Des substances toxiques dans nos cosmétiques

Des substances toxiques dans nos cosmétiques
Gels douches, déodorants, soins pour cheveux, crèmes hydradantes, shampoings seraient truffés de substances chimiques. - © ShotShare

Gel douche, dentifrice, shampoing, après-rasages … Les substances chimiques envahissent nos salles de bains. Ces produits allergènes, irritants et perturbateurs endocriniens représentent un risque pour la santé. Dossier Familial livre ses conseils pour partir à la chasse de ces indésirables.

Se prélasser dans son bain, s’enduire le corps de crème, se parfumer … Vous pensiez prendre soin de vous, détrompez-vous. Ces rituels apaisants se révèlent bien plus dangereux pour la santé qu’ils n’y paraissent. Cette semaine, deux associations de consommateurs tirent la sonnette d’alarme quant à la toxicité des cosmétiques et produits d’hygiène corporelle utilisés au quotidien. Premiers visés : les tampons et protection féminine, qui recèleraient, selon 60 millions de consommateurs, de résidus de pesticides, de dioxines et de glyphosate … un ingrédient chimique utilisé dans les désherbants, dont le roundup.

Ce ne sont pas les seuls accusés. Gels douches, déodorants, soins pour cheveux, crèmes hydradantes, shampoings seraient truffés de substances chimiques (allergènes, irritants, perturbateurs endocriniens). « Les cosmétiques cumulent énormément d’ingrédients toxiques, comme les parfums et les conservateurs. Ils permettent aux industriels d’améliorer la texture et d’éviter que les produits ne se dégradent», estime Nina Roos, dermatologue.

185 références épinglées

Dans son dernier dossier, l’UFC-Que choisir épingle 185 références et recommande aux consommateurs de ne plus les acheter, notamment pour les publics les plus à risques (bébés, enfants, femmes enceintes). « L’objectif est d’alerter les consommateurs mais aussi de mettre la pression sur les fabricants et la commission européenne. Malgré les recommandations répétées d’experts reconnus, les industriels n’ont toujours pas changé leurs pratiques : les produits toxiques sont présents partout », justifie Olivier Andrault, chargé de mission auprès d’UFC-Que choisir.

De fait, les résultats sont édifiants. Parmi les 185 produits suspects, 62 contiennent des allergènes, dont la Methylisothiazolinone (MIT). Ce conservateur, élu allergène de l’année 2013, est d’autant plus irritant qu’il est très souvent ajouté à des produits non rincés (lingettes pour bébé) et qu’il restera en contact prolongé avec la peau.

Des perturbateurs endocriniens

Enfin, les perturbateurs endocriniens figurent dans 101 produits notamment sous la forme d’ethylhexyl-methoxycinnamate, un filtre anti-UV perturbant le fonctionnement œstrogénique et thyroïdien. « Des analyses ont prouvé que les produits de cosmétiques contiennent de multiples perturbateurs endocriniens, pouvant modifier le métabolisme et avoir des impacts sur le foetus. Ces molécules sont également susceptées de favoriser l’apparition de l’infertilité et de cancers», souligne Laurent Chevallier, médecin et coauteur du Guide anti-toxique de la grossesse (Editions Marabout).

Décrypter les étiquettes

Pour aider les consommateurs à s’y retrouver lors de leurs achats, l’UFC-Que choisir a publié une carte-repère recensant les douze ingrédients les plus nocifs, dont le sodium lauryl sulfate (SLS), le butylparaben et le propylparaben ou encore le phénylènediamine. « Lire la liste de composition sur l’emballage est un travail ardu mais essentiel si l’on souhaite prendre en main sa santé», insiste Olivier Andrault. Pour traquer ces molécules indésirables, il ne faudra plus seulement se fier à la renommée de certaines grands marques ni aux mentions faussement rassurantes apposées par les fabricants, comme « sans paraben » ou « hypoallergénique ». « Ce sont de simples arguments marketing. Dans les produits signalés sans parabens, les conservateurs ont été remplacés par d’autres composés chimiques. Le bénéfice sanitaire est nul», déplore Olivier Andrault.

Privilégier les produits sains

Ceux qui rechignent à décrypter leur emballage ont aussi la possibilité de se tourner vers les produits « bio », plus onéreux, certifiés par exemple par les labels Cosmebio ou le label Cosmétique biologique Ecocert. « Même s’il n’existe pas de garantie absolue, ces produits sont plus naturels. Leur cahier des charges est plus strict et interdit l’utilisation de certaines molécules », note le Dr Laurent chevallier. Dernière astuce : éviter la surconsommation et privilégier les produits sains, comme un savon sur-gras à un produit douche parfumé.

« Si votre peau est endommagée, freiner l’application des cosmétiques. Il n’est pas utile de se tartiner de 4 couches de crèmes tous les matins, conseille Nina Roos. Les consommateurs doivent se concentrer sur des produits indispensables à leur hygiène ». Sur la toile, la slow cosmétique a également le vent en poupe. Grâce à ces tutoriels, créer ses propres produits de beauté à la maison devient un plaisir. 

Les vingt-six allergènes présents dans les parfums et conservateurs

  • Alpha-Isomethyl Ionone
  • Amyl Cinnamal
  • Amylcinnamyl Alcohol
  • Anise Alcohol
  • Benzyl Alcohol
  • Benzyl Benzoate
  • Benzyl Cinnamate
  • Benzyl Salicylate
  • Butylphenyl Methylpropional
  • Cinnamal
  • Cinnamyl Alcohol
  • Citral
  • Citronellol
  • Coumarin
  • Eugenol
  • Evernia Furfuracea Extract
  • Evernia Prunastri Extract
  • Farnesol
  • Geraniol
  • Hexyl Cinnamal
  • Hydroxycitronellal
  • Hydroxyisohexyl 3-Cyclohexene Carboxaldehyde
  • Isoeugenol 
  • Limonene 
  • Linalool 
  • Methyl 2-Octynoate

Source : UFC-Choisir

Liste des substances à éviter établie par l’UFC-Que Choisir
Ammonium Lauryl Sulfate Irritant
Benzophenone-1, Benzophenone-3 Perturbateurs endocriniens
BHA Perturbateur endocrinien
Butylparaben, Potassium ou Sodium Butylparaben  Perturbateurs endocriniens
Cyclopentasiloxane, Cyclotetrasiloxane Perturbateurs endocriniens
Ethylhexyl Methoxycinnamate Perturbateur endocrinien
Methylchloroisothiazolinone, Methylisothiazolinone Allergènes
Phenoxyethanol  Toxique pour le foie. Cette substance ne semble pas présenter de danger pour les adultes.
Phenylenediamine (et substances dont le nom contient « p-Phenylenediamine ») Allergènes
Propylparaben, Potassium ou Sodium Propylparaben  Perturbateurs endocriniens
Sodium Lauryl Sulfate Irritant. Le Sodium Laureth Sulfate est moins irritant. 
Triclosan Perturbateur endocrinien

Selon l’association, les « substances à risque sont encore plus préoccupantes dans les produits non rincés. Elles sont à éviter scrupuleusement pour les tout-petits (moins de 3 ans). Les perturbateurs endocriniens sont à bannir chez les tout-petits, les adolescent(e)s et les femmes enceintes ».