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Adolescents : la sexualité sans risques
Adolescents : la sexualité sans risques

Par inexpérience ou insouciance, les jeunes sont davantage exposés aux infections sexuellement transmissibles et aux grossesses non désirées. Le recours à la pilule et au préservatif est un apprentissage que les parents peuvent accompagner.
La situation de la France est paradoxale… Alors que neuf femmes sur dix utilisent un moyen de contraception, une des proportions les plus élevées au monde, le nombre d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) reste stable - 200 000 par an - et continue d’augmenter chez les jeunes, plus de 30 000 par an chez les moins de 20 ans en 2007. Chez les adolescentes, deux tiers des grossesses ne sont pas prévues ! Et les infections sexuellement transmissibles (IST) sont en nette progression.
Pourquoi les adolescents sont-ils exposés ?
En théorie, la contraception est facilement accessible, et même gratuite pour les mineures dans les centres de planning familial… Mais ces centres ne sont pas toujours connus, ou trop éloignés et, lorsqu’une jeune fille ne veut pas que ses parents soient au courant, ce n’est pas si simple de se faire prescrire une pilule.
L’âge moyen des premiers rapports sexuels n’a pourtant pas diminué : 17 ans pour les garçons et 17,5 ans pour les filles. Mais souvent, à cet âge, il n’y a pas de partenaire régulier, les rapports sexuels sont imprévisibles, surtout en vacances.
Si on se contente du préservatif, encore faut-il l’exiger et apprendre à l’utiliser ! "La fille accepte souvent de faire l’amour sans préservatif pour faire plaisir au garçon, mais il est important qu’elle ne cède pas sur ses propres valeurs et refuse un rapport non protégé. Le préservatif doit être mis dès les préliminaires, car à cet âge la fécondité est très élevée et il suffit parfois d’une éjaculation à la vulve pour se trouver enceinte. Les garçons devraient s’entraîner tout seuls avant", conseille le Dr Marie Veluire, gynécologue obstétricienne à Athis-Mons.
Quand et comment prendre la pilule
Seul moyen de se protéger des infections sexuellement transmissibles et du sida, le préservatif n’est pas toujours fiable, car souvent mal utilisé, et les "accidents" sont nombreux.
En cas de relations sexuelles régulières, mieux vaut prendre aussi la pilule. En théorie, son efficacité est excellente… Seuls les oublis, ou les arrêts parce qu’elle est mal supportée ou "parce qu’on n’a pas de copain en ce moment", réduisent nettement son efficacité."Je conseille de la prendre plutôt le matin que le soir pour une plus grande régularité et d’emporter toujours une plaquette dans son sac pour rattraper un oubli en moins de douze heures. Pour y penser, on peut faire sonner son portable", explique le Dr Juliane Berdah, gynécologue à Paris.
Pendant les vacances, attention au décalage horaire, aux vomissements dans les trois heures qui suivent la prise et à la "turista"… qui peuvent rendre la pilule inefficace.
Pour démarrer la pilule, il faut attendre deux ans après les premières règles. Les contre-indications sont rares, sauf en cas de risque familial de thrombose. "Lorsque la jeune fille vient avec sa mère, je demande à celle-ci de nous laisser seules pour que sa fille puisse parler librement. Pas besoin d’examen particulier, juste une prise de sang trois à six mois après pour un bilan lipidique. Le frottis est recommandé seulement à partir de 25 ans, ou après cinq ans de vie sexuelle avec plusieurs partenaires", détaille le Dr Veluire.
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