Orthodontie : les adultes osent aussi
Orthodontie : les adultes osent aussi
Longtemps réservée à l’enfant, l’orthodontie séduit de plus en plus d’adultes. Qui bénéficient d’une technique aujourd’hui plus discrète.
Pendant son adolescence, Pascale a arboré un sourire "ferraillé" : il s’agissait de remettre en place des "dents de castor" sur le maxillaire supérieur et d’élargir sa mâchoire, trop étroite et synonyme d’encombrement dentaire. Mais, quand le traitement a été terminé, elle a négligé le suivi et zappé la phase dite de "stabilisation". Résultat : si les dents du bas conservent aujourd’hui un alignement correct, celles du haut ont repris leur fuite en avant. À 41 ans, la jeune femme envisage sérieusement de replonger dans ce qu’elle appelle "l’enfer des bagues". Heureusement pour elle, en un quart de siècle les techniques ont évolué et elles se font plus discrètes.
Comme Pascale, de plus en plus d’adultes se tournent vers l’orthodontie, soit parce qu’après un traitement il y a eu récidive, soit parce qu’ils n’ont pas bénéficié dans leur jeunesse d’un alignement, soit encore parce que la bouche, comme tous les organes du corps, vieillit : les dents ont bougé, se sont déchaussées, se chevauchent…
Peu de contre-indications
L’orthodontie de l’adulte est apparue il y a une vingtaine d’années et elle connaît depuis peu un véritable essor. "Cela est dû au développement de techniques beaucoup moins visibles, mais surtout à l’avènement de la chirurgie maxillo-faciale, confie le Dr Édith Lejoyeux, professeur à la faculté de Garancière, à Paris, et membre de la Fédération française d’orthodontie (FFO). Au départ, nous ne traitions que de petites fautes d’alignement, de petits chevauchements, sur des patients très motivés qui acceptaient de porter des appareils assez voyants. Aujourd’hui, on peut pratiquement tout faire, y compris des interventions sur des mâchoires très déséquilibrées."
Principale contre-indication : la fragilité des racines et un déchaussement dentaire important. Si les dents, la gencive et l’os de soutien sont en bon état, les soins d’orthodontie ne connaissent pas de limite d’âge. En revanche, pour la chirurgie maxillo-faciale qui lui est souvent associée (déplacement de la mandibule, élargissement d’une arcade…), les praticiens sont réticents à intervenir au-delà de 50 ans. "En pratique, la tranche d’âge idéale, c’est 25-40 ans", précise le Dr Lejoyeux.
Les conséquences d’un mauvais alignement
Au-delà des bénéfices esthétiques, l’orthodontie vise à rendre aux dents leurs "fonctions". De nombreuses raisons peuvent conduire à remettre en état une denture, en premier lieu l’inconfort. Le stress conduit nombre de nos contemporains à serrer les mâchoires, grincer des dents, mâchouiller une bonne partie de la journée. Si l’occlusion est mauvaise, cela finit par provoquer des douleurs importantes et des craquements au niveau de l’articulation temporale.
Des chevauchements, un alignement défectueux ont comme conséquence, entre autres, d’empêcher une bonne hygiène dentaire. Or la plaque dentaire favorise le déchaussement des dents. Un mauvais alignement peut provoquer des difficultés de mastication et avoir des répercussions sur la digestion, car les aliments sont insuffisamment broyés avant d’arriver dans l’estomac. Une mâchoire trop étroite peut être responsable de difficultés respiratoires pendant la nuit. L’orthodontie peut être indiquée pour lutter contre l’apnée du sommeil.Page suivante : Des techniques invisibles
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