Faites le point sur votre mémoire

Faites le point sur votre mémoire

Il y a une chose à retenir : la mémoire ne s'use que si l'on ne s'en sert pas ! À nous de l'entretenir et de la préserver...

Vous venez encore de perdre vos lunettes, hier vous aviez oublié le numéro de code d'entrée de l'immeuble, de votre Carte bleue… et combien de fois vous êtes-vous trouvé à ne plus savoir ce que vous étiez venu chercher dans la cuisine ! On accuse, souvent à tort, l'âge ou un début de maladie d'Alzheimer. Mais votre mémoire que vous jugez mauvaise ou moyenne peut encore vous étonner !

La mémoire ne diminue pas avec l'âge !

De récentes études américaines ont montré que la mémoire serait même plus efficace à 60 ans qu'à 30 et que l'on peut engranger de nouveaux souvenirs à tout âge. Des tests ont mis en évidence que le vocabulaire et l'aisance augmentaient après l'âge de 70 ans ! Si les plus de 50 ans ont tendance à se plaindre d'une mémoire immédiate moins performante, c'est que leur cerveau demande un peu plus de temps pour traiter les informations, un peu plus de concentration et d'attention pour les mémoriser. Mais le résultat final est le même.

La perte de mémoire est-elle due à la diminution des neuronnes ?

Nous perdons 100 000 neurones par jour depuis l'âge de 18 ans. Pas de crainte cependant, les neurologues ont démontré que le plus important n'était pas le nombre des neurones, mais le nombre de connexions qu'ils établissent entre eux. Et plus ils sont sollicités, stimulés de manière intelligente, plus ils établissent de nouvelles connexions.

Faire travailler son cerveau

La stimulation intellectuelle est le meilleur moyen de conserver une bonne mémoire. Mais on ne gonfle pas son cerveau comme ses muscles, en apprenant de façon mécanique des listes de mots de plus en plus compliqués.

Il faut organiser et nourrir sa pensée, établir des stratégies, s'interdire par exemple de dire truc, machin, chose, trouver des synonymes, des périphrases. Lire les journaux, écouter certaines émissions, en faire un résumé, jouer au Scrabble, aux échecs, faire des mots croisés, etc., sont des activités qui permettent d'entraîner la mémoire. Car tout ce qui est encodé de manière structurée dans le cerveau sera plus facilement restitué. En un mot, privilégiez tout ce qui peut mettre le cerveau en éveil, sans oublier d'y prendre du plaisir !

L'activité physique : un stimulant efficace

Le cerveau consomme 20 % de l'oxygène que nous respirons, et une activité physique régulière favorise une meilleure oxygénation des cellules du cerveau tout en améliorant la circulation sanguine. Mieux vaut ne pas rester des journées entières confiné dans les livres et les dossiers. Sortir prendre l'air, faire un peu de sport est bénéfique : le temps "perdu" sera vite récupéré grâce à une efficacité accrue.

Apprendre en dormant

La nuit, pendant que vous dormez, votre cerveau travaille, notamment pendant les phases de sommeil paradoxal, où l'activité cérébrale est la plus intense. Il revit ce que vous avez appris et vécu dans la journée, l'organise et l'emmagasine. Il faut donc veiller à la qualité de son sommeil pour entretenir sa mémoire.

Un signe de dépression

Beaucoup de personnes âgées disent perdre la mémoire alors qu'elles sont dépressives sans le savoir. Elles ne prennent pas au sérieux des manifestations qu'elles jugent normales à leur âge, telles que l'ennui, le manque de motivation, de plaisir de vivre, le ralentissement psychomoteur ou la difficulté à se concentrer qui accompagnent les troubles de la mémoire. Une bonne évaluation des capacités permet souvent de diagnostiquer une dépression et de ne pas conclure trop vite à une maladie de type Alzheimer.

Manger du poisson

Le poisson contient des acides gras essentiels et de la vitamine B12 en quantité, deux éléments dont le cerveau est grand consommateur. Toutefois, afin d'assurer un bon équilibre neuronal, le cerveau a surtout besoin d'une alimentation variée et équilibrée. N'oubliez donc ni les glucides - le cerveau consomme la moitié de notre ration quotidienne -, ni les fruits et légumes frais pour les acides aminés et les vitamines. En revanche, les effets bénéfiques du phosphore sur la mémoire ne sont pas prouvés.

Certains médicaments perturbent la mémoire

Ce sont surtout les anxiolytiques qui diminuent l'attention, les somnifères qui perturbent les capacités du cerveau, les antidépresseurs quand ils sont mal utilisés, ou encore certains médicaments, tels les anticholinergiques, prescrits dans le cas de problèmes

urinaires.

La consommation d'alcool est dramatique

À forte dose, l'alcool provoque de réelles pertes de mémoire, ces effets se faisant même sentir jusqu'à cinq ans après une cure de désintoxication ! Pourtant, à petite dose, l'alcool n'est pas déconseillé. Plusieurs études ont montré que ceux qui en boivent peu mais régulièrement ont moins de risques de développer une maladie d'Alzheimer et qu'ils répondent mieux aux tests d'apprentissage que les gros buveurs ou les non-buveurs.

Quand consulter ?

Lorsque des oublis répétés deviennent une gêne dans la vie quotidienne, parlez-en à votre généraliste, il a désormais la possibilité de faire des tests d'évaluation. Il vous proposera des solutions simples ou encore une prescription médicamenteuse.

S'il vous suggère de participer à un atelier mémoire (exercices pratiques d'entraînement de la mémoire), assurez-vous que l'animateur a bien reçu une formation spécifique, le pire pouvant côtoyer le meilleur.

Enfin, il vous dirigera vers un spécialiste s'il suspecte un trouble cognitif. Il existe, dans la majorité des CHU de Paris et de province, des consultations de la mémoire.