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Se protéger des allergies
- Publié le mercredi 2 avril 2008
Sommaire de l'article : page 4 / 7
Des médicaments spécifiques
"Traiter le nez, c’est protéger les bronches et limiter les risques d’apparition d’un asthme", poursuit l’allergologue. Pour tenter de rompre cet enchaînement, les médecins disposent de médicaments spécifiques de l’allergie. Les antihistaminiques, tout d’abord. Prescrits lors des crises, mais aussi parfois sur de longues durées, ils sont le plus souvent bien tolérés. On les conseille, par exemple, durant toute la période de pollinisation en cas d’allergie importante.
Les décongestionnants, ensuite, permettent de diminuer l’obstruction nasale, mais ils ne doivent pas être utilisés plus de cinq jours consécutifs. Les corticoïdes oraux ou en spray nasal, enfin, combattent utilement l’inflammation des muqueuses, sur de très courtes durées. Dans la majorité des cas, les symptômes s’atténuent. Un lavage du nez avec du sérum salé a fait la preuve de son utilité.
Lorsque l’asthme allergique est déjà installé, le traitement comprend des corticoïdes inhalés pour traiter l’inflammation et des bronchodilatateurs. Certains patients sévèrement atteints ont également à leur disposition un stylo d’adrénaline pour prévenir ou traiter les chocs anaphylactiques (chute de la tension artérielle, dilatation des vaisseaux sanguins avec éruption, démangeaisons et possible arrêt respiratoire).
Lorsque les allergènes parviennent à pénétrer plus profondément dans les poumons, ils provoquent des contractions spasmodiques des muscles lisses des bronchioles et une hypersécrétion du mucus. C’est l’asthme, qui touche plus de 20 % des personnes souffrant de rhinite allergique.
Les responsables
Parmi les principaux responsables, on trouve - encore ! - les pollens entre mars et octobre. Les plus allergisants proviennent des graminées, des plantes herbacées (ambroisie, armoise) et des arbres (bouleau, cyprès). Tout au long de l’année, ce sont plus souvent des acariens (parasites microscopiques) présents dans la poussière des maisons, la literie, les moquettes, les tapis.
Moins fréquentes, les allergies aux protéines animales concernent essentiellement les poils de chats et, dans une moindre mesure, de chiens, hamsters, lapins, souris, cobayes ou chevaux. Dernière source importante d’allergie : les spores fongiques (champignons, moisissures et levures), présentes dans la terre et favorisées par des habitats mal ventilés, et les blattes (ou cafards), qui se nichent avec bonheur dans les cuisines, les gaines de ventilation et les vide-ordures.
Un indispensable bilan
Le nez rouge et les yeux "de hamster" des allergiques peuvent faire sourire. Pourtant, la rhinite est une vraie maladie. La nuit, en période de crise, ils dorment mal, faute de pouvoir respirer correctement ; la journée, ils sont épuisés par le manque de sommeil et l’incessante nécessité de se moucher.
"Plus la rhinite est sévère, plus l’asthme risque de l’être, prévient Daniel Vervloet, allergologue et président de l’association Asthme&Allergies. C’est pourquoi une rhinite persistante doit toujours inciter à consulter."
Après un entretien et un examen approfondis, le médecin référent pourra prescrire des examens sanguins pour mesurer le taux de certains anticorps - les immunoglobulines E (IgE), ces anticorps spécifiques qui interviennent dans les réactions allergiques - et, surtout, orienter son patient vers un allergologue. Seul un bilan allergologique permet en effet de confirmer le diagnostic d’allergie et d’identifier précisément le type de substance responsable.
Les tests cutanés
Les "prick-tests" consistent à déposer une goutte de chaque allergène suspecté sur la peau de l’avant-bras ou du dos. L’allergologue fait ensuite pénétrer ce liquide dans la couche superficielle de la peau grâce à un bâtonnet pointu en plastique. Si une rougeur ou un gonflement apparaît à l’endroit de l’injection dans les vingt minutes suivantes, le test est positif. Ce bilan, indolore, est pris en charge à 70 % par l’assurance-maladie.
Pourtant, aujourd’hui encore, moins d’un asthmatique sur deux en bénéficie. "Il est nécessaire chez tous les asthmatiques, insiste le Pr Vervloet. Car de ce bilan dépend le traitement. Il est également recommandé chez les enfants de moins de 3 ans qui présentent des symptômes respiratoires sévères ou persistants, ou de l’eczéma associé à trois épisodes de toux sifflante par an."
