Santé/PsychoVie quotidienne

Veiller au sommeil des ados

Veiller au sommeil des ados


  • Publié le lundi 8 septembre 2008

Les ados manquent de sommeil. Dès 11 ou 12 ans, ils rechignent à aller au lit, et, dans les années qui suivent, ils se couchent de plus en plus tard. En se montrant diplomate, on peut infléchir la tendance.

Sommaire de l'article : page 1 / 3

À l’âge où l’on explore les limites, garder les yeux ouverts à l’heure où il faudrait les fermer fait partie des expériences rituelles. "Veiller tard le soir est la première des révoltes, les ados ont besoin de se prouver qu’ils ne sont plus des petits et qu’on n’a plus à leur dicter l’heure de leur coucher", commente Marine, la mère de Benjamin. L’évolution psychologique joue un rôle dans le décalage qui commence à s’instaurer dès la prépuberté, mais elle n’explique pas tout.

La transformation physiologique concourt également à retarder l’heure du coucher. En effet, au sortir de l’enfance, l’abaissement de la température corporelle qui favorise la venue du sommeil s’effectue un peu plus tardivement. Le décalage est toutefois amplifié par les mœurs des adolescents. "Le soir, je regarde des films sur mon ordinateur, je tchatte, j’envoie des SMS ou je fais des jeux", avoue Benjamin. Les sources lumineuses sont des stimulants, au même titre que le café ou le tabac. Scotchés devant un écran, les adolescents restent artificiellement éveillés, le temps de sommeil dont ils ont naturellement besoin se réduit. Ce n’est pas sans conséquences.

Un déficit important chez les 15-19 ans

Temps de transport oblige, durant les années de collège et de lycée, ils doivent généralement se lever plus tôt que lorsqu’ils fréquentaient l’école du quartier. Pas question, en semaine, de s’attarder au lit le matin. Les besoins des adolescents sont pourtant plus importants que ceux des adultes. Ils devraient en moyenne disposer de neuf heures de sommeil pour être en forme, à peu près autant que des enfants. D’après une enquête TNS Sofres réalisée en 2005 auprès des jeunes de 15 à 19 ans, ils sont 38 % à ne dormir que huit heures et 40 % à dormir sept heures ou moins.

La population dans son ensemble manque de sommeil, mais le déficit s’avère particulièrement important chez les 15-19 ans. "Je dors pendant les pauses ou pendant certains cours, quand la prof fait passer un élève au tableau", raconte Hugo, 16 ans. Benjamin, lui, prétend que sa somnolence ne l’empêche pas d’écouter et qu’elle présente même un avantage : "Je suis moins agité en cours qu’à l’époque où je me couchais plus tôt." 55 % des adolescents somnolent dans la journée au moins une fois par semaine et 30 % d’entre eux ont des endormissements considérés comme pathologiques. Il n’est plus rare que les profs réveillent un élève endormi.

Les adolescents se plaignent rarement de leur manque de sommeil, en tout cas pas à leurs parents, dont ils redoutent les réactions. Le week-end, ils font des nuits de dix, onze, douze heures ou plus. La grasse matinée du dimanche les empêche toutefois de s’endormir à une heure raisonnable le soir pour repartir du bon pied le lundi matin. Elle désynchronise le rythme de sommeil : idéalement, les heures de lever et de coucher devraient être régulières.

À l’âge où l’on explore les limites, garder les yeux ouverts à l’heure où il faudrait les fermer fait partie des expériences rituelles. "Veiller tard le soir est la première des révoltes, les ados ont besoin de se prouver qu’ils ne sont plus des petits et qu’on n’a plus à leur dicter l’heure de leur coucher", commente Marine, la mère de Benjamin. L’évolution psychologique joue un rôle dans le décalage qui commence à s’instaurer dès la prépuberté, mais elle n’explique pas tout.

La transformation physiologique concourt également à retarder l’heure du coucher. En effet, au sortir de l’enfance, l’abaissement de la température corporelle qui favorise la venue du sommeil s’effectue un peu plus tardivement. Le décalage est toutefois amplifié par les mœurs des adolescents. "Le soir, je regarde des films sur mon ordinateur, je tchatte, j’envoie des SMS ou je fais des jeux", avoue Benjamin. Les sources lumineuses sont des stimulants, au même titre que le café ou le tabac. Scotchés devant un écran, les adolescents restent artificiellement éveillés, le temps de sommeil dont ils ont naturellement besoin se réduit. Ce n’est pas sans conséquences.

