Prendre au sérieux le traumatisme crânien
Prendre au sérieux le traumatisme crânien
Un changement de personnalité
Le handicap physique n’est pas tout. "Ceux qui ont subi un grave traumatisme crânien gardent souvent des troubles cognitifs et voient leur caractère modifié", souligne le Dr Kiefer. C’est sans doute ce qui surprend le plus l’entourage. Des personnes plutôt timides, introverties, se révèlent après l’accident expansives, sans inhibition… "Certains, par exemple, oubliant qu’il faut respecter la file d’attente aux caisses du supermarché, passent devant tout le monde", continue-t-elle.
Plongé un mois dans le coma après un accident de train, Charles sait que certains le considèrent quelquefois comme un "déjanté" en raison de comportements ou de propos inattendus, mais peu lui importe, sa différence est aussi sa fierté. À force de volonté et grâce au soutien de sa famille, il a progressivement réappris à marcher, à parler, à accomplir tous les gestes de la vie quotidienne… Il a repris ses études, obtenu un DESS et trouvé un emploi. Aujourd’hui marié et père d’une famille nombreuse, il mesure "l’énorme chance [qu’il a] eue de pouvoir reprendre une vie normale, malgré les séquelles invisibles" de son traumatisme crânien.Protéger les enfants
Il suffit d’une chute de la table à langer ou d’un lit superposé pour provoquer un traumatisme crânien chez l’enfant. S’il a moins de 18 mois, il faut toujours consulter. "Nous sommes très vigilants, car leur tête est fragile. Nous redoutons une éventuelle fracture du crâne et surtout un hématome qui se serait formé à l’intérieur de la boîte crânienne et qui comprimerait le cerveau", explique le Pr Philippe Labrune, pédiatre. Chez les plus grands, ce sont les chutes dans l’escalier et les accidents de roller ou de VTT qui peuvent être redoutables. Le plus souvent, l’enfant s’en sort avec une grosse bosse.
"La première nuit, cependant, on conseille aux parents de le réveiller toutes les trois heures pour s’assurer qu’il va bien. Au moindre signe inhabituel (vomissements, douleurs, saignements du nez ou des oreilles) ou changement de comportement (somnolence, perte d’appétit), ils doivent consulter." Pour ne pas en arriver là, mieux vaut l’équiper d’un casque pour faire du vélo, du roller, du ski ou du skateboard, protéger l’accès à l’escalier ou aux fenêtres par une barrière, et ne jamais le laisser sans surveillance.
Autre article : Protéger les enfants des accidents domestiques
Sur le même thème
Je reçois une alerte sur les sujets qui me concernent.












