Mettre des mots sur le non-dit
Mettre des mots sur le non-dit
Gare à l'excès inverse
Mais attention, les non-dits ayant causé bien des souffrances, notre société a aujourd’hui tendance à exagérer dans l’autre sens, en prônant la transparence obligatoire, sans aucune retenue.
Ce qui n’est pas mieux : l’enfant doit recevoir les informations qui le concernent, mais il n’a pas à être mêlé à notre vie intime, tout comme il a droit à son jardin secret. Une part d’ombre n’est nuisible que lorsqu’elle nous angoisse.Si nous sommes convaincus du bien-fondé de notre décision et continuons à nous montrer authentiques avec lui, il est souvent plus sage de ne pas charger l’enfant précocement avec notre passé trop lourd (drogue, prison, relations incestueuses, etc.), de ne pas lui faire partager dans le détail nos difficultés au travail, nos inquiétudes concernant notre santé, et encore moins les liaisons extraconjugales de son père. Le vieil adage "toute vérité n’est pas bonne à dire" ne doit pas être trop vite relégué aux oubliettes.
De même, la levée d’un secret de famille doit s’entourer de prudence. Si elle est souvent libératoire pour tout le monde, il convient, avant de faire des confidences, de tenter de comprendre les enjeux en cause et de s’interroger sur nos motivations. Parler, oui, mais avec délicatesse.
L’avis de Martine Lani-Bayle, psychologue
Il arrive qu’un événement du passé qui nous a été dissimulé handicape notre progression dans la vie. Cependant, en cas de problème, nous avons parfois trop tendance à fouiller le passé en cherchant des boucs émissaires responsables de nos malheurs actuels.
Personne n’est obligé de se sentir victime passive de ce qui s’est produit avant lui, su ou pas. Connaître d’où nous venons est parfois indispensable pour aller de l’avant, mais ne nous dit en rien où nous allons. Ce qui importe, c’est ce que chacun peut et veut en faire.
Autre article : Bien vivre une recomposition familiale
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