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Quand décider de suivre une thérapie de couple ?
Quand décider de suivre une thérapie de couple ?

Communication rompue, incompréhension ou disputes : le recours à un spécialiste peut aider un couple à sortir de l’impasse. À condition de convaincre le conjoint de tenter l’aventure.
A chaque tentative pour persuader son mari de l’importance de rencontrer une conseillère conjugale, Blandine était renvoyée dans ses buts. Pourtant, de son point de vue, l’ennui et la routine minaient son couple : "C’était diffus mais destructeur. Les habitudes avaient remplacé le plaisir d’être ensemble, surtout depuis le départ des enfants." Blandine n’a pas baissé les bras, persuadée que leur relation était en jeu.
Difficile de crever l’abcès
"Le plus dur, c’est d’admettre que le couple bat de l’aile, constate Yves. Tant qu’il n’y a pas d’événement déclencheur, on fait l’autruche plutôt que de crever l’abcès." Lui se souvient d’avoir laissé tomber devant une compagne qui ne voulait pas entendre parler de thérapeute.
"L’éloignement professionnel avait cédé la place à l’éloignement tout court, mais nous ne parlions jamais de cette distance entre nous", regrette-t-il. "C’est difficile d’être dans la position de celui qui pointe les difficultés, renchérit Blandine. Devant l’incompréhension affichée de Roland, j’étais tentée de renoncer à agir."
Dépasser la peur d’être jugé
Même pris dans la tourmente d’une crise grave, "on conçoit difficilement d’aller déballer les problèmes de son couple devant un étranger", confie Jean-Louis. Pourtant, selon sa compagne Marie, ils sont passés à deux doigts de la rupture : "J’avais perdu la confiance de Jean-Louis et chaque discussion tournait à la dispute. Lui insistait pour consulter un psy, mais je ne supportais pas l’idée de rencontrer un inconnu qui aurait pu me juger."
Réticence, crainte ou fierté de se dire que l’on peut s’en sortir seul, les arguments ne manquent pas. "La peur d’entamer ce travail cache souvent une réelle appréhension de ce que l’on va découvrir", analyse Maryse Pascaud, conseillère conjugale et familiale dans le Gers, qui assimile ce déni de la souffrance à une protection. "Certains préfèrent ne rien savoir, plutôt que d’avoir ensuite à se remettre en question ou prendre des décisions importantes", regrette-t-elle.Pourtant, il ne s’agit pas de se trouver en position d’accusé face à un tribunal, comme le redoute Marie, mais plutôt d’être écouté dans cet "état des lieux" du couple. "Nous sommes des facilitateurs de parole, continue Maryse Pascaud. Chacun peut exprimer ses doutes ou ses regrets face à un tiers, et nous aidons à rétablir le dialogue, sans heurts."
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