Voyager avec un handicap

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Handicap et tourisme ne font souvent pas bon ménage. Des solutions existent avec des voyagistes spécialisés, des entreprises de transports et des associations. Explications.

La France demeure un élève moyen en Europe pour rendre accessibles aux personnes handicapées des sites de vacances. Il existe 5 344 sites labellisés Tourisme et handicap en 2014 (92 % handicap mental, 75 % auditif, 75 % moteur, 46 % visuel).

Handicap : trouver un hébergement accessible

De nombreux propriétaires croient rendre leur logement accessible en installant une simple rampe d’accès, sans penser qu’une porte trop étroite ou une cuisine mal adaptée interdisent la vie au quotidien.

Pour le handicap mental, trop peu d’hébergements sont sécurisés et comportent une cuisine, une salle de bains et des fenêtres que l’on peut verrouiller.

Cependant, certains organismes, comme les Gîtes de France ou Clévacances, mettent en avant, dans leurs critères de choix, la labellisation Tourisme et Handicap.

Ce label porte sur quatre familles de handicap (moteur, mental, auditif et visuel) et définit des critères d’aménagement. Exemples : un hébergement affichant un logo représentant un fauteuil roulant garantit, entre autres, des portes d’une largeur de 77 cm ; le logo reproduisant le dessin d’un œil barré implique, lui, que les chiens d’assistance sont acceptés sans surcoût.

Plus original, l’échange d’appartement permet de partir dans l’Hexagone ou à l’étranger à moindre coût en troquant avec d’autres personnes handicapées.

Plusieurs sites se sont spécialisés comme Guest to guest (guesttoguest.com) ou Échange de logements et de services accessibles (elsaccessible.com).

Prendre les transports avec un handicap

Pour se déplacer, la SNCF propose aux passagers handicapés une assistance gratuite à l’embarquement et au débarquement, avec le service Accès Plus (accessibilite.sncf.com) qui doit être réservé au moins quarante-huit heures avant le départ. De plus, une réduction, voire la gratuité du voyage, peut être accordée à l’accompagnateur.

Même service dans les aéroports et auprès des compagnies aériennes, la demande d’assistance gratuite doit là aussi être adressée au plus tard quarante-huit heures avant le vol.

Air France a créé Saphir, son propre service d’assistance aux personnes handicapées, avec à leur disposition un numéro d’appel spécifique (09 69 36 72 77, prix d’un appel local).

Pour leur part, les taxis ont l’obligation de prendre en charge une personne handicapée, sans aucun supplément pour le transport du fauteuil roulant, ni pour le chien en cas de déficience visuelle.

Les taxis parisiens G7 ont mis en place le service Horizon et son numéro d’appel spécifique (01 47 39 00 91).

Dans toute la France le réseau Ulysse (ulysse-transport.fr) met à disposition, sept jours sur sept, des véhicules aménagés pour les personnes en fauteuil roulant et propose des chauffeurs-accompagnateurs.

Les personnes handicapées aussi peuvent barouder

Pour continuer ses balades en montagne aux côtés de son neveu myopathe, Joël Claudel a conçu un fauteuil mono-roue muni de brancards, appelé Joëlette. Il permet, avec l’aide de deux personnes, d’emprunter les sentiers de randonnée malgré un handicap moteur.

Grâce à cet appareil, depuis vingt-cinq ans, l’association Handi Cap Évasion organise, avec ses 400 accompagnateurs-porteurs bénévoles, 23 séjours proches de la nature, non seulement dans toute la France mais aussi dans les Carpates roumaines ou le djebel marocain (de 300 € à 600 € la semaine + 30 € d’adhésion).

Pour les amateurs d’exotisme, de nombreuses destinations vers l’étranger s’avèrent à portée de roue. Le Sénégal avec Ailleurs & Autrement (3 200 € pour 15 jours en décembre) ; le Chili et l’Argentine à découvrir avec Korke ; ou encore le Québec avec La Route accessible.

Demander des aides pour voyager

Pour compenser le surcoût lié à l’obligation d’être accompagné ou aux frais de transport, les personnes handicapées peuvent solliciter des aides auprès de plusieurs organismes :