Mettre des mots sur le non-dit

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Gare à l'excès inverse

Mais attention, les non-dits ayant causé bien des souffrances, notre société a aujourd’hui tendance à exagérer dans l’autre sens, en prônant la transparence obligatoire, sans aucune retenue.

Ce qui n’est pas mieux : l’enfant doit recevoir les informations qui le concernent, mais il n’a pas à être mêlé à notre vie intime, tout comme il a droit à son jardin secret. Une part d’ombre n’est nuisible que lorsqu’elle nous angoisse.

Si nous sommes convaincus du bien-fondé de notre décision et continuons à nous montrer authentiques avec lui, il est souvent plus sage de ne pas charger l’enfant précocement avec notre passé trop lourd (drogue, prison, relations incestueuses, etc.), de ne pas lui faire partager dans le détail nos difficultés au travail, nos inquiétudes concernant notre santé, et encore moins les liaisons extraconjugales de son père. Le vieil adage "toute vérité n’est pas bonne à dire" ne doit pas être trop vite relégué aux oubliettes.

De même, la levée d’un secret de famille doit s’entourer de prudence. Si elle est souvent libératoire pour tout le monde, il convient, avant de faire des confidences, de tenter de comprendre les enjeux en cause et de s’interroger sur nos motivations. Parler, oui, mais avec délicatesse.

L’avis de Martine Lani-Bayle, psychologue

Il arrive qu’un événement du passé qui nous a été dissimulé handicape notre progression dans la vie. Cependant, en cas de problème, nous avons parfois trop tendance à fouiller le passé en cherchant des boucs émissaires responsables de nos malheurs actuels.

Personne n’est obligé de se sentir victime passive de ce qui s’est produit avant lui, su ou pas. Connaître d’où nous venons est parfois indispensable pour aller de l’avant, mais ne nous dit en rien où nous allons. Ce qui importe, c’est ce que chacun peut et veut en faire.

Autre article : Bien vivre une recomposition familiale

2 RÉACTIONS À L'ARTICLE
Par mimie Lundi 06 juillet 2009
je suis dans le même cas sauf que mon ex et ne vivons pas sous le même toit, nous sommes tantôt chez le père cette maison pour mon fils est la maison de vacances...tantôt dans notre maison et les trois...c dur de révéler que nous sommes séparés...
Par Lolo Vendredi 26 juin 2009
Mon amie est séparée mais pas divorcée de son mari. Ils vivent sous le même toit. Ils ne veulent pas divorcer pour préserver leur enfant de 8 ans. Ils ne veulent pas annoncer leur séparation à l'enfant qui est assez fragile et très attaché au père. Je ne sais pas vraiment comment lui faire comprendre qu'il serait surement plus judicieux de l'annoncer maintenant plutôt que de laisser passer les années et que l'enfant le découvre par lui même ou qu'on lui annonce dans plusieurs années. En attendant mon amie et moi nous voyons en secret et lorsque nous nous voyons avec son enfant nous faisons comme si nous sommes de simples amis.
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