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Grippe, rhume, gastro... : comment les prévenir ?
- Publié le mercredi 2 décembre 2009
L’hiver est la saison de toutes les contaminations. Gastro-entérites, grippes, affections ORL ou rhumes génèrent des millions de consultations chaque année. Sachez vous en protéger !
Sommaire de l'article : page 1 / 5
Des mesures d’hygiène strictes
"Pas de bisous." L’affiche sur la porte d’une école maternelle du Nord donne, dès la rentrée, la mesure des précautions prises pour éviter la contagion. En Grande-Bretagne, les autorités sanitaires ont conseillé de bannir les nounours et les doudous des crèches et jardins d’enfants. En France, de nombreuses entreprises et administrations ont demandé à leur personnel d’éviter bises et poignées de main, se serrer la main devenant un geste "à risque ". Jean-Claude Kaufmann, sociologue, s’en inquiète.
De son côté, le Dr Guillaume Kac, médecin hygiéniste, responsable de l’unité d’hygiène hospitalière et de prévention des infections nosocomiales à l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, se réjouit à l’idée que l’épidémie de grippe A/H1N1 pourrait nous inculquer - enfin - de salutaires réflexes d’hygiène.
"Pas de bisous." L’affiche sur la porte d’une école maternelle du Nord donne, dès la rentrée, la mesure des précautions prises pour éviter la contagion. En Grande-Bretagne, les autorités sanitaires ont conseillé de bannir les nounours et les doudous des crèches et jardins d’enfants. En France, de nombreuses entreprises et administrations ont demandé à leur personnel d’éviter bises et poignées de main, se serrer la main devenant un geste "à risque ". Jean-Claude Kaufmann, sociologue, s’en inquiète.
De son côté, le Dr Guillaume Kac, médecin hygiéniste, responsable de l’unité d’hygiène hospitalière et de prévention des infections nosocomiales à l’hôpital européen Georges-Pompidou, à Paris, se réjouit à l’idée que l’épidémie de grippe A/H1N1 pourrait nous inculquer - enfin - de salutaires réflexes d’hygiène.
Les modes de transmission des virus
Responsables de grippes, d’angines, de méningites, les virus et les dizaines de rhinovirus qui provoquent des rhumes bénins, des rhinopharyngites, bronchiolites ou broncho-pneumonies… se transmettent de deux façons :
- par voie aérienne. La transmission des germes s’effectue alors par le mélange des respirations : postillons, embrassades, toux et éternuements qui projettent à 1 ou 2 mètres à la ronde des sécrétions porteuses de virus ;
- par contact. Ce mode de contagion concerne les virus respiratoires qui se disséminent sur une surface et les virus à transmission orale (gastro-entérite, hépatite A, notamment), que les personnes malades déposent en touchant une poignée de porte, un bouton d’ascenseur, un distributeur automatique… Ces virus exposés à l’air libre gardent leur contagiosité quelques heures (les virus de grippe) ou quelques jours (gastro-entérite).
Un malade devient de plus en plus contagieux au fil de l’incubation (24 à 48 heures), pendant laquelle les germes se multiplient dans l’organisme, mais il ne transmet la maladie qu’avec l’apparition des symptômes (sécrétions nasales, toux, diarrhée…).
Se protéger des vecteurs de contagion
Pour éviter de contaminer un tiers par voie respiratoire, chacun connaît désormais les règles de base : éternuer dans un mouchoir à usage unique ou dans le creux de son coude (pour ne pas contaminer les mains qui ne peuvent être lavées après chaque éternuement). Les masques - chirurgicaux "antiprojection" ou filtrants en "bec de canard" - sont utiles s’ils sont bien appliqués sur le visage, fixés derrière les oreilles et si la barrette nasale est pincée sur le nez. Un masque mis et retiré sans précaution finit par contaminer… les mains !
Il est peu réaliste de porter un masque toute une journée. On le réserve alors à des moments stratégiques : la visite du médecin ou d’un parent dans la chambre, le temps de la préparation du repas pour les mères malades bien obligées de s’occuper des enfants. La prévention de la contagion relève également du bon sens : rester dans sa chambre ou autant que possible à l’écart pour ne pas contaminer d’autres pièces par le toucher ou les éternuements, se laver les mains en quittant la chambre du malade…
Le lavage des mains reste la précaution essentielle. En prenant le temps de bien frotter entre les doigts et en remontant jusqu’aux poignets. Le Dr Kac conseille aux enfants de chanter "Une souris verte" deux fois pour mesurer le temps du savonnage (30 secondes). Bien rincer et sécher.
Rien de mieux que le savon
Quand toute une famille se lave les mains en sortant des toilettes, en rentrant à la maison et avant de passer à table, les risques de transmission sont sérieusement minorés. À l’extérieur, les mêmes précautions s’imposent. Pour finir, le savon est préférable aux produits hydro-alcooliques (H-A) formulés contre les bactéries pour le milieu hospitalier.
En revanche, ils sont très utiles en voyage et en l’absence de points d’eau. Les lingettes imprégnées d’une solution hydro-alcoolique permettent, elles, de nettoyer les poignées de porte. Elles seront peut-être moins efficaces que les produits spécialement dédiés au nettoyage des claviers d’ordinateur ou à base d’eau de Javel pour le ménage domestique.
Enfin, attention à une surface toujours sale, que parents et enfants saisissent à pleines mains et que les plus petits léchouillent souvent en douce… Vous avez deviné ? C’est la barre du Caddie à l’hypermarché. Là, un bon coup de lingette s’impose !
L’avis de Jean-Claude Kaufmann, sociologue
Sans doute est-il nécessaire de prendre toutes les précautions contre l’épidémie de grippe A/H1N1, mais je vois dans certains messages de santé publique ce ton culpabilisant que l’on retrouve, par exemple, dans l’injonction de consommer « cinq fruits et légumes par jour ».
Ces messages proviennent directement des scientifiques, comme autant de diktats d’une science qui veut rester ignorante du fait social et culturel.Ces bisous que l’on stigmatise, ces mains qui ne doivent plus se serrer…, restent des gestes intimes bien particuliers. Un contact des peaux tellement ritualisé qu’il était devenu invisible, neutre, mais qui est en passe de redevenir une source de gêne entre les gens. Autrui étant désigné comme dangereux, le moindre éternuement suscite, au minimum, le recul. Les rituels de la politesse sont ainsi vidés de leur sens amical. Nous en réinventerons sans doute d’autres, mais les consignes que l’on a propagées laisseront des traces durables.