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Les vrais risques de la grippe aviaire
- Actualisé le jeudi 6 septembre 2007
Depuis l'apparition de la grippe aviaire dans notre pays, les scénarios les plus alarmistes se sont succédé. Mais le tableau n'est pas si noir qu'il y paraît.
Sommaire de l'article : page 1 / 13
Quelle est l'origine du virus ?
L'influenza aviaire, ou grippe aviaire (ou du poulet), a été décrite pour la première fois en 1878 en Italie chez des poulets. Cette maladie très contagieuse a été observée à de nombreuses reprises depuis. Mais c'est en 1997 à Hongkong qu'elle se transmet à l'homme pour la première fois.
Quelle est l'origine du virus ?
L'influenza aviaire, ou grippe aviaire (ou du poulet), a été décrite pour la première fois en 1878 en Italie chez des poulets. Cette maladie très contagieuse a été observée à de nombreuses reprises depuis. Mais c'est en 1997 à Hongkong qu'elle se transmet à l'homme pour la première fois.
Quels sont les volatiles les plus sensibles ?
Les vétérinaires de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) ont démontré que si toutes les espèces aviaires peuvent être contaminées, les espèces domestiques les plus sensibles sont la poule, la dinde, le faisan, la caille et la pintade. Parmi les oiseaux sauvages, les espèces aquatiques sont les plus exposées, car le virus peut rester présent dans l'eau. Les cygnes et les canards sont les espèces les plus touchées.
Que faire si l'on trouve un oiseau mort ?
Il faut d'abord éviter de le toucher. S'ils sont nombreux (à partir de cinq oiseaux) et s'il n'y a pas de signe montrant qu'ils ont été tués par un choc (voiture) ou par un braconnier, il faut appeler le 18. Les pompiers vont transmettre votre observation à la direction départementale des services vétérinaires, qui viendra récupérer les volatiles.
Quelles sont les zones à risque ?
Ce sont les zones humides qui servent de passage et de halte aux oiseaux migrateurs et sont en même temps des zones d'élevage avicole. On peut citer la Brière, le bassin d'Arcachon ou le marais poitevin à l'Ouest, mais aussi l'étang de Thau au Sud ou le lac du Bourget à l'Est. Ces zones font l'objet d'une surveillance renforcée.
Comment le virus se transmet-il ?
Les hommes et les animaux qui ont été atteints par l'infection avaient été mis en présence d'un grand nombre d'oiseaux malades (cohabitation dans la même pièce, contact avec des volatiles infectés) pendant une longue durée. C'est ce qu'on a nommé l'effet aérosol : les virus sont présents en grand nombre dans l'air que l'on respire. On a observé que certaines espèces sont plus sensibles au H5N1 : les chats mais aussi les grands félins qui, quand ils sont en contact étroit avec des oiseaux contaminés, peuvent contracter la maladie. Dans les zones exemptes d'oiseaux infectés, selon l'Afssa, le risque est nul.
Comment se présente la maladie chez l'homme ?
Après une période d'incubation pouvant aller jusqu'à sept jours, la maladie se présente d'abord comme une grippe banale (avec fièvre supérieure à 38 °C, associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux). Le risque potentiel est lié à l'apparition de troubles respiratoires sévères.
Existe-t-il des antiviraux efficaces ?
L'efficacité des traitements antiviraux (Tamiflu par exemple) pour atténuer les symptômes et les complications de la maladie a été démontrée. Mais il faut les administrer dans les quarante-huit heures après le début des symptômes. Les autorités sanitaires ont préparé un plan d'utilisation de ces médicaments uniquement curatifs. Ils seront distribués gratuitement en cas de besoin.
Le virus est-il toujours mortel chez l'homme ?
Sur un peu moins de deux cents cas de maladie déclarés chez l'homme, seules quatre-vingt-treize personnes étaient décédées au 27 février 2006. En Turquie, on ne déplore que quatre décès sur douze malades touchés, dont certains dans la même famille. Les autres malades sont maintenant rentrés chez eux en bonne santé. La famille de l'éleveur de l'Ain n'a pas contracté la maladie et la période d'incubation est maintenant terminée.
Peut-on consommer des volailles ?
Oui, car le virus ne résiste pas à la cuisson. Les virus influenza sont détruits très rapidement (5 minutes à 60 °C, 1 minute à 100 °C). De plus, la probabilité de se trouver en présence d'une denrée infectée est quasiment nulle. Dans l'hypothèse de l'ingestion de viande de volaille ou d'œufs crus, le virus sera détruit par l'acidité du liquide gastrique. Enfin, aucun cas de contamination humaine par l'alimentation n'a été constaté à ce jour.
Quand existera-t-il un vaccin pour l'homme ?
Comme pour la grippe humaine saisonnière, il faut attendre l'apparition du virus pour développer un vaccin efficace. Il ne pourra être fabriqué que si le virus subit une mutation et s'il devient transmissible d'homme à homme. C'est seulement à ce moment-là que la souche pourra être isolée, identifiée, et que l'on pourra mettre au point un vaccin. Le délai de fabrication serait alors de plusieurs mois après le début de l'épidémie.
Y a-t-il des précautions à prendre ?
Il n'y a pas de restriction en ce qui concerne les voyages, mais, si vous vous rendez dans un pays d'Asie du Sud-Est, n'assistez pas à des combats de coqs, ne vous attardez pas sur les marchés auprès des volailles.Aux chasseurs et à leur entourage, on peut conseiller d'éviter tout contact avec les fientes d'oiseaux (bécasses, canards…) et de mettre un masque lors du plumage.Il n'y a pas de risque par ingestion de volailles ou de gibier : le virus ne résiste ni à la chaleur ni à l'acidité gastrique.
Un numéro de téléphone spécial pour s'informer
Le ministère de la santé à mis en place un numéro de téléphone pour répondre aux questions concernant la grippe aviaire :
Info Grippe Aviaire : 0 825 302 302 (0,15 €/min.)
Le plan français en cas d'épidémie
Le gouvernement possède un stock d'un milliard de masques de masques de protection individuels. Le stock de médicaments antiviraux est proche de 14 millions de traitements, dont plus de sept millions et demi de traitements de Tamiflu® adulte en gélules, sont commandés mais non encore livrés : 9 millions de traitements Relenza® et 10 tonnes d'oseltamivir en poudre, soit l'équivalent de 19 millions de traitements supplémentaires.