Apprendre l’optimisme
Apprendre l’optimisme
Une bonne nouvelle pour ceux qui voient toujours le verre à moitié vide : l’optimisme se cultive à tout âge !
Certains donnent l’impression d’avancer dans la vie avec la certitude qu’elle ne leur réserve que le meilleur, et d’autres, comme Cécile, sont persuadés que le pire les attend. Elle qui prétend "ramer" en toutes circonstances regrette encore, à 30 ans passés, d’avoir été imprégnée par la vision négative du monde que sa famille véhiculait : "Enfant, on ne m’a pas montré le monde sous un jour favorable. Ma mère ruminait des idées noires. Les moindres entreprises étaient, a priori, vouées à l’échec et, quand les choses n’allaient pas, nous nous sentions à la fois incapables et victimes d’une hostilité généralisée."
À l’inverse, Marianne constate que l’optimisme est contagieux : "Après deux heures passées avec mon amie Coline, je me sens regonflée. Les montagnes d’obstacles qui bouchaient mon horizon ne me semblent plus infranchissables." Marianne rapporte que son amie d’enfance a vécu dans un environnement familial stimulant : "Ils n’étaient pourtant pas à l’abri des 'coups de tabac', mais ils savaient relativiser et, chez eux, j’entendais souvent qu’il n’y a pas de problème sans solution." Un tel mode d’éducation laisse forcément son empreinte pour le reste de la vie.
L’influence des expériences dans l’enfance
D’après le psychologue Martin Seligman, trois sortes d’influences vont favoriser une vision plus ou moins optimiste de l’environnement : la façon dont les parents interprètent les événements, les jugements que l’enfant entend à son sujet en cas d’échec, et les conséquences de ses premiers traumatismes.
Soit ses parents lui apporteront la preuve qu’il est possible de vaincre l’adversité, soit ils porteront le germe du renoncement. C’est dire l’importance des expériences de réussite dans la petite enfance pour acquérir la confiance en soi et dans le monde. Car le socle de l’optimisme repose sur l’idée que nous pouvons avoir une influence positive sur les événements.
L’action plutôt que l’impuissance
Optimiste invétéré, Vincent, qui a connu bien des galères professionnelles, ne se résigne jamais : "J’imagine toujours qu’il existe une issue favorable et qu’il m’appartient de trouver la solution." Il ajoute que, souvent, d’une expérience négative ou d’un échec peut naître quelque chose de meilleur.
Prendre la vie du bon côté n’empêche pas d’être lucide sur le monde ni d’être réaliste. Mais il s’agit de voir la réalité autrement, renchérit Marianne : "Quand je parle de mes incertitudes avec Coline, elle m’aide à analyser précisément la situation, à sortir du schéma dans lequel je me suis enfermée et qui me maintient dans une forme d’impuissance. Si j’imagine que je peux agir sur le cours des événements, alors l’avenir me paraît plus souriant."Page suivante : Traquer les pensées dévalorisantes
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