Santé/PsychoPsycho

Accepter de ne pas être grand-parent

Accepter de ne pas être grand-parent


  • Publié le mercredi 7 mai 2008

Il arrive un temps où l’on doit se rendre à l’évidence : on n’aura pas de petits-enfants. Il est possible d’investir autrement les trésors de transmission que l’on porte en soi.

L’expérience de devenir grand-parent est forte et pleine de paradoxes. Sentiment nostalgique du temps qui passe et de la finitude, marquage obligé des générations, mais surtout ouverture de projets à venir et enthousiasme d’un recommencement. On imagine, on idéalise, même si la réalité n’est pas toujours à la hauteur des rêves.

Mais pour ceux qui doivent faire le deuil de cette nouvelle étape de vie, le chemin est autre. Attente, questionnement, déception, parfois même sentiment de vide et d’inutilité.

C’est ce que ressent Bertrand : "Ma femme est décédée il y a deux ans, notre fils fait une brillante carrière à l’étranger qui lui mange toute sa vie. Ce n’est pas son absence qui pèse le plus mais le manque de perspective. Au fond, ce que nous avons créé n’ira à personne et même notre souvenir s’éteindra. En accord avec mon fils, j’ai vendu la maison de famille qui se délabrait à la campagne. Ça a été dur : des objets de mes parents, de vieilles photos, les premiers joujoux de notre garçon, et personne avec qui redécouvrir tout ça."

Accepter les choix de ses enfants

Notre société favorisant les valeurs d’épanouissement personnel, les parents n’osent plus peser sur la destinée de leurs enfants comme il y a un siècle, afin de perpétuer à tout prix le nom de la famille, la tradition ou le patrimoine. De nombreux trajets de vie peuvent mener vers ces impasses familiales : choix délibéré ou accidents de l’existence.

Maryse et Patrick ont accueilli avec plaisir leur gendre avec ses trois enfants, mais ils ont regretté la décision de leur fille de ne pas avoir un bébé à elle : "Nous ne sommes qu’une famille par alliance pour les trois petits. Ils sont déjà pourvus de grands-parents qui les gâtent et sont leur vraie lignée. Nous nous sentons à la lisière de leur vie, bien que les rapports entre nous soient agréables. Les fêtes de Noël, ce n’est jamais nous qui les organisons, nous sommes seulement des invités."

Vos réactions (1)

  • lundi 23 juin 2008 / GPB

    Je ne peux qu'adhérer à vos conseils pour" accepter de ne pas être grand-parent". Par contre "grands-parents bis"n'est pas le meilleur contact utile: le but de notre association n'est pas de consoler des seniors en mal de petits-enfants naturels en remplaçant un "enfant rêvé" par un autre! Il nous arrive de recevoir et d'écouter longuement des séniors en souffrance: nous leur donnons des conseils similaires aux vôtres, puis de laisser couler le tempset, pourquoi pas, une sereine disponibilité affective retrouvée, d'envisager de revenir vers nous, avec l'accord de leurs enfants.Cordialement,

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