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Ondes domestiques : quels sont les risques ?
- Publié le mardi 10 novembre 2009
Selon l’Inpes, 40,6 % des Français pensent que les ondes électromagnétiques peuvent favoriser une tumeur au cerveau. L’absence de confirmation scientifique ne dispense pas de mettre en œuvre des solutions pour mieux utiliser le portable, le Wi-Fi…
Sommaire de l'article : page 1 / 12
Un seuil d'exposition aux ondes contesté
En France, le seuil d’exposition aux ondes électromagnétiques produites par les antennes relais de téléphonie mobile a été fixé à 41 V/m (volts par mètre). Les associations, certains médecins et experts européens demandent que la norme soit abaissée à 0,6 V/m. Parmi ceux-ci, le Pr Dominique Belpomme, cancérologue et président de l’Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse, est l’un des plus catégoriques.
En France, le seuil d’exposition aux ondes électromagnétiques produites par les antennes relais de téléphonie mobile a été fixé à 41 V/m (volts par mètre). Les associations, certains médecins et experts européens demandent que la norme soit abaissée à 0,6 V/m. Parmi ceux-ci, le Pr Dominique Belpomme, cancérologue et président de l’Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse, est l’un des plus catégoriques.
Les répercussions cérébrales des ondes
"On sait que les ondes électromagnétiques pénètrent dans l’organisme et produisent des désordres cellulaires au niveau du cerveau, explique le Pr Belpomme. Cela entraîne une souffrance cérébrale qui favoriserait l’apparition de maladies." À l’appui de ses dires, il cite le rapport international Bio-Initiative (2007), selon lequel les ondes agiraient sur nos cellules et provoqueraient des dégâts sur les molécules d’ADN, diminueraient l’efficacité du système immunitaire et perturberaient la production de mélatonine, l’hormone du sommeil.
Des études contradictoires sur les ondes
Les chercheurs de Bio-Initiative vont même jusqu’à affirmer que les ondes électromagnétiques sont responsables de l’augmentation des leucémies chez l’enfant, de l’apparition de tumeurs au cerveau situées du côté de l’oreille d’écoute habituelle, et favoriseraient le déclenchement de la maladie d’Alzheimer.
Ce que confirme le Pr Belpomme : "J’ai procédé à des tests clniques sur l’électrosensibilité. Suite à des imageries médicales réalisées par échodoppler cérébral pulsé et des tests sanguins pour rechercher une augmentation des protéines de stress, j’ai pu mettre en évidence une réelle souffrance cérébrale d’origine environnementale qui peut entraîner, à la longue, l’apparition de la maladie d’Alzheimer."
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Académie nationale de médecine sont loin de partager cet avis. L’OMS assure que l’exposition aux ondes Wi-Fi ne présente aucun risque pour la santé. Et l’académie, dans un rapport de mars 2009 portant sur le risque sanitaire des antennes relais installées par les opérateurs de téléphonie mobile, écarte toute nocivité. "Il est faux de dire que ces ondes sont dangereuses pour la santé humaine, assure le Pr André Aurengo, expert auprès de l’Académie nationale de médecine. À ce jour, aucune preuve scientifique ne permet de l’affirmer. Tel est l’avis unanime des expertises médicales sérieuses."
De nouvelles études sont en cours
Pour se faire une idée des risques imputables aux ondes électromagnétiques, il faudra attendre les conclusions d’Interphone, une vaste enquête menée dans treize pays, dont les résultats devraient être connus à l’automne. Elle se fait sous l’égide du Centre international de recherche sur le cancer, de l’étude menée par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé et l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail.
Le 7 juillet 2009, le gouvernement a mis en place un comité chargé d’évaluer l’impact sur la couverture du territoire et la qualité du service de l’abaissement de la fréquence des ondes émises par les antennes relais à 0,6 V/m. Différentes villes de France se sont portées volontaires : parmi elles, Courbevoie (Hauts-de-Seine), Hérouville-Saint-Clair (Calvados), Le Vigan (Gard) et Niergnies (Nord). Cette étude devrait porter sur plusieurs mois.
En attendant que les experts tranchent leur différend, le principe de précaution impose de suivre des conseils de prudence lors de l’utilisation ou à proximité d’appareils qui dispensent des ondes dans leur environnement.
Se protéger des antennes relais
Lorsque l’antenne est située dans le voisinage d’un appartement (à moins de 30 à 40 m), le taux d’exposition peut atteindre 12 V/m. Il est possible d’équiper ses fenêtres de rideaux en fibre d’argent, un matériau qui diminuerait de moitié la pénétration des ondes. Même résultat avec les volets métalliques, si on les laisse fermés en permanence.
