générale…

Les conséquences d’un dysfonctionnement

Si l’hypophyse n’en produit pas suffisamment pendant l’enfance, pour des raisons génétiques ou à la suite d’une radiothérapie (en cas de leucémie par exemple), les enfants restent petits. "Sans traitement, ils mesurent entre 1,30 et 1,45 m à l’âge adulte, leur morphologie étant harmonieuse", précise le Pr Jean-Louis Wemeau, endocrinologue.

Chez l’adulte, certaines tumeurs de l’hypophyse ou des traumatismes sévères (accident de voiture) peuvent également entraîner un déficit en hormone de croissance. "Le patient arrive fatigué à mon cabinet, avec une peau fine et une musculature atrophiée", observe-t-il. Des radios peuvent également révéler des signes d’ostéoporose précoce (diminution de la densité osseuse).

Les traitements

Depuis 1988 et le scandale de l’hormone de croissance contaminée, on n’utilise plus d’hypophyses prélevées sur des cadavres, mais une hormone de croissance synthétique, injectée sous la peau une fois par jour. "Il n’y a plus aucun risque aujourd’hui, et elle est bien tolérée", assure le Pr Wemeau. Prescrite le plus souvent avant l’âge de 12 ans, elle donne d’assez bons résultats si le traitement est poursuivi jusqu’à la fin de la croissance.

Quelquefois, ces enfants continuent de la prendre à l’âge adulte pour prévenir fatigue, ostéoporose et atrophie musculaire. "Mais il y a toujours un risque d’œdème, et surtout cette hormone peut accélérer le développement de tumeurs", nuance l’endocrinologue.

Les surrénales protègent l’organisme

Les surrénales, deux glandes en forme d’amande qui coiffent les reins, produisent quantité d’hormones aux propriétés bien distinctes mais complémentaires qui nous aident à combattre le stress. Ainsi, l’adrénaline et la noradrénaline préparent l’organisme à retrouver son calme et nous donnent le réflexe de fuir face au danger. Quand elles sont libérées dans le sang, elles accélèrent le rythme cardiaque et augmentent la force des contractions du cœur, favorisant la circulation et facilitant la respiration.

De leur côté, le cortisol (hydrocortisone) et la corticostérone permettent de mobiliser les réserves de graisse ou de muscles et de s’adapter à une maladie. Leurs propriétés anti-inflammatoires ont d’ailleurs conduit au développement de toute une famille de médicaments de synthèse : les corticoïdes.

Les surrénales produisent enfin de l’aldostérone, qui garantit l’équilibre entre l’eau et les sels minéraux et régule l’hypertension artérielle, la DHA (voir l’encadré ci-dessus) et une petite quantité d’hormones mâles qui agissent sur la libido de… la femme.

Les conséquences d’un dysfonctionnement

Si l’adrénaline et/ou la noradrénaline sont produites en excès, en raison d’une tumeur de la glande, le malade souffre d’hypertension, de diabète, d’angoisse…, et il faut traiter ces symptômes par l’ablation de la tumeur.

Quelquefois, une maladie des glandes surrénales ou de l’hypophyse, la glande qui chapeaute les surrénales, provoque un excès de cortisol dans l’organisme, c’est le syndrome de Cushing. Le malade souffre de rétention d’eau, de prise de poids au niveau de l’abdomen, d’hypertension… Le sergent Garcia dans Zorro en est l’archétype : gros, rouge, hypertendu, diabétique.

Les traitements

Dans le cas de l’hypersécrétion de cortisol, il faut retrouver la tumeur qui en est à l’origine, la retirer, et éventuellement prescrire un traitement hormonal de substitution. Si en revanche les glandes surrénales ne sécrètent pas assez d’aldostérone et de cortisol, le malade est, à l’opposé, fatigué, maigre, hypotendu. Seul un traitement oral de cortisol deux fois par jour permet de réduire l’intensité des symptômes.

Hormone anti-âge ou anti-vieillissement ?

La DHA (ou DHEA), produite par les glandes surrénales, a été rendue célèbre par le Pr Étienne-Émile Baulieu. Cette hormone androgène (mâle), parée de vertus anti-âge, a fait les beaux jours des vendeurs de "pilule miracle" sur Internet. Avec près de deux décennies de recul, on sait aujourd’hui qu’il ne faut en attendre aucun rajeunissement.

Chez l’homme, la testostérone, la principale hormone androgène, a une action beaucoup plus prononcée et suffisante. Tout au plus la DHA pourrait-elle aider les femmes âgées qui le souhaitent à retrouver une meilleure libido, à condition qu’elles ne suivent pas en même temps un traitement substitutif de la ménopause à base d’œstrogènes !

Détournement d’indication thérapeutique

Certains haltérophiles, athlètes ou cyclistes ont vite compris l’intérêt de l’hormone de croissance. "C’est l’un des rares procédés permettant de faire du muscle sans faire de graisse, précise le Pr Wemeau. De là à penser qu’elle pourrait améliorer la résistance et les performances des athlètes, il n’y avait qu’un pas, que certains ont franchi allègrement".

Le plus souvent, elle est associée à l’érythropoïétine (EPO), une autre hormone qui favorise le transport de l’oxygène des poumons jusqu’aux tissus. Les deux produits associés entraînent une moins bonne fluidité du sang et donc des risques d’accidents cardiovasculaires, d’atteintes cardiaques, de diabète, etc.

En savoir plus

Association française des diabétiques

Tél : 01 40 09 24 25

Web : www.afd.asso.fr

Association française des malades de la thyroïde (AFMT)

BP 1, 82700 Bourret

Web : www.asso-malades-thyroide.org

Association Surrénales

Tél : 02 76 98 23 12

Web : http://asso.orpha.net/AGS/index2.html