Diabète type 2 : tous menacés ?
Diabète type 2 : tous menacés ?
Des médicaments efficaces… jusqu’à un certain point
Bien suivies, ces mesures simples suffisent une fois sur deux à normaliser le taux de sucre dans le sang. "Lorsqu’elles n’y parviennent pas ou plus, des médicaments viennent les renforcer, mais leurs résultats sont moitié moins spectaculaires", souligne le Pr Jean-François Gautier, diabétologue à l’hôpital Saint-Louis, à Paris.
Depuis la découverte de l’insuline, en 1921, les chercheurs n’ont pas chômé. Il existe aujourd’hui cinq classes de médicaments antidiabétiques. Certains stimulent la sécrétion d’insuline, d’autres améliorent la captation du glucose dans les cellules, etc. Depuis l’an dernier, le rimonabant (Acomplia), la "pilule antiobésité", vient compléter l’arsenal pour les patients en surpoids et aide à diminuer la résistance de l’organisme à l’insuline.
D’autres médicaments vont encore arriver prochainement, agissant notamment sur les hormones incrétines, sécrétées lors des repas, qui aident à maintenir la glycémie à un niveau normal. "On a besoin de tous ces outils, explique le Pr Slama, car, après quelques années, le diabétologue doit souvent ajouter un deuxième médicament au premier, puis éventuellement un troisième, parce que la maladie progresse."
Une maladie mal contrôlée
Lorsque les médicaments ne suffisent pas à contrôler la glycémie, il devient indispensable de passer aux injections d’insuline (en attendant l’arrivée prochaine d’une insuline inhalée) pour désamorcer son évolution.
Les patients rechignent parfois à l’idée d’avaler des médicaments à vie pour une maladie sans symptômes. Conséquences : comprimés oubliés, activité physique négligée, régime jugé trop démoralisant.
Résultat : trois diabètes sur quatre sont insuffisamment contrôlés, comme l’a révélé récemment l’enquête européenne Choose Control, et quatre malades sur dix n’ont pas conscience de la nécessité d’abaisser la glycémie pour éviter la survenue de complications. Ils ignorent l’importance du dosage de l’hémoglobine glyquée pour suivre avec précision l’efficacité des traitements et l’évolution de la maladie.
Pour les aider à mieux contrôler leur diabète, l’assurance-maladie a décidé de lancer en avril un service téléphonique de conseils et d’écoute, baptisé Sophia, sur dix départements pilotes. Et les actes de prévention et de soins dispensés par les podologues aux diabétiques dont les pieds présentent des risques d’insensibilité de grade 2 et 3 sont sur le point d’être remboursés par la Sécurité sociale.
En soignant sérieusement son diabète, on peut vivre sereinement jusqu’à un âge avancé. "Un de mes malades est arrivé voici quarante ans avec de graves complications, confirme le Pr Slama. Depuis, il n’en a plus eu aucune." On peut même retarder sa venue en adoptant dès aujourd’hui un mode de vie plus sain.
Page suivante : Quel risque présentez-vous ?
Sur le même thème
Je reçois une alerte sur les sujets qui me concernent.











