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Mieux connaître la méningite


  • Actualisé le vendredi 14 septembre 2007

Sommaire de l'article : page 2 / 5

Le diagnostic par ponction lombaire

La méningite bactérienne exige une prise en charge immédiate, car de tels symptômes imposent de pratiquer au plus vite une ponction lombaire, seul examen qui permette de distinguer méningite bactérienne et méningite virale.

Sous anesthésie locale, on prélève un peu du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne la moelle épinière. Si son aspect est purulent, il s'agit très probablement d'une bactérie. Sans attendre de l'avoir identifiée, on injecte au malade par voie intraveineuse des antibiotiques puissants. On affine ensuite le traitement selon le germe responsable.

Une méningite est une infection des membranes appelées "méninges" qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Lorsque l'inflammation touche le cerveau seul, on parle de "méningite cérébrale", et de méningite "cérébro-spinale" quand elle atteint aussi la moelle épinière.

Il n'y a pas une, mais des méningites

Contrairement à ce que l'on a tendance à penser, ce n'est pas toujours une maladie grave. Le danger dépend de son origine : virus ou bactérie. Les méningites virales, de loin les plus fréquentes, sont bénignes et guérissent en quelques jours sans traitement. Elles surviennent au cours d'infections saisonnières ou de maladies infantiles (oreillons, rubéole). Lorsqu'on a très mal à la tête au cours d'une grippe, c'est déjà une méningite !

Les méningites bactériennes sont plus rares (20 à 30 % des cas) et plus redoutables. Malheureusement, quelle que soit l'origine de la maladie, au début les symptômes sont les mêmes : de violents maux de tête, de la fièvre et une raideur de la nuque très caractéristique que recherche toujours le médecin. Elle entraîne aussi souvent des vomissements et une intolérance à la lumière. Si au moins deux de ces symptômes surviennent brutalement, il faut s'alarmer.

Attention, chez le nourrisson l'alerte est moins évidente car la fièvre s'accompagne au contraire d'une nuque molle, avec la fontanelle bombée, d'une somnolence ou d'une irritabilité inhabituelle, et parfois de convulsions.

Le diagnostic par ponction lombaire

La méningite bactérienne exige une prise en charge immédiate, car de tels symptômes imposent de pratiquer au plus vite une ponction lombaire, seul examen qui permette de distinguer méningite bactérienne et méningite virale.

Sous anesthésie locale, on prélève un peu du liquide céphalo-rachidien dans lequel baigne la moelle épinière. Si son aspect est purulent, il s'agit très probablement d'une bactérie. Sans attendre de l'avoir identifiée, on injecte au malade par voie intraveineuse des antibiotiques puissants. On affine ensuite le traitement selon le germe responsable.

Les bactéries responsables

Le premier agent incriminé demeure le pneumocoque, qui frappe notamment avant l'âge de 2 ans et tue deux fois plus que le méningocoque. Chaque année une trentaine de petits Français meurent de méningite à pneumocoque et une cinquantaine sont atteints de lourdes séquelles (surdité, épilepsie, retard mental).

Haemophilus influenzae, jadis responsable de la majorité des méningites du petit enfant, a quasiment disparu depuis l'introduction de la vaccination en 1991. Sur les quelque 800 cas annuels, le méningocoque est en cause moins d'une fois sur deux. Il existe cinq groupes différents de ce microbe. En France, le sérogroupe B est le plus répandu, mais le C, deux fois plus "méchant", est en augmentation régulière.

Bien qu'elle ne frappe qu'un enfant sur 100 000, tous âges confondus, la méningite connaît deux pics : entre 0 et 5 ans (plus des deux tiers des cas) et à l'adolescence. Les tout-petits paient le tribut de leur vulnérabilité. Le pneumocoque est présent dans la gorge de tous les enfants de moins de 2 ans, à un moment ou un autre. Chez les moins résistants, il occasionnera une méningite, chez d'autres une pneumonie ou une otite, tandis que les plus "costauds" s'en sortiront indemnes.

