Prestations sociales : les propositions des 11 candidats

Prestations sociales : les propositions des 11 candidats
Les propositions des 11 candidats concernant les minima sociaux, l'assurance chômage. - © Eric Gaillard - Reuters

Chômage, revenu universel, RSA… Que proposent les 11 candidats à la présidentielle en matière de protection sociale ?

La France est le pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) qui consacre la plus grosse part de son PIB (31,5 %) aux dépenses sociales publiques (retraites, prestations maladie, familiales, indemnités chômage…). Tour d’horizon des principales propositions des candidats sur les prestations sociales.

Nathalie Arthaud

La candidate de Lutte ouvrière veut transformer les allocations et les minima sociaux (RSA, minimum vieillesse…) en salaire.

François Asselineau

Le candidat de l’Union populaire républicaine prévoit :

  • de supprimer le RSI (Régime social des indépendants) et la CIPAV (Caisse de retraites des professions libérales) ;
  • d’inscrire le principe d’une sécurité sociale publique dans la Constitution.

Jacques Cheminade

Le candidat de Solidarité et Progrès propose plusieurs mesures :

  • l’augmentation progressive de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) de 200 euros par mois ;
  • la création, pour les étudiants, d’une allocation d’étude de 600 euros par mois pendant trois ans sous condition des ressources et sous forme d’un capital utilisable tout au long de la vie pour financer uniquement les études ;
  • l’ouverture du RSA dès 16 ans et son versement automatique à tous ceux qui y ont droit ; 
  • augmenter la rémunération de formation de Pôle emploi (RFPE), versée aux chômeurs non indemnisés, ainsi que celle de l’Afdef (allocation en faveur des demandeurs d’emploi en formation) – remplacée depuis 2011 par la rémunération de fin de formation (RFF). Dans les deux cas, la somme devrait être fixée aux deux tiers du Smic ;
  • remplacer le régime social des indépendants (RSI) par un statut social unique des actifs.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France s’engage à :

  • conditionner l’ASPA à dix ans de cotisations pour les retraités étrangers 
  • plafonner les aides, toutes sources confondues, pour limiter la charge et permettre au « travail » d’être le revenu le plus important du foyer ;
  • obliger les bénéficiaires du RSA à effectuer « une journée hebdomadaire de mission d’intérêt général » ;
  • supprimer le RSI et créer un système de Sécurité sociale unique ;
  • revenir sur les baisses des prestations familiales des précédents gouvernements.

François Fillon

La principale mesure du candidat des Républicains est la création d’une allocation sociale unique (ASU). Elle regrouperait le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation spécifique de solidarité (ASS), la prime d’activité et les aides au logement. « Le montant maximal alloué sera strictement plafonné afin que les revenus du travail soient toujours supérieurs à ceux de l’assistance », précise l’ex-premier ministre.

Cette allocation sociale unique serait liée à un engagement individuel à se former et à rechercher un emploi. En cas d’efforts insuffisants, elle serait diminuée et suspendue en cas de récidive.

François Fillon propose de réformer le régime de l’assurance chômage. Pour encourager la reprise d’activité, il veut que le montant des allocations soit dégressif dans le temps. Ainsi, il propose de rendre obligatoire la motivation des refus d’emploi et de sanctionner un deuxième refus insuffisamment motivé.

Par ailleurs, il veut revenir sur une des mesures du quinquennat de François Hollande et rétablir l’universalité des allocations familiales, c’est-à-dire leur distribution sans condition de ressources.

Autre mesure proposée : augmenter l’allocation adulte handicapé (AAH) et réformer de manière radicale le RSI qui serait transformé en une Caisse de Protection des Indépendants (CPI).

Benoît Hamon

La mesure phare du candidat socialiste est l’instauration d’un revenu universel d’existence (RUE). Mis en place dès janvier 2018, il sera « versé chaque mois, automatiquement et sans démarche par les administrations fiscales et sociales ». Les conditions pour le toucher ? Il faudra avoir au moins 18 ans, être étudiant, chômeur ou gagner moins de 1,9 SMIC brut par mois, soit 2 800 € (ou 5 600 € pour un couple). En 2019, le RUE sera étendu aux retraités.

