Mon ado n'est plus un enfant !
Mon ado n'est plus un enfant !
Attention au retour au bercail !
Un adulte contraint de s’attarder chez ses parents ou d’y revenir risque de prendre goût à se faire choyer. "J’ai un peu l’impression d’avoir un grand bébé qui a besoin d’être rassuré", avoue Élisabeth. Attention au piège ! "Les parents qui ont peur de vieillir ont tendance à maintenir la génération suivante dans la dépendance pour garder l’illusion de leur propre jeunesse", avertit le Dr Patrice Huerre, psychiatre.
Du côté des jeunes (et moins jeunes) adultes, l’envie de régresser est d’autant plus forte qu’ils perçoivent le monde extérieur comme menaçant. Du côté des parents, même si l’on proteste contre les abus de leur grand enfant, on se laisse facilement ramener en arrière et on s’en occupe comme lorsqu’il était petit : ménage de sa chambre, lessive, préparation des repas… jusqu’à l’infantiliser, l’étouffer. En cas de cohabitation forcée, la vigilance s’impose donc de part et d’autre. Elle est nécessaire pour mettre en place une relation d’adulte à adulte, consciente des devoirs de chacun et basée sur un respect mutuel.L’avis du Dr Francis Curtet, psychiatre
L’idée de sa propre mort demeure longtemps quelque chose d’abstrait. Les enfants et les adolescents ne croient pas qu’ils vont mourir un jour, c’est trop loin pour eux, d’où la nécessité de les mettre en garde contre les prises de risque. On est successivement enfant, adolescent, puis adulte, mais en réalité on est un patchwork de tout cela. On risque d’enrayer leur évolution si l’on empêche les enfants de prendre des responsabilités. Il est important de les laisser progressivement explorer le monde extérieur et faire leurs choix. On peut les exhorter à travailler, mais c’est à eux de décider de leur orientation, à eux de choisir avec qui et comment ils ont envie de vivre.
Autre article : Veiller au sommeil des ados
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