Santé/PsychoPsycho

Accepter de ne pas être grand-parent

Accepter de ne pas être grand-parent


  • Publié le mercredi 7 mai 2008

Se sentir sur le bord du chemin

L’arrivée d’un petit est comme un cadeau, on l’exhibe, on en parle, on compare avec les autres. On dit tout naturellement que nos enfants nous ont "donné" des petits-enfants. Plaisir en plus, angoisse en moins, on réapprend des gestes tendres un peu oubliés. On se donne une deuxième chance : on ne refera pas les mêmes bêtises qu’avec ses enfants. Plus on en a et plus on est fier, on glisse alors dans le statut respecté de patriarche de la tribu.

Ceux qui se sentent exclus de ces normes sociales les trouvent souvent bien pesantes. Gisèle a eu des jumelles restées célibataires. Elle observe : "En maison de retraite, il n’est question que des petits-enfants. Chacun s’en fait une gloire. On décline les âges, les mérites, les petites histoires. On montre les photos. C’est fatigant ! Et quand on avoue qu’il n’y a pas de descendance, ce sont des coups d’œil apitoyés, comme si on était handicapé."

Transmettre malgré tout

Heureusement, les liens entre générations ne se cantonnent pas à la famille et ceux qui ont quelque chose à offrir trouvent autour d’eux des jeunes prêts à recevoir.

Benoît est le grand-père de cœur de Manon, 4 ans, la fille de sa jeune voisine esseulée. Il sourit : "La place était vacante, je l’ai prise ! Je lui apprends tout ce que je n’ai pas pu apprendre à mon fils, gravement touché mentalement. Elle a besoin d’un papy patient pour répondre à l’avalanche de ses questions. On se voit tous les jours, je vais la chercher à l’école et sa maîtresse me prend presque pour son vrai grand-père."

Faire partager sa passion

D’autres vont vouloir partager leurs acquis ou leur expérience dans le domaine qui les passionne : sport, club d’astronomie, littérature, associations diverses, la liste est infinie. André n’imagine pas abandonner son poste de professeur de musique. Ses élèves sont pour lui une immense famille : "Je les forme à une certaine sensibilité, une façon de comprendre la musique que j’ai moi-même apprise d’un maître que je respectais beaucoup. La chaîne se perpétue ainsi et j’espère que certains d’entre eux vont l’enseigner à leur tour."

Paradoxalement, savoir faire le deuil de sa descendance peut donner l’envie d’élargir ses horizons et envisager de transmettre un héritage symbolique, intellectuel, spirituel ou affectif, par le parrainage. C’est ce que font tant de créateurs, de scientifiques ou de penseurs qui lèguent leur œuvre au monde entier.

Vos réactions (1)

  • lundi 23 juin 2008 / GPB

    Je ne peux qu'adhérer à vos conseils pour" accepter de ne pas être grand-parent". Par contre "grands-parents bis"n'est pas le meilleur contact utile: le but de notre association n'est pas de consoler des seniors en mal de petits-enfants naturels en remplaçant un "enfant rêvé" par un autre! Il nous arrive de recevoir et d'écouter longuement des séniors en souffrance: nous leur donnons des conseils similaires aux vôtres, puis de laisser couler le tempset, pourquoi pas, une sereine disponibilité affective retrouvée, d'envisager de revenir vers nous, avec l'accord de leurs enfants.Cordialement,

Vous êtes abonné
au magazine dossier familial ?

Pour profiter de tous les avantages du site, activez votre compte.

cliquez ici