Santé/PsychoPsycho

Vaincre sa peur de l’avion


  • Publié le lundi 7 juillet 2008

Sommaire de l'article : page 4 / 5

Un vol en simulateur

Air France propose un stage anti-stress aéronautique sur une journée par groupe de quatre. Après un entretien avec un psychologue, le groupe suit un module de gestion du stress, un cours d’aéronautique, et une séance dans un simulateur de vol. Coût du stage : 600 € (prise en charge possible par une convention de formation).

Tél. : 01 41 56 47 56.
Courriel : antistress@airfrance.fr.

Nombreuses sont les personnes victimes de crises d’angoisse plus ou moins fortes en prenant l’avion ; pour quelques-unes, cela peut aller jusqu’à l’accès de panique. "On estime que 10 % de ceux qui auraient besoin de voyager ne le font pas ou limitent leurs déplacements parce qu’ils ont peur de l’avion. Et en cas de turbulences, c’est plus d’un passager sur quatre qui angoisse", explique Marie-Claude Dentan, psychologue, spécialiste du stress aéronautique.

Savoir identifier sa peur

Cette peur est souvent dissimulée parce que jugée irrationnelle et puérile, ce qui est regrettable, car c’est l’une de celles qui se guérissent le mieux. Avant d’envisager de vaincre sa peur, il faut apprendre à la reconnaître : en effet, les craintes vis-à-vis de l’avion ne sont pas les mêmes pour tous. On peut les diviser en deux catégories.

Méconnaissance technique : cette catégorie concerne les passagers qui ne comprennent pas comment une telle masse peut décoller, comment vole un avion, pourquoi il ne tombe pas. Et parce qu’ils ignorent la technique et les phénomènes météorologiques, ils sont souvent pris d’une terreur irrationnelle lors des turbulences. Dans cette catégorie se retrouvent aussi les « décideurs », hommes ou femmes à hautes responsabilités qui ne supportent pas de perdre le contrôle et de confier leur vie à quelqu’un d’invisible en restant inactifs.

Troubles psychologiques : ce groupe englobe les sujets dont la peur est d’origine psychologique, ceux qui souffrent d’anxiété, qui vivent dans l’anticipation du pire et majorent systématiquement les risques. Pour les anxieux, le moindre bruit ou mouvement donne lieu à des tourments. "Ils devraient pourtant se sentir sécurisés par l’aéronautique, qui ne laisse jamais rien au hasard, souligne Marie-Claude Dentan. Et communiquer avec le personnel navigant peut suffire à désamorcer bien des angoisses inutiles…"

Angoisses et phobies

D’autres peuvent avoir développé une phobie focalisée uniquement sur l’avion pour des raisons diverses (stress posttraumatique, par exemple). Il leur est parfois impossible de pénétrer dans un aéroport, et la simple vue d’un avion dans le ciel peut les oppresser terriblement.

Viennent enfin les sujets souffrant de claustrophobie (peur de l’enfermement), d’acrophobie (peur de la hauteur) ou d’agoraphobie (peur de l’espace et de la foule). Ils fuient aussi bien l’avion que les ascenseurs, les magasins, etc., et répugnent même à s’éloigner de chez eux. Ils ont souvent vécu une crise de panique et ont "peur de leur peur" : en effet, les attaques sont décrites comme si pénibles que les victimes ont cru devenir folles ou mourir.

Pour les troubles psychologiques, il existe des traitements graduels. Cela passe d’abord par l’apprentissage de techniques de relaxation pour mieux contrôler ses émotions. Les anxieux apprendront ainsi à maîtriser leurs pensées négatives et pourront être calmés par les réponses du personnel de bord, qui est formé à l’écoute des passagers.

Si une crise d’angoisse saisit le voyageur avant la montée dans l’avion, il peut se rendre auprès du service médical de l’aéroport, qui dispose de médecins aptes à gérer la crise. Les phobiques devront s’exposer progressivement à l’objet redouté pour se "désensibiliser" : regarder une photo d’avion pendant une minute, puis dix, aller à l’aéroport, accompagné, puis seul, ensuite prendre un vol court avec un ami.

Enfin, lorsque l’anxiété rend la vie impossible et que les personnes n’arrivent pas à surmonter seules leurs angoisses, le mieux est de consulter un spécialiste, psychiatre ou psychologue, pour suivre une thérapie, en général rapidement efficace.

La force de la preuve

Ceux qui manquent d’informations consulteront utilement des ouvrages techniques et des sites Internet spécialisés. De même qu’il suffit souvent d’apporter aux décideurs la preuve de la formation supérieure et continue des pilotes pour que tout rentre dans l’ordre.

Quelques règles s’appliquent à tous : ne pas cumuler les facteurs de stress, éviter la préparation des bagages en urgence, les réunions avant le départ, les horaires compliqués, les attentes sans distractions (feuilleter magazines et guides à ce moment-là).

En cas de montée d’angoisse avant le vol, il est recommandé de communiquer dès l’arrivée à bord avec le personnel navigant et de demander à être placé près du couloir à l’embarquement afin de faciliter la communication. Quant aux médicaments, il ne faut en prendre que sur prescription médicale. Le somnifère est inadapté : il soigne les problèmes d’insomnie, pas l’anxiété. En conclusion, Marie-Claude Dentan rappelle ces chiffres, plus parlants qu’une thérapie : "En 2004, il y a eu 1,8 milliard de passagers et moins de 600 morts." Bon vol !

Un vol en simulateur

Air France propose un stage anti-stress aéronautique sur une journée par groupe de quatre. Après un entretien avec un psychologue, le groupe suit un module de gestion du stress, un cours d’aéronautique, et une séance dans un simulateur de vol. Coût du stage : 600 € (prise en charge possible par une convention de formation).

Tél. : 01 41 56 47 56.
Courriel : antistress@airfrance.fr.

Plus d’infos

Association française de thérapie comportementale et cognitive

www.aftcc.org

www.abm.fr/avion/gvavaincrepeur.html

www.volersanspeur.com

www.aviationpassion.org

www.meteofrance.com/FR/pedagogie/index.jsp


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