Mon ado commet des délits : que faire ?
Mon ado commet des délits : que faire ?
Du petit vol à la bagarre plus violente, les délits commis par les adolescents ne sont pas tous suivis de poursuites judiciaires. Il appartient d'abord aux parents de réagir avec mesure mais fermeté.
L'ado transgresse pour exister
"Le vol n’est pas rare à l’adolescence, affirme Josette Daquo, psychologue clinicienne. Il correspond à un passage à l’acte qui a pour fonction de libérer une tension interne propre à cet âge de la vie. "Pour Claire, le choc a été rude : "Un jour, le directeur de la grande surface où Lucie était passée maître dans l’art de faucher au rayon "cosmétiques" nous a téléphoné. Quand je suis arrivée, j’ai trouvé ma fille en larmes en train de se faire sermonner."
Rétrospectivement, Claire reconnaît qu’elle aurait dû être alertée par la quantité de produits de maquillage qui franchissaient le seuil de la salle de bains familiale. "J’ai eu la honte de ma vie et je me suis engagée à surveiller ma fille de plus près pour plaider sa cause." À la culpabilité des parents qui voient leur mode d’éducation pris en défaut s’ajoute la déception causée par le comportement de l’enfant.
Claire avoue qu’elle a ensuite explosé face à sa fille. Elle lui en voulait vraiment, estimant qu’elle avait la chance de vivre dans une famille équilibrée et de ne manquer de rien. Un point de vue qu’elle partage avec de nombreux parents. "Pourtant, à cet âge, le vol ne correspond pas toujours à la recherche d’un profit, explique Josette Daquo. Il répond à la quête d’identité de l’adolescent qui cherche à se différencier de son milieu familial. Transgresser la loi est pour lui une façon d’exister comme un individu à part entière."
Rappeler que ses actes peuvent être punis par la loi
Il n’est pas toujours facile de relativiser. Nathalie et Nicolas en ont fait l’expérience lorsqu’ils ont reçu un appel du commissariat où leur fils de 14 ans était retenu. "Avec un copain, Adrien avait repéré un vieux scooter qu’ils ont subtilisé. Ils ont fait des tours dans le quartier, pris des sens interdits et se sont vite fait arrêter. Cela a été la meilleure des leçons, constate Nathalie. Quand ils se sont retrouvés au poste, ils ont compris que c’était grave."
Si Nicolas, furieux, a assorti ses reproches d’interdictions de sorties, Nathalie a pris le temps de réagir. "J’ai insisté sur les conséquences parfois très graves de ce genre de bêtises qui peuvent marquer une vie entière. Il aurait pu renverser quelqu’un ou se blesser grièvement." De temps à autre, les enfants ont besoin de se voir rappeler certains principes de base."Il est indispensable, insiste Josette Daquo, que les parents désignent ces larcins comme des actes répréhensibles par la société." Rien n’est plus structurant que des interdits clairement énoncés par les parents, à condition que ceux-ci ne se placent pas sur le terrain affectif. Les "tu me déçois" ou "je ne t’ai pas élevé pour que tu me fasses ça" ne sont pas de mise, précisément parce qu’un adolescent est censé s’être approprié ces règles essentielles et ne plus agir pour la satisfaction des parents.
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