Santé/PsychoPsycho

Les défis des nouveaux beaux-parents


  • Publié le mercredi 25 juin 2008

Sommaire de l'article : page 2 / 4

Sur le banc de touche

Rompre le lien conjugal tout en sauvegardant le couple parental dont les enfants ont besoin relève de la gageure et relègue souvent le beau-parent sur le banc de touche. Il peut y demeurer tant que le parent légitime ne parvient pas à accorder pleinement sa place au nouveau venu, ce qui ne facilite pas le lien avec les beaux-enfants. Les mères, en particulier, ont tendance à freiner le processus.

"Une mère n’est pas préparée à accepter que son enfant ait une belle-mère, la difficulté est d’autant plus importante que l’enfant est petit car la relation est encore très physique, cela demande un gros travail", explique Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste.

Bien qu’elle soit de nouveau en couple, l’ex d’Alain ne veut pas admettre l’existence de Pascale. Elle raccroche si c’est celle-ci qui répond au téléphone. "Au départ, j’avais de bons rapports avec sa fille, mais, influencée par sa mère, Audrey a eu des paroles blessantes envers moi. Je me suis éloignée d’elle par crainte de ses coups de griffe", confie-t-elle, amère.

"Généralement, le beau-parent n’a pas de rôle parental. Si les beaux-enfants sont très jeunes, ils attendent de l’affection. Les autres n’attendent rien. L’exercice d’une autorité peut créer des conflits avec le parent naturel, mais il n’y a pas de généralités", commente Michel Moral, psychologue clinicien. L’absence de rôle préétabli exige que chacun se débrouille pour trouver sa place.

Des heurts inéluctables

Les tensions, conflits autour des enfants ou entre les enfants de chaque conjoint sont inévitables. Pascale, sa fille et son fils ont emménagé chez Alain, lui-même père de deux enfants. "Comme elle arrivait dans une maison qui n’était pas la sienne, ma fille a demandé une clé pour fermer la porte de sa chambre. Alain a refusé, il n’a pas compris l’importance de sa demande, elle voulait marquer son territoire", raconte Pascale.

Il leur a fallu deux ans environ pour trouver un équilibre et cela n’a pas été sans douleurs. Aujourd’hui, chacun gère ses enfants. Il arrive à Pascale de se mêler un peu de l’éducation des enfants d’Alain, sur l’attitude à table par exemple. Il arrive aussi qu’Alain intervienne quand Pascale est en difficulté avec sa fille adolescente, mais l’autorité est détenue, sauf exception, par le parent biologique.

Sur le banc de touche

Rompre le lien conjugal tout en sauvegardant le couple parental dont les enfants ont besoin relève de la gageure et relègue souvent le beau-parent sur le banc de touche. Il peut y demeurer tant que le parent légitime ne parvient pas à accorder pleinement sa place au nouveau venu, ce qui ne facilite pas le lien avec les beaux-enfants. Les mères, en particulier, ont tendance à freiner le processus.

"Une mère n’est pas préparée à accepter que son enfant ait une belle-mère, la difficulté est d’autant plus importante que l’enfant est petit car la relation est encore très physique, cela demande un gros travail", explique Catherine Audibert, psychologue et psychanalyste.

Bien qu’elle soit de nouveau en couple, l’ex d’Alain ne veut pas admettre l’existence de Pascale. Elle raccroche si c’est celle-ci qui répond au téléphone. "Au départ, j’avais de bons rapports avec sa fille, mais, influencée par sa mère, Audrey a eu des paroles blessantes envers moi. Je me suis éloignée d’elle par crainte de ses coups de griffe", confie-t-elle, amère.

Une leçon de vie

"Les mères obtenant souvent le droit de garde, on a beaucoup parlé de la souffrance des pères séparés de leurs enfants et de la souffrance des enfants séparés de leur papa, mais on s’est peu intéressé à celle des beaux-parents réduits au rôle de plante verte", remarque Catherine Audibert.

