Mes enfants ne se supportent plus

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Mes enfants ne se supportent plus

Ils se battent sans arrêt et les voir vivre en bonne harmonie semble impensable. Pourtant, les parents peuvent aider la fratrie à négocier un cessez-le-feu.

"C'est épuisant, soupire Laurène, mère de Laurie, 13 ans, et de Tanguy, 9 ans. Pas un repas sans histoire, pas une sortie qui ne tourne à la confrontation. Et moi, tendue, qui guette le moment du dérapage." Désemparée, elle se sent coupable de l'hostilité que l'un et l'autre se manifestent. "J'ai sûrement mal géré leurs conflits quand ils étaient petits, et aujourd'hui ils continuent de régler leurs comptes."

Pierre, lui, se demande si les relations frères-sœurs ne sont pas, par nature, vouées à l'échec. "Je vois se reproduire chez mes deux fils de 15 et 14 ans des comportements et une forme de violence que j'ai connus enfant, avec mon frère aîné. Depuis, je n'ai jamais eu de bonnes relations avec lui."

A l'origine, les rivalités entre frères et soeurs

C'est un fait : la rivalité entre frères et sœurs prend sa source à la naissance du deuxième enfant. À la jalousie de l'aîné, dépité de se faire voler sa place d'enfant unique, s'ajoute plus tard l'impuissance du cadet à faire jeu égal avec le grand, et chaque nouvelle naissance est l'occasion de nouvelles rivalités.

Voilà de quoi alimenter bagarres et chamailleries dès le plus jeune âge et parfois pour longtemps. "Laurie est très douée pour pousser son frère à bout. Elle lui glisse sans cesse de petites vexations qui n'ont l'air de rien mais Tanguy finit par exploser et cela se termine par des cris et des coups !" Laurène y voit le prolongement "en paroles" des pincements et autres petites maltraitances que Laurie a fait subir à son frère quand il était nouveau-né.

"Tout est prétexte à disputes, regrette Valérie. Lorsque Caroline fait mine de passer le seuil de la porte de la chambre de Quentin, nous vivons un véritable drame et les hurlements, menaces et gros mots sont à la mesure de l'événement." Quant à Pierre, il se dit inquiet de la démesure des bagarres entre ses deux garçons : "J'ai parfois l'impression qu'ils sont irréconciliables."

Provoquer la réaction des parents

Pourtant, selon le pédopsychiatre Marcel Rufo, ce mode de relation sur fond de "guerre physique, affective et verbale", propre à la fratrie, s'il est violent, n'est pas synonyme de haine. La plupart de ces manifestations ne sont là que pour attirer l'attention des parents. Une rivalité affichée qui n'a pas d'autre but que de provoquer leur réaction : "Quand Laurie est agressive envers son frère, je sens qu'elle teste ma façon de réagir. Si je prends la défense de Tanguy, elle redouble d'agressivité, en imaginant être la mal-aimée. Le pire que je puisse faire, c'est de me mettre en colère !"

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