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Dépister et soigner l’insuffisance respiratoire

Dépister et soigner l’insuffisance respiratoire


  • Publié le vendredi 30 mai 2008

Seconde maladie respiratoire après l’asthme, la BPCO s’attaque aux poumons de 3 millions de nos concitoyens. Il est possible de s’en protéger.

Deux malades sur trois atteints de BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive) s’ignorent dans la phase initiale de la maladie. Il faut dire que la BPCO est une obstruction des bronches lente et progressive, due à une inflammation et une irritation chronique des bronches. Essentiellement liée au tabac, elle altère petit à petit la libre circulation de l’air et conduit à un essoufflement d’abord lié à l’effort, puis permanent, qui s’aggrave par périodes !

Principales victimes : les fumeurs

La plupart des personnes atteintes sont des fumeurs ou ex-fumeurs de plus de 40 ans. "La BPCO est une maladie insidieuse de l’adulte", confie Jocelyne, 57 ans. Cette ex-buraliste, fumeuse jusqu’à 43 ans, soutient que la fumée n’épargne pas non plus ceux qui, passifs, ont travaillé dans des ambiances enfumées, au bureau ou dans les restaurants.

"Ma respiration est devenue de plus en plus difficile. J’étais essoufflée. Après des examens d’exploration respiratoire à l’hôpital, le médecin a confirmé le diagnostic. Je faisais aussi bronchite sur bronchite, mais pendant cinq ans, je suis restée dans le déni de la maladie." Aujourd’hui, Jocelyne vit quasiment en permanence avec une bonbonne d’oxygène.

Toutes les formes de tabagisme, cigarette, cigare, joint et chicha, favorisent le développement de cette maladie. Mais d'autres substances inhalées en milieu professionnel (poussières ou fumées industrielles) peuvent aussi jouer un rôle. Ainsi, 600 000 Français vivent à bout de souffle pour cause de BPCO sévère, 400 000 autres sont diagnostiqués, et près de 2 millions s’en arrangent en silence, réduisant leur activité, souffrant de BPCO modérée mais évolutive.

Diagnostiquer la BPCO au plus vite

Le souffle court, une grande fatigue, l’économie des mouvements, c’est ce qui caractérisait François, 64 ans, qui a réagi efficacement. "Il est important d’en parler. Le médecin traitant doit s’inquiéter de son patient de plus de 40 ans fumeur, même s’il ne présente aucun symptôme".

Dans une première étape, le médecin vous examine et vous pose des questions sur votre état de santé général, sur votre respiration quotidienne ou à l’effort, sur votre mode de vie et sur les endroits où vous avez travaillé. Il vous aide à prendre conscience de la baisse d’activité consécutive à la maladie et vous encourage au sevrage tabagique. Il peut mesurer votre souffle, en vous faisant expirer dans un appareil (Piko-6) qui donne une estimation de votre capacité respiratoire.

Il passe ensuite le relais au pneumologue, qui fait passer un examen, dit "exploration fonctionnelle respiratoire" ou spirométrie : il s’agit de souffler dans un tube relié à un ordinateur qui effectue la mesure complète de la capacité respiratoire.

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