Elle conseille aux parents biologiques de ne pas se sentir menacés. Les enfants ne comparent pas, ils ne sont pas dans la confusion. S’ils éprouvent de l’affection pour leur beau-père ou belle-mère, ils doivent pouvoir l’exprimer sans avoir le sentiment de trahir leur parent naturel.

"On n’est pas forcé d’aimer les enfants de l’autre, ils ont des valeurs et des comportements différents. La proximité est moins grande qu’avec ses enfants, mais il est nécessaire d’être fair-play", ajoute Michel Moral. Tout n’est pas rose dans les familles recomposées, mais dans les familles traditionnelles non plus. Il serait pourtant absurde de noircir le tableau. "On est obligé de s’ouvrir aux autres, de revoir ses exigences à la baisse et de faire preuve de tolérance. Ça n’est pas facile, mais c’est enrichissant", conclut Pascale.

Un nouveau statut juridique ?

L’avis d’Irène Théry, sociologue :

"Les familles recomposées sont tellement diverses qu’il est impossible de rassembler tous les beaux-parents sous un même statut. Tout le monde s’accorde pourtant à dire qu’il faudrait ouvrir des possibilités juridiques pour résoudre les questions de vie quotidienne et ouvrir des droits de succession. Des milliers de beaux-parents exercent, de fait mais pas de droit, des responsabilités parentales et cela pose parfois problème avec l’école ou la médecine.

Une légalisation du partage de l’autorité parentale, avec l’accord des parents biologiques, pourrait être envisagée. Certains beaux-parents, très attachés à leurs beaux-enfants, souhaitent leur léguer leurs biens. Or, ce lien n’étant pas reconnu, rien n’est prévu pour faciliter cette transmission. Le chef de l’État a chargé Xavier Bertrand de s’occuper du statut du beau-parent dans une famille recomposée."


Vos réactions (2)

  • mercredi 20 août 2008 / jack

    J'ai élevé, choyé et chéri ma belle-fille de l'age de 2 ans jusqu'à ses 12 ans; j'ai toujours su ne pas être le père, mais l'absence de celui-ci m'a laissé libre-champs pour lélever comme le fils sue j'ai eu plus tard avec sa mère. Au quotidien, de la cr^che à l'école et jusqu'au collège en passant par les visites chez le médecin et autres "aventures", j'ai agit partout comme son père, elle comme ma fille ,sans jamais nier son père. Allant même jusqu'à toujours préciser aux gens disant 'ton papa" que non je suis le beau-père, entendant souvent cette réponse "c'est pareil"...
    Lorsque j'ai demandé le divorce, la mère de nos enfants a d'abord, sous le coup de l'émotion, souhaité que j'ai la garde totale des deux enfants, ma belle-fille et mon fils donc. Le père de ma belle-fille était d'accord. Changement d'avis finalement.
    Aujourd'hui ma belle-fille ne me voit plus, ne voit plus ma famille pour qui elle était nièce, cousine, petite-fille tout autant que les autres. Il m'a fallu des heures à lui réexpliquer nos dix années de vie partagée, elle a pris partie pour sa mère sans avoir le choix, et son père reviens enfin un peu dans sa vie.
    Mais moi, j'ai perdu ma fille.
  • mercredi 26 novembre 2008 / Maitélyna

    Bonjour,
    Je comprend un peu ce que vous pouvez ressentir je suis la belle mère de trois petit garçon je les aimes comme mes fils et ma plus grande perte serais de les perdres je ne me suis pas séparer mais je crois que les beaux-parents on des droits nous n'avons peut-être pas le liens de sang mais le lien de l'amour est plus fort a mon avis moi je suis plus présente que leur mêre et si il arriverait quelque chose a mon conjoint je ne pourrais les laisser partir ses moi qui les a élevé et je les aimes et eux aussi m'aime je crois qu'il devrait nous donner une certaine autorité parental puisse que de nos jours les familles reconstitué est plus courant. Bon courage
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