Un déficit important chez les 15-19 ans

Temps de transport oblige, durant les années de collège et de lycée, ils doivent généralement se lever plus tôt que lorsqu’ils fréquentaient l’école du quartier. Pas question, en semaine, de s’attarder au lit le matin. Les besoins des adolescents sont pourtant plus importants que ceux des adultes. Ils devraient en moyenne disposer de neuf heures de sommeil pour être en forme, à peu près autant que des enfants. D’après une enquête TNS Sofres réalisée en 2005 auprès des jeunes de 15 à 19 ans, ils sont 38 % à ne dormir que huit heures et 40 % à dormir sept heures ou moins.

La population dans son ensemble manque de sommeil, mais le déficit s’avère particulièrement important chez les 15-19 ans. "Je dors pendant les pauses ou pendant certains cours, quand la prof fait passer un élève au tableau", raconte Hugo, 16 ans. Benjamin, lui, prétend que sa somnolence ne l’empêche pas d’écouter et qu’elle présente même un avantage : "Je suis moins agité en cours qu’à l’époque où je me couchais plus tôt." 55 % des adolescents somnolent dans la journée au moins une fois par semaine et 30 % d’entre eux ont des endormissements considérés comme pathologiques. Il n’est plus rare que les profs réveillent un élève endormi.

Les adolescents se plaignent rarement de leur manque de sommeil, en tout cas pas à leurs parents, dont ils redoutent les réactions. Le week-end, ils font des nuits de dix, onze, douze heures ou plus. La grasse matinée du dimanche les empêche toutefois de s’endormir à une heure raisonnable le soir pour repartir du bon pied le lundi matin. Elle désynchronise le rythme de sommeil : idéalement, les heures de lever et de coucher devraient être régulières.

Évaluer la dose de sommeil dont ils ont besoin

La dette de sommeil agit sur l’humeur et sur les performances scolaires, elle est susceptible de provoquer des malaises, des vertiges, des accidents de deux-roues. Elle affecte la santé des adolescents en troublant la production d’hormones de croissance, en diminuant les défenses immunitaires, en réduisant l’élimination des toxines, en perturbant la glycémie au risque de favoriser le surpoids et le diabète. "Je ne vois pas comment on peut obliger un garçon de 16 ans à se coucher à une heure raisonnable", confie Christine, la mère d’Hugo. Un adolescent est à la recherche de lui-même, on peut en profiter pour lui proposer d’évaluer la dose de sommeil dont il a besoin pour être en forme.

Une grille répertoriant la durée du sommeil en périodes de classe et de vacances permet de calculer la durée moyenne qui lui convient. "La perspective d’avoir de meilleures notes pourrait éventuellement me faire coucher un peu plus tôt", avoue Benjamin. Performances scolaires, crainte d’avoir un accident, de ne pas grandir assez, de prendre du poids ou de tomber malade, chaque ado a ses points sensibles. Autant s’en servir pour attirer leur attention sur les risques qu’ils prennent et les inciter à adopter un comportement plus responsable.

L’avis de Dr Éric Mullens, spécialiste des troubles du sommeil

La plupart des adolescents ignorent l’importance et le fonctionnement du sommeil. Une fois qu’ils ont compris pourquoi il est nécessaire de bien dormir, il devrait être possible de leur faire accepter les aménagements nécessaires. Le soir, les excitants (café, thé, vitamine C, coca, alcool) sont à proscrire. Les repas trop copieux et les pratiques sportives sont à éviter.

En seconde partie de soirée, s’attarder devant un écran ne permet pas de se rendre attentif aux signes du sommeil, mieux vaut se délasser dans un bain chaud ou prendre un livre. Il faut leur laisser un peu de champ libre, mais négocier des compromis. Si les problèmes de sommeil s’avèrent importants ou trop difficiles à résoudre, il ne faut pas hésiter à consulter un spécialiste.


Vos réactions

Boutique | Archives | Plan du site | Contacts | Mentions légales | Copyright | Confidentialité