Vivre avec un Calimero

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Pas d’inversion des rôles

Mais il suffit que l’un des protagonistes évolue pour que la relation bascule et se transforme en incompréhension. Estelle a été d’autant plus déçue que sa mise au chômage, difficilement vécue, n’a pas attiré le soutien de Patrice, dont les conseils avisés se limitaient à lui dire de "se remuer un peu plus". Non, les Calimeros n’ont pas la faculté d’inverser les rôles. Ils sont les victimes mais ne peuvent devenir les aidants. C’est trop leur demander. Quant à ceux qui côtoient un pleurnichard sans avoir l’étoffe d’un protecteur, cela peut devenir pour eux un enfer.

Laura, étudiante de 24 ans, n’a pas supporté sa colocataire qui déversait ses griefs à flot continu. Elle s’indigne : "Tout y est passé : ses parents, son ex-copain, les profs, les difficultés d’argent… Avec elle, j’avais le moral à zéro. Dès que j’allais voir d’autres amis, elle 'chouinait' que je la laissais tomber. S’il manquait du beurre dans le frigo, c’était une catastrophe ! J’ai dû déménager avant de l’étrangler." La vie avec un geignard n’est ni tonique ni très gaie. Pire encore, en famille, les enfants perçoivent l’image d’un parent impuissant, qui n’a pas prise sur les événements.

La fierté de soi, ça s’apprend !

Pour faire évoluer la situation, le Calimero doit se forger d’autres armes et prendre du recul. L’entourage peut l’y aider.

  • Règle numéro un : ne pas s’affoler devant le problème à résoudre, tel qu’il est exposé par la victime, car celle-ci a tendance à dramatiser. Souvent rien n’est hiérarchisé, tout est ressenti comme grave. Les points positifs sont gommés au profit de ce qui paraît insoluble.
  • Règle numéro deux : examiner ensemble les enchaînements de difficultés pour voir à quel moment et sous quelle forme il est possible d’agir. Le Calimero, souffrant d’une mauvaise image de soi, ne s’imagine pas en train d’agir. Il se sent soumis aux autres et ne se donne pas le droit d’affirmer ses désirs propres.
  • Règle numéro trois : donner à notre ami des exercices pratiques. Il faut le convaincre que, non seulement il peut agir pour lui-même mais, mieux encore, d’autres personnes peuvent être en droit de compter sur lui.

Mis au pied du mur, il peut découvrir des ressources insoupçonnées d’énergie, de courage ou de pugnacité. S’il n’a aucune esquive possible ou s’il est en charge de plus faible que lui, le poussin devient souvent un coq combatif, monté sur des ergots puissants. La fierté de soi-même s’apprend. Renverser une tendance depuis trop longtemps installée exige de vivre de nouvelles expériences positives qui se répètent. C’est d’abord le regard des autres qui affermit la confiance en soi. Le respect et l’admiration se méritent mais le jeu en vaut la chandelle.

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