Il sera dégressif, avec un montant maximal de 600 euros par mois pour ceux qui n’ont pas de revenus. Le coût du revenu universel est estimé à 35 milliards d’euros. Pour mieux en faire comprendre le principe, Benoît Hamon a mis en ligne un simulateur qui permet d’estimer la somme reçue en fonction de sa situation.

Par ailleurs, s’il est élu, Benoît Hamon prévoit de revaloriser le RSA immédiatement à 600 euros. Il sera versé automatiquement (et non plus sur demande) à tous les ayant-droits.

Ses autres mesures :

  • augmenter les minima sociaux ;
  • créer une assurance chômage de base pour tous les indépendants, chaque entrepreneur pourra ainsi bénéficier d’une protection contre le chômage, c’est-à-dire d’un droit à l’échec ;
  • réformer le RSI pour que les indépendants aient les mêmes droits que les salariés ;
  • augmenter le minimum vieillesse de 10 % ;
  • créer une allocation du « bien vieillir » en fonction des revenus, visant à réduire le reste à charge pour les résidents en maison de retraite (Ehpad).

Jean Lassalle

Le candidat du mouvement Résistons ! promet notamment de :

  • verser une « allocation d’autonomie » aux 17-25 ans en formation, ou d’aller vers un revenu minimum garanti, universel ;
  • confier à la Caisse d’allocations familiales (CAF) le versement de toutes les aides sociales ;
  • de faire de la CAF un établissement public ;
  • d’augmenter les minima sociaux : le minimum vieillesse de 200 euros par mois, l’allocation autonomie pour les personnes à domicile de 700 à 1 050 euros par mois et d’assurer un montant minimum d’allocation pour adulte handicapé quel que soit le revenu du conjoint.

Marine Le Pen

La candidate du Front national promet, si elle est élue, de :

  • rétablir l’universalité des allocations familiales et maintenir leur indexation sur le coût de la vie ;
  • revaloriser le minimum vieillesse (ASPA) et le conditionner à la nationalité française ou à vingt ans de résidence en France ;
  • réserver les minima sociaux aux Français ;
  • réformer le RSI qui fonctionnera sur la base de l’auto-déclaration trimestrielle des revenus.

Emmanuel Macron

Le candidat d’En marche ! veut notamment :

  • fusionner les prestations sociales (APL, RSA, prime d’activité…) et automatiser leur versement pour lutter contre le non-recours aux aides sociales ;
  • revaloriser de 100 euros par mois le minimum vieillesse ;
  • augmenter la prime d’activité de 50 %;
  • renforcer la lutte contre la fraude sociale : une faute grave entraînera la suspension de la prestation et son remboursement ;
  • ouvrir l’assurance-chômage aux indépendants et aux salariés qui démissionnent. En contrepartie, la recherche d’emploi sera davantage contrôlée ;
  • supprimer le RSI.

Jean-Luc Mélenchon

Le candidat de La France insoumise propose de :

  • instaurer une allocation d’autonomie pour les jeunes de 18 à 25 ans, d’une durée de trois ans, sous réserve d’une formation qualifiante et sous conditions de ressources ;
  • retirer les contreparties pour l’attribution du RSA et le faire financer par l’Etat ;
  • revaloriser les minima sociaux pour créer une « garantie dignité » (aucun niveau de vie en dessous du seuil de pauvreté) ;
  • revaloriser le minimum vieillesse ;
  • accroître la protection sociale des personnes en perte d’autonomie en réduisant le « reste à charge » de 50 euros par mois pour les personnes en établissement et en augmentant de 50 % le montant de l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) pour les personnes restant à domicile.
  • donner la liberté aux indépendants de s’affilier au régime général de la Sécurité sociale plutôt qu’au RSI.

Philippe Poutou

Le candidat du Nouveau parti anticapitaliste veut :

  • garantir une rémunération à tous les salariés en activité discontinue (saisonniers, intermittents…) ainsi qu’aux personnes dont l’état de santé ne permet pas de travailler ;
  • verser un présalaire égal au Smic aux étudiants.

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