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Sida : la maladie menace toujours
- Publié le mercredi 6 août 2008
Près de vingt-cinq ans après son apparition, le sida fait toujours des ravages en France : toutes les cinq heures, trois personnes sont contaminées par le VIH. Une seule solution : se protéger.
Sommaire de l'article : page 1 / 6
"Une fois que le virus a pénétré dans l’organisme, il a la particularité de se fixer sur les lymphocytes T4, les globules blancs essentiels du système immunitaire, de les infecter et de les détruire, explique le Pr Christine Katlama, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. L’organisme n’est plus capable d’empêcher la prolifération de certaines bactéries ou virus, ou l’apparition de tumeurs. Ce sont ces infections 'opportunistes' qui finissent par entraîner la mort."
On peut déplorer, comme le Pr Luc Montagnier lors du colloque pour le 25e anniversaire de l’identification de ce virus, qui s’est tenu à l’Institut Pasteur le 19 mai 2008, "que les progrès médicaux n’aillent pas plus vite". Le traitement de référence reste la trithérapie. Elle permet de tenir en sommeil la maladie, offrant ainsi aux malades la possibilité de vivre "presque comme tout le monde".
Les femmes en première ligne
Selon les chiffres de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiés en novembre 2007, la contamination lors de rapports hétérosexuels est la voie de transmission la plus fréquente (60 %). Autres sources de contamination, les rapports homosexuels (37 %) et le partage d’une même seringue par des usagers de drogue (2 %).
"Il n'y a plus de transmission par transfusion sanguine, précise le Dr Michel Ohayon, médecin auprès de Sida Info Service, et la contamination mère-enfant est aujourd'hui résiduelle grâce à l'efficacité des traitements." Si, au départ, le virus touchait essentiellement les hommes, on constate ces dernières années une augmentation du nombre de contaminations chez les femmes. Leur proportion parmi les personnes séropositives atteint aujourd'hui 50 %, contre 30 % en 1997.
Les femmes sont particulièrement exposées, pour des raisons physiologiques : "Le sperme contaminé stagne plusieurs heures dans le vagin, explique le Pr Katlama, ce qui laisse davantage de temps au virus pour pénétrer la muqueuse. Quand cette dernière est irritée, le VIH pénètre très facilement dans l’organisme à la faveur d’une petite plaie."
"Une fois que le virus a pénétré dans l’organisme, il a la particularité de se fixer sur les lymphocytes T4, les globules blancs essentiels du système immunitaire, de les infecter et de les détruire, explique le Pr Christine Katlama, chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. L’organisme n’est plus capable d’empêcher la prolifération de certaines bactéries ou virus, ou l’apparition de tumeurs. Ce sont ces infections 'opportunistes' qui finissent par entraîner la mort."
On peut déplorer, comme le Pr Luc Montagnier lors du colloque pour le 25e anniversaire de l’identification de ce virus, qui s’est tenu à l’Institut Pasteur le 19 mai 2008, "que les progrès médicaux n’aillent pas plus vite". Le traitement de référence reste la trithérapie. Elle permet de tenir en sommeil la maladie, offrant ainsi aux malades la possibilité de vivre "presque comme tout le monde".
Les femmes en première ligne
Selon les chiffres de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiés en novembre 2007, la contamination lors de rapports hétérosexuels est la voie de transmission la plus fréquente (60 %). Autres sources de contamination, les rapports homosexuels (37 %) et le partage d’une même seringue par des usagers de drogue (2 %).
"Il n'y a plus de transmission par transfusion sanguine, précise le Dr Michel Ohayon, médecin auprès de Sida Info Service, et la contamination mère-enfant est aujourd'hui résiduelle grâce à l'efficacité des traitements." Si, au départ, le virus touchait essentiellement les hommes, on constate ces dernières années une augmentation du nombre de contaminations chez les femmes. Leur proportion parmi les personnes séropositives atteint aujourd'hui 50 %, contre 30 % en 1997.
Les femmes sont particulièrement exposées, pour des raisons physiologiques : "Le sperme contaminé stagne plusieurs heures dans le vagin, explique le Pr Katlama, ce qui laisse davantage de temps au virus pour pénétrer la muqueuse. Quand cette dernière est irritée, le VIH pénètre très facilement dans l’organisme à la faveur d’une petite plaie."
