Épilepsie : lutter contre les idées reçues
- Publié le lundi 17 mars 2008
L’épilepsie relève d’un fonctionnement anormal du cerveau et non d’une maladie mentale, comme certains le pensent encore. C’est une maladie difficile à vivre, car à la menace des crises s’ajoute souvent un rejet.
Certaines personnes ont la malchance d’avoir des cellules très excitables. Face à une agression cérébrale (hyperthermie, méningite, manque d’oxygène, etc.), elles seront plus susceptibles de développer la maladie. Quatre fois sur dix, cette fragilité résulte d’une lésion cérébrale (traumatisme crânien, souffrance néonatale, tumeur, accident vasculaire). Mais très souvent on en ignore la cause, seule une petite minorité des épilepsies étant d’origine héréditaire.
Il n’existe pas une mais des épilepsies
La plupart d’entre nous imaginent l’épilepsie sous sa forme la plus impressionnante : la crise généralisée qui entraîne chute, convulsions, perte de connaissance, suivies d’une amnésie transitoire et d’une grande fatigue. Or elle ne représente qu’un quart des cas environ.
Souvent, seule une partie du cerveau s’embrase et l’épilepsie se manifeste sous la forme d’une crise partielle qui n’affecte que certaines parties du corps : secousses ou fourmillements musculaires localisés, ou bien troubles visuels, de la mémoire, "absences" (pertes de conscience de quelques secondes, se manifestant par une fixité du regard), etc. Il existe de nombreux types d’épilepsie, entraînant des conséquences plus ou moins invalidantes.
On peut avoir une seule crise dans sa vie. Environ 4 % de la population connaîtra un jour une crise isolée et seulement 0,7 % en subira de façon chronique. Elles peuvent alors aussi bien se manifester trois fois par an que trois fois par semaine. Parfois, elles ne se produisent que le matin, ou dans la nuit. À partir de deux crises, une IRM cérébrale fonctionnelle est prescrite pour essayer de localiser les aires impliquées.
La moitié des patients guérissent
Si les médecins essaient de bien identifier le type d’épilepsie, c’est parce qu’ils savent que telles formes répondent mieux à tel traitement. Après le Gardénal ®, apparu en 1912, le Tégrétol ® et la Dépakine ® dans les années 1960, de nouvelles molécules sont venues enrichir la panoplie des médicaments antiépileptiques depuis quinze ans, permettant de limiter les effets secondaires (somnolence, vertiges, etc.) et d’élaborer un traitement "sur mesure". Peu à peu les crises deviennent moins intenses et moins fréquentes.
Un patient sur deux s’en trouve ainsi débarrassé et un sur quatre pourra même interrompre tout traitement (en diminuant très progressivement la dose). Malheureusement, un quart des malaises résistent encore aux médicaments. Mais, pour une petite fraction de ces patients, la chirurgie offre une solution. En enlevant certaines zones atteintes du lobe temporal, elle guérit 90 % des opérés. Les personnes inopérables peuvent bénéficier d’une autre technique récente : la stimulation du nerf vague par des électrodes, reliées à un pacemaker placé sous la peau en dessous de la clavicule.
D’autres thérapies, médicamenteuses et chirurgicales, sont en cours d’expérimentation.
