S’autoriser le droit à l’erreur

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S’autoriser le droit à l’erreur

Dans une société de compétition, difficile de ne pas se laisser déstabiliser par ses échecs. Mais attention : la peur de décevoir peut mener à l'immobilisme. Finalement, ce qui compte ce n'est pas l'erreur, mais la façon de la surmonter.

Perpétuellement insatisfaits

Un enfant qui redouble, un plat longuement préparé qui se révèle médiocre, un permis de conduire raté ou une promotion qui nous est refusée… Tous les échecs sont des coups portés à notre confiance en nous. C’est pourquoi chacun s’en relèvera plus ou moins facilement selon la hauteur de son capital confiance. Les personnes qui en manquent cruellement auront tendance à culpabiliser au moindre écart par rapport à un monde qu’elles voudraient parfait.

C’est malheureusement un désarroi de plus en plus fréquent dans notre société qui exacerbe la compétition, exigeant une performance sans faille, 24 heures sur 24, dans tous les domaines. "Quasiment tous mes patients sont perfectionnistes, confirme Sylvie Tenenbaum, psychothérapeute. Perpétuellement insatisfaits d’eux-mêmes, parce qu’ils placent la barre trop haut, ils vivent en outre dans un stress permanent." Quand on ne s’autorise pas le moindre droit à l’erreur, toute action, en effet, devient un défi quasiment insurmontable.

Ne rien entreprendre plutôt que risquer d’échouer ?

"Même inviter des amis à dîner me pèse, tant je voudrais que tout soit réussi", reconnaît Aline, 60 ans. Du coup, évidemment, elle reçoit rarement. "Le mieux est l’ennemi du bien, souligne Sylvie Tenenbaum. Corriger et recorriger dix fois un texte, ne voir que le point trop grand, la tache sur son chemisier, la faute qui a échappé, ne constitue plus un atout conduisant à se dépasser, mais un réel handicap."

Le perfectionnisme aigu est paralysant. Quelle meilleure solution que d’éviter d’agir pour échapper à la crainte de ne pas être à la hauteur ? Certains, comme Dominique, font de la procrastination : "Comme je me fixe des objectifs très ambitieux, je redoute de ne pas les atteindre, je perds confiance dans mes moyens et l’angoisse monte. Résultat : je repousse à la dernière limite le moment de me mettre au travail et de me confronter à 'l’heure de vérité'."

D’autres limitent leurs ambitions, car se mettre trop en avant les exposerait à la critique, ou vont jusqu’à se refuser des relations affectives, de peur d’être rejeté ou de se tromper. "J’en ai passé, des journées dans ma chambre à ne rien faire ! s’exclame Laura, 26 ans. Je rêvais de réussite et du prince charmant, mais je préférais me réfugier dans mon monde plutôt que de me confronter à la réalité."

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