Des préservatifs pour se protéger
Pour éviter la contamination, un seul moyen sûr : utiliser des préservatifs lors de chaque rapport sexuel, y compris les rapports bucco-génitaux. Les préservatifs masculins sont largement disponibles, y compris dans les lycées qui se sont équipés de distributeurs. Il existe aussi des préservatifs féminins, à placer dans le vagin. Ils sont tous deux disponibles dans les pharmacies, au prix respectif de 0,20 € et 1 €.
Lorsque le virus s’est introduit dans l’organisme, une primo-infection (fièvre, angine, fatigue, ganglions…) peut parfois survenir, environ quinze jours après la contamination, mais c’est rare. Bien souvent, les premiers symptômes n’apparaissent que lorsque la maladie en est au stade sida. Une personne peut parfaitement être séropositive, donc contagieuse, pendant dix à quinze ans sans le savoir.
Le dépistage en cas de prise de risque
C’est pourquoi, en cas de prise de risque (rapport non protégé, partage d’une seringue avec une personne infectée…), il faut réagir vite. Il existe des traitements post-exposition qui, pris dans les 48 heures, permettent de diminuer la quantité de virus circulant dans le sang, et ainsi réduire le risque de transmission. Pour cela, il faut consulter au plus vite le service des urgences de l’hôpital, un médecin de la consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ou son médecin traitant.
"On commence alors par faire un test de dépistage. S’il est positif, une multithérapie (association de plusieurs antirétroviraux) est prescrite pendant une durée de quatre semaines pour tenter d’empêcher l’infection de se développer en affaiblissant les défenses immunitaires", explique le Dr Ohayon.
Le traitement est efficace dans près de 95 % des cas. Puis, dans les trois à six semaines qui suivent l’arrêt du traitement, un autre test de dépistage du virus du sida est pratiqué, puis un dernier cinq mois plus tard pour confirmer que la contamination est bel et bien écartée.
Les antiviraux mettent la maladie en sommeil
Dans le cas contraire, le médecin prescrit un traitement antiviral. "Les antiviraux sont à prendre à vie et sans interruption, prévient le Pr Katlama, car, malgré les immenses progrès de la médecine, on ne guérit toujours pas du sida." Les médicaments ont pour but d’empêcher la prolifération du virus. Le traitement se compose d’inhibiteurs de la transcriptase inverse, qui empêchent le virus de se multiplier, et d’antiprotéases, qui bloquent l’infection des autres cellules.
Ces traitements se sont beaucoup simplifiés : en 1996, il fallait prendre une vingtaine de comprimés par jour ; aujourd’hui, la plupart des patients ne prennent plus qu’une seule gélule qui contient tout le traitement. Cependant, les effets secondaires restent éprouvants, même si "les médicaments dont on dispose aujourd’hui sont généralement assez bien tolérés", précise le Dr Ohayon.
Les patients ne sont pas à l’abri de troubles digestifs (diarrhées, nausées), notamment en début de traitement, mais ceux-ci disparaissent en une quinzaine de jours. Par la suite, d’autres complications peuvent se manifester, comme une augmentation des triglycérides et du cholestérol, et des effets psychiques (troubles d’humeur, dépression).
Une nouvelle molécule, mais toujours pas de vaccin
Malheureusement, pour environ 10 à 15 % des malades, la trithérapie n’agit pas suffisamment sur le virus, qui continue de se développer. Jusqu’à présent, la science ne pouvait rien pour eux. Mais, depuis le mois de janvier 2008, une nouvelle molécule, le raltégravir, commercialisée sous le nom d’Isentress ®, offre de nouvelles perspectives.
"C’est le premier médicament qui empêche l’intégration du virus dans les cellules, explique le Pr Katlama. Grâce à lui, la charge virale de nombreux patients devient indétectable, c’est-à-dire que la maladie est en sommeil dans l’organisme." Autre point important, cette nouvelle molécule est plutôt bien tolérée par les patients. Quant au vaccin préventif, il est malheureusement loin d’être au point.
Où trouver de l’aide ?
Pour connaître les centres de dépistage anonyme et gratuit et avoir des informations sur la maladie :
Sida Info ServiceTél : 0 800 840 800 (appel gratuit et anonyme).
Web : www.sida-info-service.org.
Fil Santé Jeunes
Tél : 0 800 235 236 (appel gratuit).
Pour faire valoir ses droits :
Sida Info DroitTél : 0 810 636 636 (numéro Azur, coût d’un appel local).
