Pour aller plus loin
Sida : prévenir et soigner au féminin
- Actualisé le lundi 27 novembre 2006
Beaucoup de femmes méconnaissent les risques particuliers qu'elles courent face au virus du sida. Elles constituent pourtant une population exposée, de plus en plus touchée par l'épidémie.
L'alerte
Les associations tirent la sonnette d'alarme et agissent pour que la prévention et l'accès aux soins ciblent davantage la population féminine. Le préservatif féminin, encore trop cher et méconnu en France, fait l'objet de campagnes de promotion.
Oser imposer une protection
Beaucoup de femmes ont encore du mal à se prémunir contre le virus. La majorité d'entre elles ignorent le fait qu'elles constituent une population "à risque". Il faut dire que, jusqu'à une date récente, quasiment aucune campagne n'a été organisée par les pouvoirs publics à leur intention, dans un contexte où, d'une manière générale, la vigilance par rapport au virus se relâche.
Au Crips (centre régional d'information et de prévention du sida) d'Île-de-France, un intervenant témoigne : "Une fois sur deux, lorsque l'homme refuse de mettre un préservatif, la femme accepte quand même d'avoir une relation sexuelle."
Tous les âges
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la prise de risque n'est pas l'apanage d'adolescentes encore peu sûres d'elles et de leur sexualité, ni celui de femmes méconnaissant les règles de prévention à cause d'un faible niveau d'éducation et d'une moindre autonomie. Elle concerne au contraire une partie beaucoup plus large de la population féminine.
"Et notamment après un divorce, explique-t-on au Crips, beaucoup de femmes de 40 ou 50 ans n'osent pas exiger de leur partenaire qu'il mette un préservatif. Elles ont peur de paraître trop exigeantes et de diminuer leurs chances de séduction." Sans oublier que, après de longues années de vie conjugale beaucoup de ces quadra et quinquagénaires n'ont tout simplement pas l'habitude de se sentir concernées par le VIH.
