Les compliments me mettent mal à l’aise
Les compliments me mettent mal à l’aise
On a plutôt tendance à s’en méfier, plus ou moins convaincu que si l’on nous "passe de la pommade", ce n’est pas désintéressé. Les compliments jouent pourtant un rôle précieux.
Notre culture a longtemps considéré la modestie comme une qualité : dans la religion catholique, l’humilité était érigée en vertu, l’orgueil en péché capital ! Aujourd’hui, on nous encourage plutôt à nous imposer pour réussir. Néanmoins, de nombreuses personnes demeurent gênées quand on leur adresse des compliments. Car elles ont rarement appris à en dire et à en recevoir. Nous avons, en effet, un peu trop tendance à n’ouvrir la bouche que pour critiquer. On oublie que l’encouragement obtient de bien meilleurs résultats que le bâton…
Un problème d’estime de soi ?
Comment s’étonner si des enfants qui n’ont guère acquis le réflexe d’adresser des louanges à leurs proches se retrouvent décontenancés quand, brusquement, quelqu’un leur "envoie des fleurs" ? La tendance est alors volontiers de "botter en touche" ("N’importe qui en aurait fait autant à ma place"). Il ne s’agit pas forcément d’un assaut de fausse modestie. Dévaloriser ainsi sa performance peut aussi révéler un problème d’estime de soi.
"Si une personne ne s’estime guère, elle risque effectivement de ressentir une certaine gêne parce que les félicitations ne concordent pas avec ce qu’elle pense d’elle-même", précise Frédéric Fanget, psychothérapeute. Les éloges nous indisposent particulièrement quand on n’y croit pas ! Soit parce qu’on doute de soi-même au point de ne jamais penser en être digne, soit parce que l’on doute de leur sincérité. Et là, on n’a pas toujours tort…
Vile flatterie ou félicitations sincères ?
Certaines personnes abusent des louanges par souci de plaire. Et c’est vrai qu’on apprécie généralement ceux qui manient le compliment. On les perçoit comme chaleureux et réconfortants… Mais on ne doit pas forcément leur faire confiance. Et il faut repousser carrément les flatteries directement intéressées. Depuis l’enfant cajoleur dans l’espoir d’obtenir un cadeau jusqu’au patron qui nous trouve "formidable" avant de nous demander d’emporter un dossier en week-end, mieux vaut effectivement se demander "ce que ça cache".
Comment reconnaître ces compliments douteux ? Ils sont souvent outrés ("Tu es merveilleuse !") et, surtout, trop généraux : ils portent sur l’ensemble de la personne et non sur une action. Un compliment sincère doit être précis ("Je trouve que la nouvelle couleur de tes cheveux te va très bien" et non "Tu es magnifique !"). Si l’on n’est pas dupe, on peut toujours rétorquer : "Eh bien, ce n’est pas ce que j’ai pensé ce matin en me regardant dans la glace !" "En cas de doute, n’hésitez pas non plus à demander des précisions ('Peux-tu me dire pourquoi tu dis ça ?') ou à demander l’avis d’une autre personne", recommande Frédéric Fanget.Page suivante : Rassurer avant tout
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