J’ai 18 ans, je fais ce que je veux
J’ai 18 ans, je fais ce que je veux
Pour les jeunes, l’âge de la majorité est souvent synonyme de liberté mais aussi de nouvelles responsabilités. Le passage à l’âge adulte peut donc être accompagné de certaines angoisses et de certaines tensions familiales.
En 1974, la majorité civile était abaissée de 21 à 18 ans. Ce qui n’avait pas manqué de provoquer, à l’époque, une levée de boucliers, comme se souvient Monique : "Ce sont encore des enfants, ils sont incapables de décider, les parents sont dépossédés de leur rôle, c’est le monde à l’envers… Voilà ce que l’on entendait. Mais au fond, presque 35 ans après, je ne sais pas si ça a changé fondamentalement quelque chose."
Étape symbolique décisive, l’âge de la majorité est pourtant une fin affichée et sans retour de l’enfance. Un petit de maternelle, passablement turbulent, interrogé par sa maîtresse, lui répondait gravement que c’était l’âge où les policiers le mettraient en prison. Un âge donc où l’on sait qu’on répond personnellement de ses actes. Et qu’on décide de sa propre vie .
Camille, 8 ans, a déjà prévenu son père, à la suite d’une fessée plutôt méritée : "Quand j’aurai 18 ans, je prendrai mon sac à dos et je partirai de la maison et on me retrouvera plus jamais." Menace destinée à glacer d’effroi un papa d’habitude compréhensif. Mais si, pour les jeunes enfants, la majorité est l’horizon de toutes les espérances, la situation est parfois plus ambiguë pour ceux qui se rapprochent du terme fatidique.
Le paradis : avant ou après 18 ans ?
Au contraire de leurs aînés qui aspiraient à croquer la vie et le monde, beaucoup d’ados en restent au stade sucette : l’univers "cocooning" de la famille est une protection difficile à quitter. Pour Floriane, 16 ans et demi, c’est la crise d’angoisse : "Être majeure, c’est déjà vieillir, c’est la pente descendante. Je n’ai pas de honte à dire que je me sens encore enfant, pas envie de construire un avenir sérieux, de m’engager dans du définitif. Ma famille, mon univers me plaisent, tels quels. Au lycée, on nous demande toujours de réfléchir pour faire des choix. Est-ce qu’on peut choisir des choses qu’on ne connaît même pas ?"
Faut-il craindre alors de voir se développer le fameux "syndrome de Peter Pan" décrit par le psychologue Dan Kiley ? (Bon nombre d’adultes veulent rester à tout prix dans le "pays imaginaire" de l’enfance, cherchant l’amusement, la fantaisie débridée et fuyant toute responsabilité.) Qu’est-ce qui fait si peur dans l’idée de bientôt mener une vie d’adulte ? Floriane le dit d’emblée : le refus du temps qui passe et l’impression de ne pas avoir la maîtrise de sa propre vie. Se faire porter par les autres est tellement plus confortable !
Pressé de grandir
À l’opposé, il y a aussi ceux qui voudraient voir le temps défiler un peu plus vite. À 17 ans, Benjamin est un fonceur. Pour lui, 18 ans, c’est l’âge du permis de conduire et la possibilité d’aller en soirée sans problème. Il voit l’avenir plutôt "cool" : "Plus besoin de ruses pour ne pas se faire bloquer à l’entrée des boîtes. Être majeur, c’est être plus tranquille pour trouver un petit boulot, partir en vacances comme on veut. Je trouve que maintenant les jeunes sont au courant de tout, c’est pas comme avant. S’entendre opposer des refus parce qu’on est trop jeune, c’est énervant."
Avec ses parents, les négociations ne sont pas des plus sereines, parce qu’ils ont du mal à admettre son impatience. Il trépigne : "Un an de plus, je ne vois pas ce que ça change. De toute façon, ils seront bien obligés de me laisser faire ce que j’ai envie. Toujours entendre que je ferai telle ou telle chose quand j’aurai 18 ans ! Ils ne savent pas tout ce que je fais sans leur dire !…" La majorité marque une frontière, même si certains, comme Benjamin, la passent parfois en clandestins.Page suivante : Redéfinir les règles
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on parle beaucoup des droits des jeunes, mais qu'en est-il des droits d'une mère en difficulé, au RMI dont le fils de 19 ans ne veut rien faire de ses journées ni construire sa vie, qui a l'obligation d'assistance et dont le papa se dégage de toutes responsabilités d'assistance malgré des revenus extrèmements confortables.
Quel recours ai-je puisqu'il s'agit de moi - je ne veux pas mettre mon fils dehors à proprement parlé ais souhaite un recours contre le papa et trouver une structure d'accueil autre que la mienne pour mon fils.
merci infiniment de vos conseils et solutions