Pour aller plus loin
Faire face à la maladie de nos parents
- Actualisé le mercredi 17 janvier 2007
Lorsque la maladie est là, trouver la juste place entre conseils et décisions permet de préserver une relative sérénité dans les relations familiales.
Faire face à un renversement
Sylvie confie qu'elle s'est sentie désarmée durant cette période : "Quand j'ai compris que les rôles commençaient à s'inverser, j'ai eu du mal à l'accepter. Une page était en train de se tourner." Fille unique, elle s'était promis de ne rien imposer à ses parents. La maladie de sa maman en a décidé autrement. "La charge était trop lourde pour mon père. J'ai dû le convaincre de placer ma mère dans une institution pour malades atteints d'alzheimer. Il ne voulait rien entendre. Pourtant, il était allé aussi loin que possible et je craignais pour sa santé."
Doigté et diplomatie
Avec le temps, Sylvie a compris que la fermeté dont elle avait fait preuve avait été salutaire : "Comme je portais une grosse part dans la responsabilité du départ de ma mère, je l'ai libéré d'une culpabilité certaine." Avoir à évaluer la situation de ses parents et être à l'origine d'un changement aussi radical dans leur vie est une lourde tâche. Sylvie avoue qu'elle aurait aimé partager ses doutes et ses scrupules avec des frères et sœurs.
Un terrain d'entente pour la fratrie
Le nombre de frères et sœurs n'est pas toujours gage d'harmonie.
À cette occasion, on constate souvent que la fratrie fonctionne sur un modèle qui perpétue celui de l'enfance et qu'il s'agit alors de ne pas céder à des sentiments hérités de cette période. L'enjeu est de trouver un terrain d'entente en remisant les rancœurs et la concurrence entre frères et sœurs pour que chacun puisse exprimer en confiance son point de vue. Ces échanges permettent souvent de trouver des solutions et de décider en commun.Continuer à écouter les parents
Ces décisions supposent aussi d'avoir entendu ce que les parents ont à nous dire. Françoise a bien compris que pour sa mère l'essentiel était de sentir que ses enfants lui faisaient confiance : "Je ne mets jamais en doute sa capacité à s'assumer. Quand je vais la voir, c'est pour partager des moments agréables, échanger, lui faire plaisir, en évitant surtout d'évoquer le quotidien et ses contrariétés." Néanmoins, Françoise le reconnaît : sa mère ayant exprimé très clairement son aversion pour la maison de retraite, chaque membre de la fratrie, avec ses qualités et ses compétences, contribue largement à son maintien à domicile.
