Les agents de sécurité privée peuvent désormais être armés

Les agents de sécurité privée peuvent désormais être armés
Dans certaines circonstances, les vigiles pourront être dotés d’une matraque, bombe lacrymogène, voire d’une arme de poing. - © PeopleImages

Depuis le 1er janvier, les vigiles peuvent être dotés d’une matraque, bombe lacrymogène, voire d’une arme de poing. Le dispositif, très encadré, ne devrait concerner que 1 000 à 2 000 agents.

A l’entrée des centres commerciaux, des salles de spectacles, des musées, des sièges des grandes entreprises… Depuis les attentats du 13 novembre 2015, les vigiles sont omniprésents en France. Dans ce contexte, un décret paru le 31 décembre au Journal officiel, en application d’une disposition de la loi sur la sécurité publique du 1er mars 2017, autorise depuis le 1er janvier 2018 les agents de sécurité privée à porter une arme dans certaines circonstances.

Les agents de protection rapprochée (APR) pourront être armés quand ils « assurent la protection d’une personne exposée à des risques exceptionnels », précise le décret. De leur côté, si leur mission les expose à un risque « exceptionnel d’atteinte à leur vie », les agents de sécurité privée pourront être dotés d’armes de poing (armes à feu à canon court telles qu’un pistolet ou revolver), sous réserve d’autorisation préfectorale et d’un important volet formation. Jusqu’à présent, le port d’arme de poing pour les agents de sécurité privée était limité à certains professionnels, comme les transporteurs de fonds ou de valeurs.

En d’autres circonstances, ils pourront utiliser les armes non létales suivantes : matraques, générateurs d’aérosol incapacitants ou lacrymogènes. Le décret n'autorise pas le port de taser ou de flash-ball.

Seule une minorité d’agents concernée

« Cette évolution réglementaire marque un changement culturel et politique extrêmement significatif pour la sécurité privée », a déclaré le syndicat national des entreprises privées (Snes) dans un communiqué. Il affirme toutefois que « la très grande majorité des agents de sécurité privée restera non armée » (armement tant létal que non létal).

Selon le président de la Fédération française de la sécurité privée, Claude Tarlet, interrogé par l’AFP, « il ne s’agit pas de confier demain des armes à 170 000 personnes sur le territoire national. (…) Le contrôle sera strict, les autorisations seront délivrées de manière très précise par les préfets ». Les premières estimations semblent indiquer que 1 000 ou 2 000 personnes seront concernées.

Un dispositif qui inquiète

En février dernier, lors des débats sur la loi sur la sécurité publique, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) s’était émue de cet armement des agents « dont les modalités de sélection, de formation et d’encadrement (sont) très éloignées de celles prévalant pour les agents des forces de l’ordre ».