Souffrance au travail : comment faire face

Page 1 / 4
Souffrance au travail : comment faire face

On ne choisit pas ses collègues et encore moins sa hiérarchie. Mais on peut éviter de se laisser miner par des difficultés professionnelles.

Avoir un travail, c'est nécessaire d’un point de vue économique, mais c'est aussi important sur le plan personnel. Car le travail représente un élément central de la construction de soi, de l’autonomie et de l’accomplissement individuel. Pourtant, il y a des jours où la vie professionnelle donne irrésistiblement envie de claquer la porte ou de prendre une retraite prématurée. Et même pire, comme nous le rappelle régulièrement l’actualité. Le mal-être sur le lieu de travail progresse dans notre pays.

Comment éviter d’en arriver là ? Aubert Allal, coach en management et développement personnel, et Marie Pezé, psychologue, psychanalyste et psychosomaticienne, qui a créé en 1997 la première consultation "Souffrance et travail", nous conseillent pour bien réagir face à certaines situations professionnelles difficiles.

Jamais de promotion

"Je suis secrétaire depuis cinq ans dans la même entreprise et, on ne m’a jamais rien reproché. Pourtant deux collègues ont eu de l’avancement et pas moi."

Les conseils du coach

Rien n’est plus frustrant que d’avoir l’impression de ne pas occuper le poste que l’on mérite ou de voir notre valeur pas reconnue. Ce sentiment d’injustice instille le doute : pourquoi elle et pas moi ? Mais s’est-on donné les moyens ? Un supérieur peut être content de notre travail et ne pas penser à nous augmenter ou à nous octroyer une promotion si on ne la réclame pas.

Et si l’on ne "revient pas à la charge", comment comprendra-t-il que c’est important pour nous ? Lorsqu’on s’est heurté à plusieurs refus, une négociation reste possible : il acceptera peut-être de nous verser une prime ou de nous payer une formation ? En cas de nouveau refus, ou si nous tenons à notre promotion, il faut valoriser notre potentiel, tout en développant nos compétences, afin de trouver du travail ailleurs.

L’avis du psychologue

L’entretien annuel d’évaluation offre l’occasion de demander une augmentation ou une promotion lorsqu’on a atteint les objectifs fixés. En cas de refus, il faut demander pourquoi, ne surtout pas rester dans le flou. Tout en sachant que, dans certaines entreprises, c’est une technique de management que de récompenser quelques salariés et pas les autres, afin d’exacerber la compétition.

Mutations à répétition

"Mon entreprise ayant été rachetée, j’ai été envoyé dans une filiale, à 60 kilomètres de chez moi. Puis, les services ont été regroupés et j’ai dû quitter mon bureau pour un open space. Aujourd’hui, on voudrait me muter dans une autre succursale."

Les conseils du coach

illustration Expert
Sur l’échelle du stress, le déménagement arrive en cinquième position sur cent ! C’est une réelle épreuve, qui impose de reconstruire les bases de notre sécurité : nos repères dans l’espace, nos habitudes (trajets, activités pendant la pause déjeuner, etc.). À chaque mutation, il faut en outre s’adapter à une nouvelle équipe.

Il existe aussi une stratégie de management qui impose des changements fréquents, parce que les dirigeants sont convaincus que le confort entraînerait du laisser-aller et nuirait à la performance. De telles pratiques découlent souvent d’une suspicion de la part de l’employeur. Le salarié français est le troisième mondial en terme de productivité horaire. Pourtant, l’idée qui domine est qu’il est paresseux et ne pense qu’à ses RTT, d’où les open space où tout le monde surveille tout le monde, sous prétexte de communication et de convivialité.

Alors qu’on sait très bien que "l’alerte" permanente épuise les ressources. Que faire dans une telle situation ? On peut en profiter pour remettre à plat tout ce qui n’allait pas et tenter d’améliorer ses conditions de travail. Mais si on sent que ses limites d’adaptation sont atteintes, on peut aussi refuser de suivre, quitte à négocier son départ.

L’avis du psychologue

La "mobilité forcée", d’abord imposée par les restructurations, est devenue un dogme qui fait des ravages, à France Télécom comme ailleurs. Il s’agit d’une application au premier degré des manuels anglo-saxons. Mais l’environnement est très différent. Aux États-Unis, dès que des nouveaux venus emménagent, il existe une entraide très forte : les voisins, des membres de l’église, viennent dans l’heure, etc.

De plus, la mobilité y est généralement assortie de promotion. De même, l’entreprise américaine parie sur vous : un stagiaire n’est pas exploité, mais formé ; les dirigeants distribuent des bonus à tous les salariés et n’hésitent pas à les féliciter quand ils font du bon travail. En France, au lieu de gratifications, on récolte 20 % d’objectifs en plus pour l’année suivante ! Face à de telles méthodes, il est très important, voire essentiel, de comprendre que les brimades n’ont rien de personnel.

2 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par tornade Vendredi 04 février 2011
je suis angoissée parce que mon mari ne va pas bien dans son travaille. Sous prétexte que vous etes les derniers arrivés vous devez faire tout ce que les autres ne veulent pas faire, et travaille aussi les jours que les autres ne veulent pas. J'ai jamais entendus sa mon mari a fait 22 de tension, il ne dort pas et moi non plus il souffre ainsi que moi c'est très dure en plus nous sommes reconnus travailleur handicapés mais nous sommes pas considérer comme cela. On n'en a rien à foutre de notre souffance. bref on ne sait pas combien de temp sa va durer\r\non en a marre\r\n
Par Ninou Jeudi 23 septembre 2010
Bonsoir,
Je connais le "système productivité à tout pris" depuis quelques années maintenant... Mes collègues (anciens dans l'entreprise) n'ont jamais eu le courage de dire qu'ils avaient trop de travail : j'ai calculé ma charge hebdomadaire qui atteignait environ 55 heures par semaine, sans compter les imprévus. Nous n'étions pas remplacés pendant les congés, et la charge continuait à augmenter pendant notre absence...
Le stress a pris le dessus, puis ma santé s'est complètement détériorée... Crises d'angoisse, insomnies, migraines, etc.
Etant la seule à parler de mes soucis, j'ai eu plusieurs arrêts de travail en maladie, puis à ce jour je suis en rupture conventionnelle...
Il est tout de même dommage de nos jours d'en arriver là... J'avais un poste à durée déterminée, et je vais devoir tout reprendre à zéro en temps de crise... Mais j'avais le choix entre : continuer et ne plus pouvoir me soigner ou arrrêter et avoir une chance de retrouver la santé...
La direction n'a toujours pas compris pourquoi je partait réellement puisque mon poste de travail a été répartit sur mes collègues débordés : "ils auraient mieux fait de me suivre dans mes démarches : mais la solidarité actuellement n'a plus l'air d'exister..." Quel dommage...
Votre pseudonyme apparaîtra en signature de votre réaction.
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.


Règles de conduite

  • Tous les propos contraires à la Loi sont proscrits.
  • La publicité commerciale n'est pas autorisée.
  • En réagissant à cet article, vous autorisez la publication en ligne de votre contribution.
  • Une orthographe et une mise en page soignées facilitent la lecture : évitez majuscules et abréviations, pensez aux accents.