Accepter de ne pas être grand-parent
Accepter de ne pas être grand-parent
Il arrive un temps où l’on doit se rendre à l’évidence : on n’aura pas de petits-enfants. Il est possible d’investir autrement les trésors de transmission que l’on porte en soi.
L’expérience de devenir grand-parent est forte et pleine de paradoxes. Sentiment nostalgique du temps qui passe et de la finitude, marquage obligé des générations, mais surtout ouverture de projets à venir et enthousiasme d’un recommencement. On imagine, on idéalise, même si la réalité n’est pas toujours à la hauteur des rêves.
Mais pour ceux qui doivent faire le deuil de cette nouvelle étape de vie, le chemin est autre. Attente, questionnement, déception, parfois même sentiment de vide et d’inutilité.
C’est ce que ressent Bertrand : "Ma femme est décédée il y a deux ans, notre fils fait une brillante carrière à l’étranger qui lui mange toute sa vie. Ce n’est pas son absence qui pèse le plus mais le manque de perspective. Au fond, ce que nous avons créé n’ira à personne et même notre souvenir s’éteindra. En accord avec mon fils, j’ai vendu la maison de famille qui se délabrait à la campagne. Ça a été dur : des objets de mes parents, de vieilles photos, les premiers joujoux de notre garçon, et personne avec qui redécouvrir tout ça."
Accepter les choix de ses enfants
Notre société favorisant les valeurs d’épanouissement personnel, les parents n’osent plus peser sur la destinée de leurs enfants comme il y a un siècle, afin de perpétuer à tout prix le nom de la famille, la tradition ou le patrimoine. De nombreux trajets de vie peuvent mener vers ces impasses familiales : choix délibéré ou accidents de l’existence.
Maryse et Patrick ont accueilli avec plaisir leur gendre avec ses trois enfants, mais ils ont regretté la décision de leur fille de ne pas avoir un bébé à elle : "Nous ne sommes qu’une famille par alliance pour les trois petits. Ils sont déjà pourvus de grands-parents qui les gâtent et sont leur vraie lignée. Nous nous sentons à la lisière de leur vie, bien que les rapports entre nous soient agréables. Les fêtes de Noël, ce n’est jamais nous qui les organisons, nous sommes seulement des invités."
Se sentir sur le bord du chemin
L’arrivée d’un petit est comme un cadeau, on l’exhibe, on en parle, on compare avec les autres. On dit tout naturellement que nos enfants nous ont "donné" des petits-enfants. Plaisir en plus, angoisse en moins, on réapprend des gestes tendres un peu oubliés. On se donne une deuxième chance : on ne refera pas les mêmes bêtises qu’avec ses enfants. Plus on en a et plus on est fier, on glisse alors dans le statut respecté de patriarche de la tribu.
Ceux qui se sentent exclus de ces normes sociales les trouvent souvent bien pesantes. Gisèle a eu des jumelles restées célibataires. Elle observe : "En maison de retraite, il n’est question que des petits-enfants. Chacun s’en fait une gloire. On décline les âges, les mérites, les petites histoires. On montre les photos. C’est fatigant ! Et quand on avoue qu’il n’y a pas de descendance, ce sont des coups d’œil apitoyés, comme si on était handicapé."Page suivante : Transmettre malgré tout
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", eh bien non je ne suis pas d'accord, ces enfants qui ne veulent pas d'enfants font du mal à leurs parents et ils doivent le savoir et en ressentir les effets ! Supprimons l'argent et la retraite et je suis sûre qu'on ne verra plus de ce que vous évez écrit plus haut.