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Comprendre un hypocondriaque

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Comprendre un hypocondriaque


  • Actualisé le jeudi 23 novembre 2006

La médecine progresse. Mais la peur de la maladie gagne du terrain et les hypocondriaques se font de plus en plus nombreux. Mieux les comprendre permet de les aider.

Sommaire de l'article : page 1 / 5

"La personne qui se préoccupe de manière abusive de sa santé ne fait pas du cinéma. Il faut reconnaître l'hypocondrie comme une vraie maladie !" affirme le Pr Michel Lejoyeux (auteur d'"Il n'est jamais trop tard pour vaincre sa peur de la maladie", aux éditions de la Martinière).

Hépatite C, risques liés aux OGM, aux pesticides, à la maladie de la vache folle… il ne se passe pas un jour sans que l'on découvre un motif d'inquiétude. Ces menaces nous tracassent tous mais l'hypocondriaque, lui, se croit atteint.

L'expression d'un mal-être

L'hypocondrie affecte autant les hommes que les femmes et le nombre d'hypocondriaques croît avec la vulgarisation des savoirs médicaux. Cette maladie peut se déclarer à la suite d'un choc psychologique, de la mort d'un parent à la suite d'une maladie, par exemple, ou témoigner

d'une vocation médicale contrariée. Elle sert toujours de masque à un mal-être.

Incapable d'admettre qu'il est déprimé, anxieux, insatisfait de son travail ou de son couple, l'hypocondriaque choisit inconsciemment de désigner son corps comme siège de ses problèmes.

"La personne qui se préoccupe de manière abusive de sa santé ne fait pas du cinéma. Il faut reconnaître l'hypocondrie comme une vraie maladie !" affirme le Pr Michel Lejoyeux (auteur d'"Il n'est jamais trop tard pour vaincre sa peur de la maladie", aux éditions de la Martinière).

Hépatite C, risques liés aux OGM, aux pesticides, à la maladie de la vache folle… il ne se passe pas un jour sans que l'on découvre un motif d'inquiétude. Ces menaces nous tracassent tous mais l'hypocondriaque, lui, se croit atteint.

L'expression d'un mal-être

L'hypocondrie affecte autant les hommes que les femmes et le nombre d'hypocondriaques croît avec la vulgarisation des savoirs médicaux. Cette maladie peut se déclarer à la suite d'un choc psychologique, de la mort d'un parent à la suite d'une maladie, par exemple, ou témoigner

d'une vocation médicale contrariée. Elle sert toujours de masque à un mal-être.

Incapable d'admettre qu'il est déprimé, anxieux, insatisfait de son travail ou de son couple, l'hypocondriaque choisit inconsciemment de désigner son corps comme siège de ses problèmes.

Les écueils à éviter

Les écueils à éviter avec un hypocondriaque sont bien sûr

l'agressivité et la moquerie, mais aussi la menace directe du "psy" : lui expliquer qu'il devrait aller voir un psychologue a peu de chances de le convaincre. Comment un médecin de l'âme pourrait-il lui dire si la petite boule dure qu'il sent sous son genou est ou non une tumeur maligne ?

Pour ses proches, il s'agit plutôt d'entrer un peu dans son jeu pour ne pas nier son mal-être, mais en essayant de lui faire comprendre qu'il ne peut pas être atteint par la maladie à laquelle il pense. Dans tous les cas, l'indulgence s'impose. "Chacun de nous a ses mécanismes de défense, il est important de tolérer la façon dont les autres s'y prennent pour exprimer leurs angoisses", conclut le Pr Lejoyeux.

Comment rassurer ?

Il a parfois mal à la tête et songe à une tumeur du cerveau ? Rassurez-le : si tel était le cas, il aurait des douleurs permanentes ; il s'agit vraisemblablement d'une migraine classique. Il a parfois des vomissements ? S'il avait une tumeur digestive, il maigrirait de façon spectaculaire, il s'agit probablement d'une nourriture ou d'un médicament qui passe mal.

Le rôle du médecin

Bien sûr, si les symptômes persistent, il convient d'aller consulter un médecin. "Mes conseils s'adressent aux proches des hypocondriaques bénins, ceux qui le sont assez pour être irritants mais pas suffisamment pour angoisser leur entourage", confie le Dr Cymes.

Avec les autres, mieux vaut se garder d'entrer dans les questions médicales et refuser de palper ou d'ausculter : il faut rester à sa place de conjoint (de frère, de père, de mère…) et introduire un tiers. Le médecin généraliste est le mieux placé pour cela, c'est lui et lui seul qui s'occupe de santé !

L'inciter à parler de ses émotions

"L'hypocondriaque est en grande détresse, il emploie une manière détournée pour signifier son besoin d'attention, d'affection et d'écoute. Pour lui venir en aide, on peut l'inciter à parler de ses émotions plutôt que de ses symptômes. Il a beaucoup de difficultés à trouver du plaisir dans son corps", explique le Pr Michel Lejoyeux, psychiatre.

"Plutôt que de l'entraîner dans des discussions destinées à lui faire comprendre qu'il se gâche la vie et gâche celle des autres avec ses phobies, mieux vaut l'inciter à trouver du bien-être physique. Les activités sportives ou l'amour sont d'un meilleur effet que les arguments. Rien ne sert de chercher à changer un hypocondriaque, mais on peut améliorer les choses en lui proposant des substitutions".

Et vous ?


Vos reactions a l'article (47)

  • mercredi 17 juin 2009 / camille

    coucou a vous que je comprend depuis tellement longtemps, et oui cela fait des années que je suis hypocondriaque et pardessus ça je fait une phobie scolaire depuis que je suis toute petite et j'ai maintenant 16 ans. cela est vraiment dur de ce lever tout les matins, en ai yen une nouvelle maladie qui nous épuise jusqu'à tant qu'une autre la remplace ou s'ajoute a l'ancienne!.je tiens a dire a vous tous que je vous soutient et que je suis contente de pouvoir parler de ça avec des personne qui me comprenne. voila bisous a vous tous et bonne route pour la suite.
  • mercredi 3 juin 2009 / Julia Maria

    que peut je dire ! vous avez tout dit, tout ce que je ressens depuis un moment déjà... mais je pense aussi, peut être que cette angoisse, cette peur à la morte, à la douleur, c'est aussi un amour fou à la vie. Profitons donc de notre corps, faisons des activités sportives, donnons à nous mêmes le plaisir d'un jour, un seul jour, sans penser aux maladies et à la mort. Dans l'histoire il y a eu des hypocondriaques : Molière, Proust, Darwin parmi bien d'autres. Rien les a empêche de vivre la vie, bien au contraire, ils nous ont apprit à aimer la vie. Il y a un certain charme chez les hypocondriaques, cette envie de profiter du présent, l'intensité du "carpe diem", mais il faut seulement que l'on garde notre tête froide. Tout reste dans l'imaginaire... beaucoup plus puissant que l'on l'imagine. Bon été à tous, je vous souhaite retrouver l'enfant plain d'énergie qu'on a tous à l'intérieur. ( Pas de médecin cet été )
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