Comment prévenir les infections nosocomiales ?
- Actualisé le jeudi 15 février 2007
Les maladies qui se déclarent dans les établissements de soins suscitent autant d'interrogations que d'inquiétudes. Des mesures de prévention permettent le plus souvent de les éviter.
Une propreté minutieuse
30 % des infections nosocomiales pourraient être évitées si les règles d'hygiène étaient scrupuleusement respectées. À l'hôpital, comme le rappelle la Fédération hospitalière de France, la propreté des mains du personnel soignant, le port de gants et de masques et la désinfection du matériel médical entre deux patients restent les principales mesures. Le patient est tenu, lui aussi, de prendre quelques précautions.
Toute personne hospitalisée doit respecter les consignes qui lui sont données avant une opération : la douche antiseptique doit être prise de façon minutieuse, l'épilation de la zone opératoire ne doit pas être faite au rasoir mais avec une tondeuse afin d'éviter les coupures. Le patient doit aussi éviter de manipuler du matériel médical et conserver une bonne hygiène corporelle générale (les aides-soignantes ou infirmières y contribuent). Les visiteurs peuvent participer à la prévention en reportant, par exemple, une visite à une personne hospitalisée s'ils sont souffrants, afin de ne pas lui transmettre leurs germes.
Autres consignes de prudence
Autre point à connaître, les plantes en pot et les fleurs coupées ne sont pas les bienvenues dans un établissement de santé. Dans certains secteurs à risque, comme l'hématologie, la néonatalogie ou la réanimation, elles sont même interdites parce que des champignons et des bactéries sont présents dans la terre, et parce que des micro-organismes se développent dans l'eau.
Enfin, même si vous êtes pressé de vous rendre au chevet d'un malade, n'empruntez pas les ascenseurs réservés au personnel et aux malades. S'ils sont bien distincts, c'est pour permettre aux professionnels d'aller rapidement d'un service à un autre, mais également pour limiter les contacts entre les personnes opérées et les microbes de l'extérieur.
Prendre toutes ces précautions, c'est éviter des traitements antibiotiques lourds pour les personnes touchées. Sans certitude d'un rétablissement définitif dans les cas de contamination les plus graves.
Réanimation et chirurgie, les services les plus touchés
Les infections peuvent aussi être transmises par le matériel médical, comme un cathéter, une sonde urinaire ou un drain. Elles entraînent des maladies très diverses qui ne présentent pas le même caractère de gravité. 40 % d'entre elles sont des infections urinaires, certes peu agréables mais sans risque majeur.
En revanche, 20 % sont des infections pulmonaires ou des septicémies (infections du sang), qui peuvent entraîner la mort. C'est le cas chaque année pour 4 000 malades. Les services les plus touchés sont la réanimation (un tiers des contaminations) et la chirurgie (10 %). À l'inverse, les services de pédiatrie et de psychiatrie présentent moins de risques.
Des catégories de patients plus exposées
Chez les personnes hospitalisées, les malades âgés, immunodéprimés, les nouveau-nés (en particulier les prématurés) et les grands brûlés sont les premiers atteints. "Ces patients sont surveillés de près, assure le Dr Carbonne. Dès qu'ils ont une poussée de fièvre, on leur prescrit un traitement antibiotique. Mais se rajoute souvent chez eux le problème de la résistance bactérienne aux antibiotiques, ce qui complique leur guérison."
Certes, en médecine, le "risque zéro" n'existe pas. Mais 30 % des infections nosocomiales pourraient être évitées si les règles d'hygiène étaient scrupuleusement respectées.