L'adolescent court également davantage de risques, du fait de la promiscuité qui règne dans les internats. Là encore, tous les porteurs ne font pas une méningite. Seulement ceux qui ont de moins bonnes défenses immunitaires, à la suite d'une infection notamment. Ainsi, les méningites s'accroissent après une épidémie de grippe, qui provoque des lésions au niveau des muqueuses, favorisant les surinfections. Les adultes peuvent donc être atteints, même si c'est plus rare.

Seules les formes à méningocoque se transmettent, par les gouttes de salive. Mais le microbe est très fragile à l'extérieur du corps. Il faut plus de trois heures à moins de 1 m… ou un baiser ardent pour l'attraper. Par précaution, on prescrit un traitement à toute personne ayant été en contact proche avec un malade. Il repose sur un antibiotique (la rifampicine) en deux prises par jour pendant deux jours, qui évite que la maladie se déclare en cas d'éventuelle contamination.

Des vaccins efficaces

La protection contre Haemophilus influenzae type B figure dans un vaccin ainsi décliné - Infanrix Quinta ® de GSK, + Pentacoq ® et Pentavac ® de Sanofi Pasteur MSD, recommandé pour tous les enfants.

Trois injections à 2, 3 et 4 mois, suivies d'un rappel un an plus tard.

Le vaccin conjugué Prevenar ® protège contre les types de pneumocoques les plus fréquents chez l'enfant. Il est précieux surtout entre 2 mois et 2 ans, mais limite aussi la diffusion de la bactérie.

Trois injections à 2, 3 et 4 mois, suivies d'un rappel un an plus tard.

Pour les personnes à risque (entourage de malade, voyageurs), il existe aussi un vaccin contre les méningocoques A et C.

En revanche, aucune protection n'existe encore vis-à-vis du méningocoque B, le plus répandu chez nous.

Quand foncer à l'hôpital ?

Dans un tiers des cas, ce n'est pas une méningite qui survient, mais un "purpura fulminans", la forme la plus redoutable des infections à méningocoque, qui entraîne un décès une fois sur trois (anomalies vasculaires et septicémies). D'où l'importance de reconnaître un purpura débutant. Il forme des taches rouges sur le corps. Si l'on appuie dessus avec un fond de verre, le "bouton" persiste.


Vos réactions (4)

  • mardi 19 février 2008 / David

    Je ne savais qu'il y a des meningites guerissables.
  • mardi 19 février 2008 / Jo

    Ce genre de maladie existe depuis toujours et aucun traitement n'a été mis au point. Ça arrange tout le monde !
  • mercredi 29 octobre 2008 / eternity8467

    j'ai perdu mon papa ce 4 octobre, à cause d'une méningite cérébrale...les douleurs qu'il a subi sont inimaginable... il s'est battu, mais comme pour beaucoup de personnes...la maladie à été plus forte que lui...repose en paix papa...je t'aime
  • lundi 17 novembre 2008 / Papimarc

    Pour ma part je n'ai jamais rien eu comme maladie de ma vie. Cela faisait près de 10 ans que je n'avais pas vu de médecin et pourtant à 45 ans j'ai fait une médigite à méningocoques type C. J'ignore comment je l'ai contractée?! Je n'ai quasiment pas eu de symptômes caractéristiques si ce n'est l'allergie à la lumière à tel point que le médecin m'avait soigné pour une gastro???... Inutile de vous dire que le lendemain je partais dans le coma en hélico pour l'hôpital.
    J'ai été pris en main par une équipe formidable et voilà je m'en suis sorti sans aucune séquelle.Je vous passe les détails mais j'aimerais que ceux qui lisent cet article et qui sont confrontés à cette maladie gardent toujours espoir, de temps en temps il y a des choses inexpliquées qui se produisent.
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