Pour en finir avec la douleur
- Actualisé le vendredi 19 janvier 2007
Jambe cassée, mal de tête ou suites opératoires, nous connaissons tous un jour la souffrance. Dans la grande majorité des cas, nous pouvons en être soulagés au plus vite.
Traiter l'affection sans traiter la douleur ?
Son interprétation pose parfois problème au médecin, qui, satisfait
d'avoir identifié l'affection et trouvé son traitement, oublie de nous soulager de la douleur en tant que telle. Dans son esprit, elle disparaîtra avec la maladie, il n'y a donc qu'à attendre !"On sait aujourd'hui que les choses ne sont pas si simples, insiste Martin Winckler, auteur de "La maladie de Sachs" et de "C'est grave docteur ?" (éditions La Martinière, 2002). Écrasé par la douleur, le cerveau peut se “fixer” sur celle-ci et continuer à la ressentir lorsque la cause a pourtant disparu."
À nous donc d'oser réclamer un soulagement, ou de changer de médecin si le nôtre n'est pas assez compétent en la matière. Car une souffrance intense ou qui persiste est inutilement destructrice.
Du zona à la migraine : des traitements existent
Le zona
C'est une maladie infectieuse provoquée par le virus de la varicelle, "endormi" depuis des années dans un ganglion nerveux. Son réveil soudain s'accompagne de sensations de brûlure intense qui peuvent persister des mois et même des années. On sait aujourd'hui que la prise rapide d'antiviraux diminue nettement les douleurs résiduelles. Mais combien de généralistes les prescrivent systématiquement ?
La migraine
Les migraineux paient aussi un lourd tribut à l'obscurantisme. La moitié d'entre eux se soignent seuls, au risque de se créer des maux de tête permanents. Ceux qui consultent un médecin ne voient pas toujours leur mal identifié, ni bien traité. À plus forte raison s'il s'agit d'enfants (près de 10 % en souffrent). Seuls 5 % des migraineux bénéficieraient d'un traitement adapté. Alors que la migraine se soigne très bien lorsqu'on fait appel à un spécialiste.
Soins, examens, opérations : il est possible de prévenir la douleur
Plus personne n'envisage de soins dentaires sans une anesthésie locale, précédée d'un petit jet de spray pour éviter de sentir la piqûre. Peu de femmes refusent le secours de la péridurale pour un accouchement difficile. Pourtant, à combien de personnes âgées administre-t-on du MEOPA (gaz hilarant) lorsqu'elles subissent des soins douloureux à domicile ? Combien de malades ont droit à une noisette de crème anesthésiante ou à un patch EMLA avant une ponction lombaire ?
Sept millions de personnes se font opérer chaque année en France. Souvent, on ne leur donne pas suffisamment d'antalgiques pour éviter les douleurs postopératoires.
Les pompes d'analgésie autocontrôlée (PCA) permettent aux patients de s'administrer eux-mêmes les doses de morphine nécessaires pour soulager leur douleur sans avoir à appeler l'infirmière. Elles sont sans danger, car on les règle selon le poids du malade et il existe une durée minimale pendant laquelle il ne peut pas se réinjecter de morphine. De toute façon, si le patient devient somnolent (premier signe de surdosage), il ne peut plus appuyer sur le bouton. Elles sont surtout utilisées pour les douleurs cancéreuses et les grands brûlés.
La morphine n'est pas un médicament miracle. Elle ne guérit pas la migraine, ni certains troubles neurogènes ou articulaires. Mais d'autres recours existent, telles les
infiltrations d'anesthésiques locaux ou l'électrothérapie, qui soulage les zones douloureuses en leur envoyant une stimulation concurrente à travers la peau. Il n'y a plus de raison de souffrir en silence !