Les aidants familiaux très sollicités

Isolés, peu soutenus et pas assez reconnus, les aidants familiaux consacrent beaucoup de temps et d'argent à leurs responsabilités. Leur implication exigeant d'importants sacrifices, ils peuvent bénéficier du droit au répit et du congé de proche aidant. - © FredFroese

Il y aurait en France plus de 8 millions d’aidants en charge d’une personne proche âgée ou handicapée. Une responsabilité exigeante et insuffisamment reconnue, selon une enquête menée auprès des aidants.

Qui sont les aidants familiaux, ces anonymes qui consacrent leur temps et leur argent au soutien d’une personne dépendante de leur entourage. À quoi s’apparente leur quotidien ? Comment perçoivent-ils leur situation ? Une enquête récente réalisée par OpinionWay (organisme d’études marketing/communication et de sondages) lève le voile sur ce sujet, dont on parle rarement et qui concerne pourtant, selon l’Association française des aidants, plus de 8 millions de personnes en France.

La première chose qui ressort de cette étude est la forte implication des aidants familiaux. Chacun d’eux consacre en moyenne 16 heures par semaine à ses responsabilités d’aidant (voire 30 heures pour les aidants permanents, ce qui équivaut à un quasi temps complet). Dans un quart des cas, l’aide est d’ailleurs quotidienne. C’est aussi une situation qui s’inscrit dans la durée. Les aidants sont en charge de leur proche depuis plus de 4 ans en moyenne.

Néanmoins, cette implication relève d’un choix assumé. Pour près de trois-quarts des aidants, elle apparaît évidente et naturelle. Elle exige pourtant d’importants sacrifices. Non seulement personnels, mais aussi professionnels. De ce point de vue, 44 % des aidants estiment ce rôle difficile à concilier avec leur travail, 43 % avec leur vie personnelle et familiale et 41 % avec leur vie sociale. Notamment à cause de la fatigue et du stress qui en découlent.

Isolement et manque de soutien

Autre enseignement marquant : les aidants se sentent isolés et insuffisamment soutenus. Dans un cas sur trois, l’aidant est seul à s’occuper de la personne aidée. Et dans sept cas sur dix, il ne bénéficie d’aucune aide, de la part d’un prestataire de services à la personne, faute de moyens ou parce que la personne aidée ne le souhaite pas.

Le manque d’information apparait aussi comme un véritable problème. Fait révélateur, près de six aidants sur dix ne savent pas où s’adresser pour bénéficier des aides auxquelles ils ont droit. Le droit au répit et le congé de proche aidant, deux mesures issues de la loi d’adaptation de la société au vieillissement, entrée en vigueur en janvier 2016, sont du reste encore largement méconnues.

Dernier constat : le rôle d’aidant représente une charge financière importante : en moyenne, deux aidants sur trois prennent en charge une partie des frais de la personne aidée à leur charge (transports, aménagement du domicile, achat de médicaments). L’addition se chiffre pour eux à 2 049 € par an en moyenne.