Révéler son homosexualité à sa famille
Révéler son homosexualité à sa famille
Comment annoncer son homosexualité à ses proches sans susciter une réaction de rejet ? Un cheminement difficile, qui nécessite une bonne dose de dialogue... et parfois du temps.
A chacun sa méthode
Laisser entendre sa préférence sexuelle sans la déclarer ouvertement ou faire son "coming out", selon l’expression consacrée, est l’alternative devant laquelle se retrouvent ceux et celles qui ne supportent plus de jeter un voile discret sur leur homosexualité. "À partir du moment où j’ai rencontré Alex, je voulais vivre notre relation au grand jour, plus question de dissimuler." Raphaël a donc choisi dans un premier temps de se confier à sa mère : "Je lui ai dit que j’avais trouvé la personne avec qui passer ma vie et elle a semblé ravie parce qu’elle me trouvait épanoui. À partir de là, j’ai osé lui parler d’Alex."
Sandrine a préféré se taire sans chercher à dissimuler sa vie privée : "Avec Célia, nous nous sommes rencontrées sur les bancs de la fac, à un moment où partager son logement avec une colocataire n’avait rien d’exceptionnel. Par la suite, on a continué à habiter sous le même toit. On passait aussi tous nos week-ends et nos vacances ensemble sans que personne s’en étonne."
Sandrine n’a pas refusé de clarifier sa situation, mais elle n’a rien voulu provoquer non plus : "C’était sûrement impossible pour mes parents de connaître la réalité. Ils ont préféré maintenir un flou autour de ma vie. Ils savent sans savoir vraiment." Seul le frère de Sandrine est dans la confidence. "C’est une demi-mesure, confie-t-elle, mais cela me convient. Il ne se passe pas un anniversaire ou une fête auxquels Célia ne soit pas conviée, et cela même par la famille élargie !"
Difficile de s’affranchir de la norme
Parce que cette différence s’inscrit au sein d’une société qui a pour norme l’hétérosexualité, elle est source de difficultés et de souffrances. "Quand je me suis rendu compte, à l’adolescence, de mon attirance pour les garçons, je me suis senti très seul, se souvient Pierric. J’ai commencé par lutter contre cette idée parce qu’à 14 ans j’étais moi-même victime des clichés qui entourent la représentation de l’homosexualité."
"C’est un fait, constate Paulo Queiroz, psychanalyste. La perception négative que la société véhicule existe aussi chez ceux qui découvrent leur homosexualité sous la forme d’une homophobie intériorisée. Cette période est d’autant plus difficile à vivre que les parents, s’ils se posent des questions, ne veulent surtout pas s’y attarder, en se disant que 'cela passera'. C’est une forme de protection contre une réalité inacceptable." Et Pierric d’ajouter : "Dans un premier temps, j’ai eu honte, je me sentais coupable."Page suivante : Accepter son homosexualité
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