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Éviter le cancer du col de l'utérus

Éviter le cancer du col de l'utérus


  • Actualisé le mercredi 26 septembre 2007

Il est possible de se protéger efficacement contre le cancer du col de l'utérus. Un vaccin est proposé aux jeunes filles et aux jeunes femmes. Il vient compléter les indispensables examens de dépistage.

Chaque année en France, plus de 3 000 femmes sont atteintes d'un cancer du col de l'utérus et plus de 1 000 meurent des suites de cette maladie. Pourtant, on connaît les virus responsables à 98 % de ce cancer : ce sont certains types de papillomavirus humains (HPV) qui se transmettent par contact sexuel.

Jeunes femmes : une population à risque

La contamination se réalise le plus souvent lors des premiers rapports. De simples attouchements peuvent suffire pour que les virus se fixent à la jonction de l'épithélium du col.

Avec des papillomavirus de type 16-18, les lésions sont susceptibles d'évoluer vers des cancers viraux qui aboutiront à terme, en l'absence d'intervention médicale, à des cancers invasifs. S'il s'agit de papillomavirus de type 6-11, la jeune femme peut développer des verrues génitales, ou condylomes, très perturbantes pour sa sexualité.

Se faire dépister régulièrement

Toutes ces raisons poussent les professionnels de santé à insister sur l'importance d'un dépistage régulier. À juste titre : avant 30 ans, près d'une femme sur trois a déjà été infectée. Heureusement, dans 80 % des cas, l'immunité naturelle permet d'éliminer les virus.

Pour les 20 % restants, l'infection va persister pendant des mois, voire des années, risquant d'aboutir à des lésions précancéreuses, puis à des cancers. La prévention passe désormais par la vaccination, en priorité des adolescentes.

Un vaccin très encadré

À l'heure actuelle, un seul vaccin - le Gardasil ® - est disponible en pharmacie sur prescription médicale. Il est indiqué dans la prévention du cancer de l'utérus, ainsi que dans celle des verrues génitales.

Ces verrues reçoivent un traitement par cryothérapie, électrocoagulation, laser, pommade pendant en moyenne six mois. "Autant de contraintes auxquelles il faut ajouter une vie sexuelle perturbée, remarque le Dr Marie Veluire, gynécologue en région parisienne. Si un vaccin peut aussi prévenir ces verrues mal placées, il est le bienvenu."

Bientôt disponible, un autre vaccin – le Cervarix ® – sera efficace contre deux autres types de papillomavirus à haut risque, ce qui lui conférera une efficacité anticancer supérieure à 70 %.

Sensibiliser les ados

Sachant que l'âge moyen des premiers rapports sexuels est de 17 ans en France, le Pr Serge Gilberg, directeur du département de médecine générale de la faculté René-Descartes à Paris propose de profiter des consultations et rendez-vous vaccinaux, autour de 14-15 ans, pour sensibiliser les adolescentes à ce risque. D'autant que le préservatif, s'il est indispensable, ne suffit pas à lui seul.

"Comme on pratique encore le ROR, le DTP, la coqueluche ou un rattrapage de l'hépatite B, pourquoi ne pas y ajouter le vaccin contre le cancer du col ?", interroge le Pr Gilberg. Au-delà, le rattrapage pourrait se faire à l'occasion d'une première prescription de contraception ou d'un recours à la pilule du lendemain.

De son côté, le Conseil supérieur d'hygiène publique de France préconise trois entrées dans la vaccination : "À 14 ans ; entre 15 et 23 ans pour celles qui n'auraient pas encore eu de rapports sexuels ; enfin, au plus tard, dans l'année suivant le début de la vie sexuelle, par mesure de rattrapage."

Trois injections intramusculaires

Le vaccin comprend trois injections intramusculaires. Un intervalle de deux mois sépare la première injection de la deuxième, puis quatre mois s'écoulent avant la troisième. Seule précaution, éviter toute grossesse dans le mois qui suit chaque injection. Pour le moment, les vaccins sont jugés efficaces durant cinq ans.

"Avec le recul, on prescrira peut-être un rappel au-delà", avance le conseil. Seule obstacle à cette généralisation, son coût : chaque dose est vendue 135,59 €, ce qui représente un coût global de 406,77 €. Le vaccin est remboursé à hauteur de 65 % par l'assurance-maladie.

Les mères souvent impliquées

Compte tenu de l'âge de la vaccination, les mères se sentent souvent impliquées et certaines hésitent. "Ce qui les préoccupe en premier lieu, c'est de savoir s'il n'y a pas d'effets secondaires, confie le Dr Veluire. Une fois rassurées, elles estiment de leur responsabilité d'éviter un cancer utérin à leur fille, plusieurs décennies plus tard."

Pour sa part, le Pr Gilberg ne craint pas d'insister : "S'il y a déjà eu un cancer du col dans la famille, ou si l'adolescente a une conduite à risque, mieux vaut convaincre les parents."

Les frottis toujours nécessaires

Près de 30 % des tumeurs résistent à la protection vaccinale. C'est la raison pour laquelle, même vaccinées, les femmes doivent continuer à faire régulièrement des frottis de dépistage afin de détecter d'éventuelles lésions précancéreuses. Les autorités sanitaires recommandent un frottis tous les trois ans à partir de 25 ans, après que la femme a réalisé deux frottis normaux à un an d'intervalle.

Par ailleurs, les praticiens prônent l'utilisation du préservatif, qui, s'il ne protège pas des papillomavirus, reste efficace contre d'autres virus et bactéries à l'origine de multiples infections sexuellement transmissibles. Faut-il le rappeler ? En toutes circonstances, la sécurité sexuelle passe par le préservatif.

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