Du bon usage de l'aspirine

Du bon usage de l'aspirine

Il se consomme 2 500 comprimés d'aspirine chaque seconde dans le monde, et on ne cesse de découvrir pour cette molécule de nouvelles applications…

Surtout efficace contre les maux de tête et les migraines, les douleurs dentaires et celles de l'appareil locomoteur, cette molécule exerce ses effets antalgiques en bloquant la production des prostaglandines, des hormones qui transmettent au cerveau le message de la douleur.

Elle contribue par ailleurs à faire baisser la fièvre avec efficacité (mais son usage est déconseillé chez les enfants de moins de 6 ans, mieux vaut lui préférer le paracétamol).

L'aspirine, un anti-inflammatoire puissant

Parce que les prostaglandines sont également à l'origine du processus inflammatoire, l'aspirine est, à doses élevées, un anti-inflammatoire puissant qui soulage les douleurs rhumatismales. Il ne faut toutefois jamais dépasser 3 g par jour, soit un comprimé dosé à 500 mg six fois par jour maximum.

Aspirine et prévention des maladies cardiaques

Depuis quelques années, l'aspirine est également indiquée, à plus faibles doses (de 75 à 325 mg par jour), dans la prévention de l'infarctus du myocarde, après que le patient a été victime d'un premier accident cardio-vasculaire. De fait, elle empêche les plaquettes du sang de s'agglutiner entre elles et de former de dangereux caillots dans les vaisseaux : c'est l'effet dit anti-agrégant plaquettaire, qui permet de réduire d'un tiers les récidives d'infarctus.

Pour les mêmes raisons, elle est préconisée après un premier accident vasculaire cérébral (elle réduit d'un quart les rechutes). Aujourd'hui, de plus en plus de spécialistes la conseillent, à la dose de 300 mg par jour, aux personnes de plus de 50 ans présentant au moins un facteur de risque cardio-vasculaire (obésité, diabète, hypertension). Elle doit être alors prescrite par votre médecin, et sa prise prolongée doit se faire sous strict contrôle médical.

L'aspirine, parfois utile pendant la grossesse

Par ses effets sur les vaisseaux, l'aspirine diminue également le risque de complications chez les femmes enceintes présentant une hypertension survenant au cours de la grossesse. Prise à faible dose (100 mg par jour), elle réduit la fréquence des accidents et le risque de mort fœtale.

Administrée dès la quinzième semaine aux femmes ayant eu précédemment des retards de croissance in utero, elle permet d'augmenter le poids de naissance du nouveau-né.

Enfin, elle peut prévenir les fausses couches tardives chez les femmes ayant vécu des fausses couches à répétition. Des études réalisées au cours de fécondations in vitro montrent qu'elle peut favoriser l'implantation de l'embryon et réduire le risque d'interruptions précoces de grossesse. Il pourrait donc être utile de l'administrer très tôt, voire avant la conception, aux femmes qui ont fait des fausses couches précoces à répétition ou qui ont connu des maladies auto-immunes augmentant les risques d'avortement.

Attention ! Parce qu'elle fluidifie le sang, l'aspirine doit cependant être proscrite après la 35e semaine, car elle peut entraîner des saignements chez la mère et l'enfant. Il faut également l'éviter pendant les règles, en présence d'une plaie importante, ou s'il y a risque d'hémorragie.

Les autres pathologies concernées par l'aspirine

On recommande également l'aspirine en cas de maladie d'Alzheimer, car les lésions engendrées au niveau du cerveau entraînent des manifestations d'autant plus précoces qu'elles s'associent à des lésions vasculaires. En retardant les unes grâce à l'aspirine, on retarde donc aussi les autres.

De plus, les études montrent que les personnes habituées à prendre de l'aspirine sont davantage à l'abri de cette maladie. Tout comme elles font statistiquement moitié moins de cancers colorectaux. Mieux : lorsqu'une prise en charge pour cancer du côlon s'avère nécessaire, l'aspirine permet de diminuer de 35 % le risque de récidive. Enfin, d'autres pistes restent à confirmer : son action en cas de cancer de l'œsophage.

Quels risques ?

Parce qu'elle fluidifie le sang, l'aspirine doit cependant être proscrite pour les femmes enceintes après la 35e semaine, car elle peut entraîner des saignements chez la mère et l'enfant. Il faut également l'éviter pendant les règles, en présence d'une plaie importante, ou s'il y a risque d'hémorragie.

Responsable de bourdonnements d'oreilles en cas de surdosage, elle peut provoquer des allergies indépendantes de la dose absorbée, qui constituent une contre-indication définitive à son emploi. Mais ses effets secondaires les plus fréquents sont des troubles digestifs et des hémorragies gastriques quand elle est prise à trop fortes doses et de manière répétée. Pour un meilleur confort gastrique, l'idéal est de l'avaler au milieu des repas, car ces deux réactions sont atténuées quand la muqueuse gastrique est protégée par le bol alimentaire.

Vrai / faux sur l'aspirine

La caféine associée à l'aspirine donne du tonus aux patients fébriles.

NON, la caféine ne fait que renforcer les effets de l'aspirine. L'intérêt est d'obtenir une efficacité équivalente avec des doses d'aspirine moindres.

L'aspirine est un bon remède contre la "gueule de bois".

NON, elle aggrave les effets de l'alcool sur l'estomac. Par ailleurs, des études ont démontré que la prise d'aspirine avant ou durant un repas bien arrosé augmente la concentration d'alcool dans le sang. Si l'abus d'alcool vous a donné mal à la tête, attendez au moins quatre heures avant d'en prendre.

L'aspirine soigne l'arthrose.

NON, pas plus qu'elle ne soigne l'ostéoporose. Elle soulage uniquement la douleur.