Mieux utiliser le téléphone mobile
Lorsque l’on téléphone, le champ électromagnétique situé au niveau de la tête s’élève à environ 40 V/m. L’intensité varie selon la distance qui nous sépare de l’antenne relais et la qualité de la réception. Lorsque l’on passe ou que l’on reçoit un appel à partir d’un véhicule en mouvement, dans un tunnel, le champ électromagnétique passe à 100 V/m. Lors de la table ronde "Radiofréquences, santé et environnement" du 25 mai 2009, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a recommandé d’opter pour un appareil dont le DAS (débit d’absorption spécifique) n’excède pas 0,2 à 0,3 W/kg.
"Cette information est inscrite sur la fiche technique du téléphone ou le livret qui l’accompagne. Chaque année, le Criirem publie le 'Top DAS' sur son site Internet", précise Pierre Le Ruz, expert européen et président du conseil scientifique du Centre de recherche et d’information indépendante sur les rayonnements électromagnétiques (Criirem).
De même, il est bon de limiter la durée des communications, ou de les fractionner. Utiliser une oreillette permet de diminuer le champ au niveau de la tête à 5 V/m, et avec le mode haut-parleur le taux tombe à 0,5 V/m. Ces mesures sont rappelées dans la brochure gratuite", téléchargeable sur le site du ministère de la Santé. Enfin, la ministre de la Santé déconseille l’usage du téléphone mobile par les enfants de moins de 12 ans et recommande d’en interdire l’utilisation dans les établissements scolaires.
Débrancher le Wi-Fi
L’exposition dépend de la distance : à 1 m, le champ est de 3 V/m ; il passe à 0,5 V/m à 5 m. Pour se prémunir de ces ondes, Pierre Le Ruz conseille d’installer la boîte à distance.
De même, il recommande de la débrancher complètement chaque soir, car même éteinte elle continue d’émettre.Des précautions face au four à micro-ondes
À 50 cm, le champ d’exposition atteint 4 V/m ; à 1,50 m, il s’établit à 1 V/m. Il est recommandé de ne pas rester devant le four à micro-ondes quand il fonctionne. "Il faut aussi savoir que les fours à micro-ondes ont une date de péremption : dès qu’ils ont dépassé les 3-4 ans, il y a de forts risques qu’ils fuient, explique Pierre Le Ruz. Pour savoir si c’est le cas, il faut les faire tester par un électricien."
S'éloigner des téléphones sans fil type DECT
Les téléphones sans fil émettent eux aussi des ondes électromagnétiques : à 1 m, les champs s’élèvent à 3 V/m ; à 5 m, ils sont de 0,5 V/m. Leur base émettant en permanence, il est déconseillé de les placer sur une table de nuit ou sur un bureau, où ils seraient trop proches de la tête.
Attention aux ampoules "basse consommation"
Utiles pour diminuer notre impact sur l’environnement, les ampoules "basse consommation" seraient néfastes pour notre santé. "Allumées, elles atteignent, à 20 cm, entre 4 et 180 V/m pour des puissances de 11 à 20 W, assure Pierre Le Ruz. Il faut attendre 1 m pour retrouver une valeur de 0,2 V/m. Les personnes qui utilisent ce type d’ampoules comme lampe de chevet, sur leur table de travail ou leur bureau peuvent être exposées, selon la distance et la puissance, à des champs électriques allant de 2 à 100 V/m, voire plus." La solution : s’équiper d’ampoules LED.
Mesurer les champs électromagnétiques
Le Criirem ou un électricien spécialisé peuvent procéder à des mesures du champ électromagnétique (CEM). Selon le lieu de résidence et la surface de l’habitation, l’expertise coûte de 200 à 1 000 €. On peut aussi effectuer soi-même ces tests pour environ 200 €, grâce à des appareils disponibles sur Internet ou dans les grands magasins d’électroménager.
Contacts
- Agence nationale des fréquences : l’emplacement des antennes relais installées à proximité de son habitation ou de l’école des enfants ainsi que le niveau d’exposition se trouvent sur le site www.cartoradio.fr
- Association Robin des Toits : 01 43 55 96 08 et www.robindestoits.org
- Criirem : 02 43 21 18 69
- www.inpes.sante.fr : site de l’Inpes
- www.sante-sports.gouv.fr : site du ministère de la Santé