Des médicaments spécifiques
"Traiter le nez, c’est protéger les bronches et limiter les risques d’apparition d’un asthme", poursuit l’allergologue. Pour tenter de rompre cet enchaînement, les médecins disposent de médicaments spécifiques de l’allergie. Les antihistaminiques, tout d’abord. Prescrits lors des crises, mais aussi parfois sur de longues durées, ils sont le plus souvent bien tolérés. On les conseille, par exemple, durant toute la période de pollinisation en cas d’allergie importante.
Les décongestionnants, ensuite, permettent de diminuer l’obstruction nasale, mais ils ne doivent pas être utilisés plus de cinq jours consécutifs. Les corticoïdes oraux ou en spray nasal, enfin, combattent utilement l’inflammation des muqueuses, sur de très courtes durées. Dans la majorité des cas, les symptômes s’atténuent. Un lavage du nez avec du sérum salé a fait la preuve de son utilité.
Lorsque l’asthme allergique est déjà installé, le traitement comprend des corticoïdes inhalés pour traiter l’inflammation et des bronchodilatateurs. Certains patients sévèrement atteints ont également à leur disposition un stylo d’adrénaline pour prévenir ou traiter les chocs anaphylactiques (chute de la tension artérielle, dilatation des vaisseaux sanguins avec éruption, démangeaisons et possible arrêt respiratoire).
En cas d’asthme sévère
Si cela ne suffit pas, en cas d’asthme sévère, le médecin peut y ajouter, chez les plus de 12 ans, un anti IgE (omalizumab®, anticorps monoclonal). Arrivé sur le marché l’année dernière, ce nouveau médicament "lutte contre les responsables directs de la cascade inflammatoire à l’origine des symptômes de l’asthme", explique le Dr Marc Sapène, pneumologue à la polyclinique de Bordeaux-Caudéran.
Il donne d’assez bons résultats, mais il est plus coûteux et s’administre par injections sous-cutanées (remboursement à 65 %, mais la grande majorité des asthmatiques sévères bénéficient d’une prise en charge à 100 % au titre d’une affection de longue durée, ALD). La première est effectuée à l’hôpital, les suivantes, une à deux fois par mois, dans le cabinet de l’allergologue. C’est également lui qui évalue l’efficacité du traitement à l’issue des quatre premiers mois.
Désensibilisation simplifiée
Pour éviter l'apparition de nouvelles sensibilisations et d’un asthme, l’année suivante, l’allergologue pourra proposer une désensibilisation. Finies les injections sous-cutanées, sauf en cas d’allergie aux hyménoptères - guêpes et abeilles notamment -, où la désensibilisation se fait par piqûres. Aujourd’hui, ce traitement consiste à administrer des quantités croissantes de l’allergène responsable sous la langue, là où se trouvent les récepteurs immunitaires. Objectif : habituer l’organisme pour qu’il ne réagisse plus au contact de l’allergène.
Prochainement, cette immunothérapie devrait être encore simplifiée grâce à l’apparition sur le marché des premiers comprimés de désensibilisation aux pollens de graminées (laboratoire Allerbio). Le traitement commence trois ou quatre mois avant l’arrivée des premiers pollens et se poursuit jusqu’à la fin de la saison pollinique. Très bien tolérée, cette méthode sublinguale doit être renouvelée trois à cinq années de suite.
"Elle est efficace dans 70 à 80 % des cas d’allergie au pollen, souligne le Dr Florence Trébuchon. Et ce n’est pas tout ! Elle peut aussi prévenir l’apparition de l’asthme chez l’enfant allergique." Les résultats sont aussi très bons en cas d’allergie aux acariens, lorsqu’il s’agit d’une allergie isolée. Dans tous les cas, l’objectif de la désensibilisation est la diminution, voire la disparition, des traitements de fond.
Éduquer pour mieux soigner
Depuis une dizaine d’années, des structures de soin proposent à leurs patients des ateliers de l’asthme, afin de les aider à mieux gérer leur maladie au quotidien et à s’impliquer davantage dans le suivi de leur traitement.
C’est une démarche éducative menée conjointement par des médecins, infirmières, kinésithérapeutes et psychologues avec la personne asthmatique. Les soignants partent des objectifs du patient pour définir son traitement, et non l’inverse.
