Vivre avec un Calimero

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En recherche de reconnaissance

On aurait bien dû y penser : s’il fait surgir chez l’autre un puissant instinct maternel de protection, c’est que cette personnalité est en recherche de reconnaissance. Peu sûre d’elle, elle joue de sa fragilité mais c’est une arme à double tranchant. Elle attire les gentils attendris mais aussi les ennuis, car les requins impitoyables ont envie de la croquer. Au travail, particulièrement, où les plaintes et le manque d’envergure ne font pas pitié, loin de là.

C’est à la maison qu’elle va déverser ses griefs, devenant même tyrannique si elle n’a pas une attention exclusive. Restaurer le narcissisme défaillant d’autrui n’est vraiment pas une mince affaire et, pour tout dire, on s’y épuise.

Compter sur sa gratitude ne coule pas de source. Passé le moment de plainte, c’est en effet toute une remontée agressive que l’on va recevoir. Il est plus facile d’attaquer ceux qui vous veulent du bien que les "méchants" que l’on n’ose pas affronter. Loin de se remettre en question ou de faire face aux vrais ennemis, le faible va accuser son protecteur de n’en faire jamais assez.

Une relation à sens unique

Estelle a mis longtemps à comprendre que sa relation avec Patrice l’enfermait. Le divorce lui a paru la seule solution. Elle analyse : "Rien n’est le fait du hasard, je suis l’aînée d’une famille de quatre enfants, habituée à gérer et aider les plus jeunes. Avec mon mari, j’ai gardé ce rôle-là. Non seulement il comptait sans arrêt sur moi, mais il m’accusait si la solution ne venait pas assez vite".

"Il se faisait avoir par le garagiste et je devais renégocier derrière lui. Il ne comprenait rien à ses dossiers de Sécu ? Je devais me dépatouiller auprès de l’Administration. Après avoir pris sa défense lors d’un héritage où je suis passée pour la méchante aux yeux de tous, j’ai enfin compris que j’étais victime d’une sorte de manipulation morale. C’est la goutte d’eau qui a tout fait déborder", conclut-elle.

Le pendant du syndrome de Calimero serait-il celui de saint Georges, pourfendeur de dragons ? Toujours sur la brèche, les protecteurs cherchent aussi à se revaloriser. Ils n’aiment rien tant que l’admiration de leurs proches. La relation s’établit non sur le partage mais sur la réparation. Tout fonctionne bien si l’on se sent un cœur de maman ou si l’on a envie d’une certaine forme de pouvoir.

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