Mon ado n'est plus un enfant !
Mon ado n'est plus un enfant !
Arrêtez de vous inquiéter pour moi !
Mélodie, 15 ans, en a assez d’avoir ses parents sur le dos : "Je sais que je ne dois pas monter sur le scooter de mon copain sans casque, pas boire d’alcool, pas fumer de joints ! Ils me bassinent à me répéter tout le temps la même chose !" L’âge des nouvelles expériences et des confrontations aux dangers de la vie rend les adultes anxieux. "La prise de risque commence dès que l’enfant se met à marcher et c’est ce qui lui permet de grandir. Garder son enfant avec soi pour le protéger n’est pas normal. Il faut se faire violence", affirme Marie-France Le Heuzey, psychiatre.
L’adolescence n’est que la continuation d’un processus entamé depuis longtemps. Les jeunes ont besoin de moments en dehors de leur famille, de plages de liberté, d’argent de poche géré par eux-mêmes. Il n’empêche qu’on a le droit, quoi qu’ils en disent, de s’inquiéter pour eux. "Les ados ont souvent l’illusion qu’il ne peut rien leur arriver. Ils n’ont pas la conscience du danger, il leur arrive même de le rechercher délibérément", avertit le Dr Le Heuzey.
Nous n’avons pas tous la même perception des risques. Si l’alcool et la drogue font consensus, il n’en va pas de même pour les deux-roues ou les sports extrêmes. Les parents motards ou ceux qui pratiquent l’escalade ne vont pas interdire à leurs enfants l’accès à ces activités. Si les règles pour éviter les situations de danger varient, elles doivent toujours être clairement énoncées. Tout comme les tolérances familiales concernant la vie sexuelle des ados : certains parents acceptent d’abriter leurs amours sous leur toit, d’autres non. "Dans tous les cas, les parents demeurent libres d’exprimer leur opinion et d’exiger le respect du cadre familial", insiste le Dr Le Heuzey.
Besoin d’être rassuré
Après être entrés en trombe dans l’adolescence et avoir pesté contre l’omnipotence parentale, les jeunes adultes ont quelquefois du mal à prendre une totale indépendance. "Mon fils de 24 ans, Victor, revient à nouveau à la maison. La première fois, sa petite copine l’avait 'débarqué' et il n’avait pas envie de rester seul. Maintenant, il a perdu son travail et ne peut pas conserver son appartement", confie Élisabeth, sa mère. Instabilité des relations amoureuses, difficulté de trouver un emploi stable, coût du logement, la conjoncture ne favorise pas leur envol.
Les retours "au nid" ne sont pas rares, les coups de pouce financiers non plus. "Ces aléas font que leur statut social n’est pas clair, commente Robert Ebguy, sociologue. Ils n’arrivent plus à construire leur identité d’adulte et sont en demande de sécurité. Or le seul endroit qui demeure sécurisant est le foyer de leurs parents."
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